600 000 shekels.

Voilà le chiffre magique qui a fait son apparition dans les journaux la semaine dernière. C’est le prix maximum d’une maison que ceux n’ayant pas servi dans l’armée, ou dans la fonction publique, peuvent acheter en tant que domicile principal, sans devoir payer d’impôts.

Le chiffre a été lancé comme un compromis par le Trésor public qui proposait à l’origine d’offrir des réductions d’impôts seulement aux acheteurs d’un premier bien qui ont des enfants et qui ont fait l’armée ou ont servi dans la fonction publique, et proposant des maisons pour une valeur jusqu’à 1,6 million de shekels.

600 000 shekels, soit environ 150 000 euros, peut sembler une somme importante, mais il est presque impossible de trouver une maison à ce prix, n’importe où en Israël.

Le prix du logement a explosé au cours des dernières années, et les entrepreneurs ont refusé de construire de plus petites habitations.

La décision de limiter l’avantage aux non vétérants de l’armée à la somme très modeste de 600 000 shekels a tellement exaspéré les politiciens arabes et ultra- orthodoxes (dont les électeurs sont les derniers à pouvoir bénéficier de cette loi) qu’un député du parti Shas a déclaré que les haredim devraient chercher leur maison sur la planète Mars afin de trouver un logement à ce prix.

Ne sortez pas tout de suite vos combinaisons spatiales. Quitter les confins d’Israël permet de découvrir de nombreux endroits où des maisons agréables et spacieuses peuvent être achetées pour 600 000 shekels ou moins, avec ou sans réduction d’impôts.

Saint Petersburg, Floride

Cette ville d’environ 250 000 habitants peut se vanter de plages de sable, d’une vie nocture trépidante, d’une scène artistique florissante, y compris d’un musée consacré à Salvador Dali – et d’un prix moyen de 177 000 dollars pour une maison.

Pour seulement 160 000 dollars (552 000 shekels, soit l’acompte d’un appartement moyen à Tel Aviv), vous pouvez être l’heureux propriétaire d’une maison de ville de style méditerranéen de deux étages. En plus des trois pièces, des deux salles de bains, de plus de 130 m2, la maison dispose d’une piscine pour piquer une tête les jours de repos. Attention aux ouragans et à ce gars.

Saint Petersburg, Florida (Crédit : CC BY, Robert Neff, Flickr)

Saint Petersburg, Floride (Crédit : CC BY, Robert Neff, Flickr)

Lima, Pérou

Vous aimez les Israéliens mais pas les prix de l’immobilier en Israël ? Allez donc au Pérou, la terre du Machu Picchu. Des voyageurs ayant fini leur service militaire, une nature magnifique et des conflits de voisinage vous feront sentir comme chez vous.

Si le prix moyen d’une maison à Lima dépasse largement la limite des 600 000 shekels nécessaires pour obtenir la réduction magique de Yair Lapid, la ville dispose de nombreux logements à des prix qui ne reflètent pas la hauteur géante des Andes, et qui ne sont pas situés dans les quartiers pauvres de la ville.

Cet appartement se compose de trois pièces, deux piscines, une vue sur le Pacifique pour un prix de 630 000 shekels, que vous pouvez très certainement faire baisser.

Vue dur Lima, Pérou (Crédit : CC BY SA Serious Cat, Flickr)

Vue du Lima, Pérou (Crédit : CC BY SA Serious Cat, Flickr)

Athènes, Grèce

Bien sûr ils élisent des néo nazis au parlement (peut même à l’UE), et leur économie est aussi vive qu’une soirée bingo au temple Beth-el, mais le lieu de naissance de la démocratie est toujours une ville de classe mondiale.

Fière de son architecture ancienne et moderne, un réseau métropolitain, de magnifiques plages pas très loin, la meilleure moussaka de ce côté de l’Adriatique, une vie nocturne très branchée qui ne se transforme en émeute anarchiste que rarement, la ville a beaucoup à offrir.

De plus la moyenne des prix des maisons est de 1 588 euros au mètre carré (ou environ 7 000 shekels comparé au 30 000 shekels de Tel Aviv), selon le site Numbeo.com qui mesure le coût de la vie.

Il y a énormément de maisons pas chères, comme cette beauté de 92m² au cœur de la ville qui ne vaut que la somme insignifiante de 570 000 shekels.

Vue sur Athènes, en Grèce (Crédit : CC BY-SA Titanas, Flickr)

Vue sur Athènes, en Grèce (Crédit : CC BY-SA Titanas, Flickr)

Nairobi, Kenya

Au cœur de l’Afrique, la ville très prometteuse de Nairobi n’est pas un mauvais endroit pour vivre. Bien évidemment, le principal centre commercial de la ville a été ravagé par plusieurs jours de fureur terroriste, tuant des dizaines de personnes l’année dernière, mais la ville dispose d’une économie en plein développement avec des filiales de plusieurs multinationales.

Vous y trouverez également des parcs et des espaces verts qui donnent le vertige à Alon Tal. Quelques-uns des plus fantastiques parcs et réserves sauvages de ce côté de Mars ne sont qu’à un coup de volant.

Avec un prix moyen de 435 000 shekels pour un appartement de 90 m2 dans le centre de la ville, selon Numbeo, vous ne devrez pas braconner de l’ivoire pour vous permettre d’y vivre. Cette maison de deux étages et avec cinq pièces dans la capitale, par exemple, ne vous coûtera que 513 000 shekels. Foncez !

Vue sur Nairobi, Kenya (Crédit : CC BY Demosh, Flickr)

Vue sur Nairobi, Kenya (Crédit : CC BY Demosh, Flickr)

Erevan, Arménie

Nichée à l’ombre du mont Ararat se trouve l’ancienne ville de Erevan qui oui, est effectivement bien en Arménie, mais qui présente également des points positifs.

Il y a en effet un métro, dont vous ignoriez certainement l’existence, des châteaux, des anciennes ruines, de l’architecture en style soviétique, une statue géante de la Mère Arménie que vous allez totalement adorer, même si elle vous effraiera peut-être un peu.

En outre, vous pouvez acquérir un appartement de 100 m2 dans un immeuble d’Erevan pour la très, très modique somme de 65 408 300 drams arméniens, ce qui vous reviendra à 500 000 shekels. Cet appartement de trois pièces dans le centre de la ville, par exemple, vous coûtera 520 000 shekels.

Erevan, Arménie (Crédit : CC BY Rita Willaert, Flickr)

Erevan, Arménie (Crédit : CC BY Rita Willaert, Flickr)

Damas, Syrie*

Si une attaque au mortier occasionnelle et enfreindre la loi israélienne ne vous dérange pas, il y a une foule d’endroits où vivre dans la charmante ville de Damas déchirée par la guerre, et tout cela à un deux pas d’Israël. Malgré les trois ans d’une guerre civile dévastatrice, les prix de l’immobilier n’ont pas chuté autant que vous pourriez le penser.

Ils mettent pourtant Tel Aviv ou même Beersheva dans une situation embarrassante avec un prix moyen de 620 000 shekels pour un appartement de 100 m2 dans le centre ville, selon Numbeo. Si la liste des prix proposés par l’immobilier syrien ne sont qu’une indication, vous pouvez néanmoins trouver bien mieux pour bien moins cher.

Regardez cette luxueuse propriété de Damas, avec un jardin, une pièce de service, une cuisine plus grande que de nombreuses maisons israéliennes pour tout juste
1,5 milliard de livres syriennes, soit environ 350 000 shekels.

Vue sur Damas, la capitale syrienne, en avril 2011 (Crédit : CC BY anjči/Wikimedia Commons)

Vue sur Damas, la capitale syrienne, en avril 2011 (Crédit : CC BY anjči/Wikimedia Commons)

* Nous ne pensons pas réellement que vous devriez vivre en ce moment en Syrie, quels que soient les prix de l’immobilier…