2ᵉ jour d’offensive à Gaza-City : après un avertissement, Tsahal bombarde un immeuble du Hamas
L'armée presse les riverains de fuir vers une nouvelle "zone humanitaire" ; le Hamas fait état de 21 victimes tuées par l’armée israélienne et 6 de malnutrition ces dernières 24h
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Samedi, l’armée israélienne a bombardé un immeuble de grande hauteur du quartier de Tel al-Hawa, à Gaza-City, moins d’une heure après avoir ordonné l’évacuation urgente des riverains de cet immeuble et d’un autre, dans le cadre d’une offensive redoublée pour prendre le contrôle de la ville.
Cette frappe, la deuxième contre un immeuble de grande hauteur en l’espace de deux jours, a eu lieu alors qu’Israël tente de convaincre le million de civils vivant à Gaza-City de se réfugier dans des zones dites humanitaires, dans le sud de la bande de Gaza.
Selon Tsahal, des terroristes du Hamas avaient installé du matériel de surveillance et des postes d’observation dans le gratte-ciel al-Susi afin de surveiller les mouvements de l’armée israélienne. Ils avaient par ailleurs placé un grand nombre d’engins explosifs dans les environs, destinés aux soldats israéliens.
Toujours selon Tsahal, le groupe terroriste palestinien disposait d’infrastructures souterraines à proximité, utilisées pour mener des activités terroristes.
L’armée affirme avoir pris toutes les mesures de précaution nécessaires pour limiter les dégâts occasionnés aux civils, allant des avis d’évacuation à l’utilisation de munitions de précision en passant par la surveillance aérienne.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a diffusé une vidéo montrant l’immeuble de quinze étages s’effondrer au milieu d’un fracas de poussière et de fumée.
ממשיכים pic.twitter.com/q4lwpHiUVx
— ישראל כ”ץ Israel Katz (@Israel_katz) September 6, 2025
« Nous continuons », affirme Katz en légende de la vidéo, après avoir publié la veille une autre vidéo montrant un autre immeuble de grande hauteur de Gaza-City en train d’être détruit, avec pour légende : « Pour commencer. »
L’armée a également émis des ordres d’évacuation urgents concernant la tour Al-Ruya, située dans le centre-ville, ainsi que les tentes voisines, affirmant que le secteur était utilisé par le Hamas à des fins militaires et qu’il ferait l’objet d’une frappe imminente.
La veille, Tsahal a effectivement bombardé un autre gratte-ciel de Gaza-City qui, selon l’armée, était utilisé par le Hamas à des fins terroristes.
Des sources médicales dans la bande de Gaza dirigée par le Hamas ont fait état de 21 victimes des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, dont 13 personnes à Gaza-City depuis samedi matin.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, six personnes, dont un enfant, seraient mortes de malnutrition ces dernières 24 heures.
Ces bilans, communiqués avant la frappe sur l’immeuble al-Susi, n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante et l’armée israélienne n’a pas encore commenté ces frappes.
Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Tsahal presse les riverains de Gaza-City de fuir vers la nouvelle « zone humanitaire »
Plus tôt dans la journée de samedi, l’armée a demandé aux habitants de Gaza de fuir vers le sud, en direction de la toute nouvelle « zone humanitaire » aménagée dans la région d’al-Mawasi, à Khan Younès, Tsahal intensifiant son offensive pour prendre le contrôle de Gaza-City.
Sur les réseaux sociaux, le porte-parole de l’armée israélienne, le colonel Avichay Adraee, a appelé les habitants de Gaza à se rendre dans cette zone pour y rejoindre les milliers de personnes déjà présentes.
Adraee a invité les habitants à emprunter la route côtière Al-Rashid, qu’il a désignée comme « route humanitaire » pour une évacuation rapide.
Adraee a par ailleurs déclaré que la nouvelle zone humanitaire d’al-Mawasi disposait « d’hôpitaux de campagne, d’adduction d’eau et d’installations de dessalement » et serait « régulièrement approvisionnée en vivres, tentes, médicaments et équipements médicaux ».
Les opérations humanitaires « se poursuivront en coopération avec l’ONU et les organisations internationales, parallèlement à l’expansion de l’offensive terrestre à Gaza-City », a-t-il indiqué.
Samedi, des habitants de Gaza ont déclaré à l’AFP que rester ou partir de Gaza-ville revenait au même.
« Certains disent d’évacuer, d’autres de rester », résume Abdel Nasser Mushtaha, 48 ans, qui vit dans le quartier de Zeitoun, à Gaza-City, aujourd’hui un village de tentes de la région de Rimal.
« Mais il y a des bombardements et des morts partout à Gaza. Depuis un an et demi, les pires bombardements ayant provoqué des massacres de civils ont lieu à al-Mawasi, cette prétendue zone humanitaire », assure-t-il.
« Cela ne fait plus aucune différence pour nous », affirme sa fille, Samia Mushtaha, âgée de 20 ans.
« Où que nous allions, la mort est là, que ce soit à cause des bombardements ou de la faim. »
Samedi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a déclaré qu’il serait « absurde » de parler d’un déplacement volontaire des Gazaouis.
Depuis quelque temps, les relations entre Israël et l’Égypte sont tendues : vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que c’était en fait l’Égypte qui empêchait les Gazaouis de quitter Gaza en leur interdisant de traverser la frontière.
« S’il y a une famine provoquée [à Gaza], la population doit partir. Il est absurde de dire qu’il s’agit d’un déplacement volontaire », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec Philippe Lazzarini, directeur de l’Office controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), depuis Le Caire.
Israël, qui avait suspendu l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza pendant près de trois mois, jusqu’en mai dernier, a rejeté les conclusions d’un rapport de l’ONU selon lesquelles il y avait une famine à Gaza-City, et a accusé le Hamas de détourner l’aide humanitaire.
Jeudi, l’armée a revendiqué le contrôle de plus de 40 % de la ville de Gaza et 75 % de l’ensemble de l’enclave.
Cela fait des semaines que Tsahal mène de lourdes frappes sur la ville et tente de se frayer un chemin dans sa banlieue. Cette semaine, l’armée était à quelques kilomètres du centre-ville.
Selon l’ONU, un million de personnes se trouvent encore dans et autour de la ville de Gaza, où l’organisation a déclaré l’état de famine le mois dernier, alertant du risque d’un « désastre » imminent en cas de poursuite de l’offensive.
Israël prévoit le déplacement d’un million de personnes vers le sud.
La grande majorité de la population de Gaza, qui se chiffre à plus de deux millions d’habitants, a été déplacée au moins une fois depuis le début de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas se sont introduits dans le sud d’Israël, ont tué plus de 1 200 personnes et enlevé 251 otages.
Plus de 63 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué 22 000 terroristes au combat depuis janvier, et 1 600 autres terroristes à l’intérieur du pays le 7 octobre 2023.
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