Les élus arabes ne participeront pas au discours de Pence à la Knesset
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Les élus arabes ne participeront pas au discours de Pence à la Knesset

Le chef de la Liste arabe unie déclare que "les Etats-Unis ont perdu leur place de médiateur exclusif dans les négociations" après avoir reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Ayman Odeh, leader de la liste commune, réagit lors d'une séance plénière au parlement israélien, le 25 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Ayman Odeh, leader de la liste commune, réagit lors d'une séance plénière au parlement israélien, le 25 janvier 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)

En protestation face à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par l’administration américaine, les députés arabes israéliens n’assisteront pas au discours du vice-président américain Mike Pence à la Knesset la semaine prochaine.

Dans un communiqué publié ce mercredi, Ayman Odeh, leader de la Liste arabe unie, a déclaré que les 13 membres de son groupe boycotteraient le discours à la Knesset lundi afin « d’envoyer un message clair à l’administration américaine et au monde entier, de leur montrer qu’il y a des citoyens vigoureusement opposés à la déclaration de Trump et de leur expliquer que les Etats-Unis ont perdu leur place de médiateur exclusif dans les négociations ».

« Jérusalem-Ouest sera reconnue comme capitale d’Israël par le monde entier dès que le gouvernement d’Israël aura reconnu Jérusalem-Est comme capitale de l’Etat palestinien », a ajouté Odeh.

Pence devrait s’adresser au Parlement israélien lundi prochain, aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du chef de l’opposition Isaac Herzog et du président de la Knesset Yuli Edelstein.

L’annonce de Odeh survient plusieurs heures après que Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient aucune ingérence future des Etats-Unis dans les pourparlers de paix suite à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par le président Donald Trump.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à droite, rencontre Michael Pence, gouverneur de l’Indiana, à Jérusalem, le 29 décembre 2014 (Amos Ben Gershom / GPO)

L’Autorité palestinienne a également déclaré qu’elle refuserait de rencontrer le vice-président américain lors de son voyage dans la région. Au cours du week-end, le conseiller diplomatique d’Abbas a déclaré que la rencontre avec Pence avait été annulée « car les Etats-Unis avaient franchi les lignes rouges » concernant Jérusalem. La semaine dernière, Jibril Rajoub, membre éminent du Fatah de Mahmoud Abbas, avait déjà fait écho à ce sentiment, affirmant que Pence n’était « pas le bienvenu en Palestine ».

En réponse à cette position, la Maison Blanche a accusé les Palestiniens de « s’éloigner » des efforts de paix.

« Il est regrettable que l’Autorité palestinienne ne profite pas de cette occasion de discuter de l’avenir de la région », a déclaré dans un communiqué Jarrod Agen, chef d’état-major adjoint de Pence.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas posent pour une photo lors d’une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017 (AFP / Mandel Ngan)

Dans son discours prononcé la semaine dernière à la Maison Blanche, Trump a, malgré les avertissements de ses homologues étrangers, reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et insisté sur le fait que, après plusieurs années d’échec, une « nouvelle approche » était impérative afin de régler le conflit. Il a expliqué que sa décision de reconnaître Jérusalem comme siège du gouvernement d’Israël se basait simplement sur la réalité.

Trump a néanmoins souligné qu’il ne souhaitait pas spécifier les limites de la souveraineté israélienne dans la ville et a appelé à ne pas changer le statu quo concernant les lieux saints. Le statut final de Jérusalem est une question importante dans les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens, qui revendiquent les quartiers Est de la ville comme leur future capitale.

La décision de Trump a été saluée par Netanyahu et par les dirigeants d’une grande partie du spectre politique israélien, mais a été rejetée par la communauté internationale.

Soulignant de quelle façon la ville était de facto capitale d’Israël, Trump a noté que la Knesset se trouvait à Jérusalem.

« Aujourd’hui, Jérusalem est le siège du gouvernement israélien moderne. C’est là que se trouvent le parlement israélien, la Cour suprême israélienne, les résidences officielles du Premier ministre et du président et de nombreux ministères », a déclaré le président américain.

Lors de son voyage en Israël en mai dernier, Trump avait voulu donner le principal discours de sa visite dans le pays à la Knesset. Israël n’a néanmoins pu garantir que les députés – connus pour crier pendant les interventions – se comporteraient de façon appropriée, a révélé Edelstein ce mois-ci. Ainsi, Trump a à la place discouru au musée d’Israël face à une audience qui avait été choisie.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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