l’inspection canadienne des aliments a renversé l’ordre donné quelques heures auparavant par les inspecteurs alimentaires canadiens de cesser la vente des vins produits en Cisjordanie, qui estimaient que le label les identifiant en tant qu’israéliens contrevenait à la politique sur les territoire mise en place par Ottawa.

L’agence d’inspection des aliments du Canada (ACIA) a estimé dans un communiqué émis jeudi qu’elle n’avait pas « pleinement pris en considération » l’accord de libre-échange défini entre le Canada et Israël lorsque ses inspecteurs avaient rendu ce jugement. L’agence a estimé que les vins adhèrent bien en fin de compte à l’accord et qu’ils peuvent donc être commercialisés tels quels.

Le bureau de contrôle chargé des alcools de l’Ontario avait notifié les vendeurs d’alcool et de spiritueux la semaine dernière qu’il était inacceptable de déclarer qu’Israël était le pays d’origine de vins fabriqués hors des frontières officielles de l’Etat juif. Le bureau avait écrit un courrier à ses commerçants, les informant de cette décision.

La lettre indiquait que « l’étiquette ‘produit d’Israël’ n’est pas un pays d’origine acceptable pour les produits viticoles fabriqués à partir de raisins cultivés, fermentés, transformés, mélangés et finis dans le territoire occupé de Cisjordanie ».

La décision s’étendait aux vins provenant de « tout autre territoire occupé par Israël en 1967 » portant une telle étiquette, et pouvant être « considérée comme trompeuse », en mentionnant spécifiquement le plateau du Golan, Jérusalem Est et la bande de Gaza, en plus de la Cisjordanie.

L’annonce initiale ciblait les caves de Psagot et de Shiloh, dont les vins sont fabriqués près de Ramallah.

L’ACIA est un organisme gouvernemental qui contrôle tout le marketing et la vente de vin au Canada.

Le vigneron juif David Ventura de l'implantation d'Ofra de Cisjordanie vérifie le niveau de sucre dans les raisins de son vignoble, le 18 septembre 2011 (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)

Le vigneron juif David Ventura de l’implantation d’Ofra de Cisjordanie vérifie le niveau de sucre dans les raisins de son vignoble, le 18 septembre 2011 (Crédit : Kobi Gideon / Flash90)

« Je demande à tous les fournisseurs d’abandonner les importations ou les ventes de produits étiquetés ‘Produits d’Israël’ provenant des établissements vinicoles mentionnés ci-dessus (ou d’autres situés dans les mêmes régions) jusqu’à nouvel ordre », indiquait la lettre de la LCBO.

Dans un communiqué publié le jeudi qui a précédé le renversement de cette décision, Bnai Brith Canada a déclaré qu’il « s’attendait à ce que l'[ACIA] annule bientôt sa récente décision d’ordonner le retrait de certains vins israéliens des rayons ».

« Bnai Brith a reçu beaucoup d’informations sur cette question provenant de sources multiples et de fonctionnaires au cours des 24 dernières heures alors que nous militions au nom de la communauté », avait déclaré Michael Mostyn, directeur exécutif de Bnai Brith Canada. « Nous pouvons dire maintenant que nous attendons que cette décision troublante soit corrigée rapidement ».

Les vignobles des implantations ont prospéré au cours de la dernière décennie. Selon un rapport datant de 2011, les implantations de Cisjordanie accueillent 29 de plus de 150 établissements viticoles israéliens, contre 14 dans le célèbre pays viticole du plateau du Golan.

Des vignerons juifs inspectant des raisins dans un vignoble du Gush Etzion, en Cisjordanie, le 8 septembre 2014.  (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Des vignerons juifs inspectant des raisins dans un vignoble du Gush Etzion, en Cisjordanie, le 8 septembre 2014. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Plusieurs propriétaires de vignobles des implantations en Cisjordanie ont signalé des augmentations exponentielles de la production depuis le début des années 2000, la plupart de leurs vins étant vendus en Israël.

Etant l’un des produits exportés les plus importants des implantations de Cisjordanie et du plateau du Golan, les vins ont été à l’avant-garde d’une bataille entre Israël et l’Union européenne sur l’étiquetage des produits.

En 2015, Israël a été furieux lorsque les grands magasins allemands KeDeWe ont cessé de vendre les vins du Golan pour se conformer aux réglementations sur l’étiquetage. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que cette décision constituait un boycott de l’Etat juif.