Le système d’alerte de l’ONU sur la sécurité alimentaire déclare l’état de « famine » à Gaza
Le ministère des Affaires étrangères a accusé l'IPC de fonder son évaluation "méprisable" sur les "mensonges du Hamas" ; Volker Türk a évoqué "un crime de guerre" ; le Hamas réclame l'ouverture de tous les points de passage
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Vendredi, l’Integrated Food Security Phase Classification (IPC) a annoncé pour la première fois que la « famine » sévissait désormais dans le nord de la bande de Gaza, une zone densément peuplée, environ vingt-deux mois après le déclenchement de la guerre dans l’enclave à la suite du pogrom perpétré par le Hamas en Israël, le 7 octobre 2023.
Cette accusation a été rapidement rejetée par Israël, le Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT) accusant le système de classification des niveaux de sécurité alimentaire développé sous l’égide de plusieurs agences des Nations Unies de fonder son rapport sur « des sources biaisées et intéressées qui proviennent du Hamas ».
Selon le rapport de l’IPC, environ 514 000 personnes, soit près d’un quart de la population de Gaza, souffrent de la « famine », et ce chiffre devrait atteindre 641 000 d’ici la fin septembre.
Environ 280 000 d’entre elles se trouvent dans le nord de la bande de Gaza, dont Gaza-City, un secteur connu sous le nom de gouvernorat de Gaza, et qui, selon l’IPC, serait en état de « famine », une première dans l’enclave. Les autres vivent actuellement à Deir al-Balah et à Khan Younès, dans le centre et le sud, où l’IPC prévoit une « famine » d’ici la fin du mois prochain.
Selon l’IPC, la « famine » est due aux combats et aux restrictions sécuritaires imposées par Israël à l’aide humanitaire. Elle serait également aggravée par les déplacements massifs de population et l’effondrement de la production alimentaire à Gaza, qui ont poussé la « famine » à des niveaux mortels sur l’ensemble du territoire après vingt-deux mois de guerre.
Plus d’un demi-million de personnes à Gaza, soit environ un quart de la population, sont confrontées à une « famine » catastrophique, et beaucoup risquent de mourir de causes liées à la malnutrition, selon le rapport de l’IPC.
Le mois dernier, l’IPC avait déclaré que le « pire scénario de famine » se déroulait à Gaza, mais l’instance s’était abstenue de se prononcer officiellement.
Pour qu’une région soit classée en situation de « famine », au moins 20 % de sa population doit souffrir de pénuries alimentaires extrêmes, un enfant sur trois doit être atteint de malnutrition aiguë et deux personnes sur 10 000 doivent mourir chaque jour de faim, de malnutrition ou de maladie.
Même si ces seuils ne sont pas encore atteints, l’IPC peut déterminer que les ménages d’une région souffrent de conditions de « famine », c’est-à-dire de la faim, de la misère et de la mort.
Le COGAT, qui coordonne les affaires humanitaires dans la bande de Gaza, a simultanément diffusé un contre-rapport réfutant ces affirmations.
« Au lieu de fournir une évaluation professionnelle, neutre et responsable, le rapport adopte une approche partiale et truffée de graves lacunes méthodologiques, sapant ainsi sa crédibilité et la confiance que la communauté internationale peut lui accorder », s’est indigné le major général Ghassan Alian, chef du COGAT.
« Nous attendons de la communauté internationale qu’elle agisse de manière responsable et qu’elle ne se laisse pas emporter par des récits mensongers et par une propagande infondée, mais qu’elle examine plutôt l’ensemble des données et des faits sur le terrain », a-t-il ajouté.
L’organe du ministère de la Défense a accusé l’IPC d’avoir utilisé des méthodes de collecte de données peu fiables, basées en partie sur les évaluations des employés de l’Office (très) controversé de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) dans la bande de Gaza, « dont certains sont des membres du Hamas ».
Le rapport du COGAT s’est principalement concentré sur l’aide qui est entrée dans la bande de Gaza depuis le mois de mai 2025 et il n’a mentionné qu’en passant la « fermeture temporaire » des points de passage utilisés pour le transit des aides alimentaires au mois de mars 2025, une fermeture qui a entraîné l’arrêt complet des livraisons d’aide pendant onze semaines.
Il indique également que, depuis mai, « plus de 10 000 camions d’aide humanitaire sont entrés dans la bande de Gaza », tandis que la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, a « distribué plus de 2,2 millions de colis de secours aux civils dans le besoin ».
Le rapport reproche également à l’ONU et à d’autres organisations humanitaires de ne pas avoir acheminé l’aide à travers la bande de Gaza en temps voulu.
Il souligne les mesures récemment prises par Israël pour assouplir les restrictions sur l’acheminement de l’aide humanitaire, à la suite des pressions internationales du mois dernier, notamment la mise en place de « pauses humanitaires » quotidiennes pour permettre le transit des denrées alimentaires, ainsi que l’autorisation accordée à certains pays de larguer des vivres dans la bande de Gaza.
Si les organisations humanitaires affirment que ces mesures ont quelque peu amélioré la situation, elles ne compensent pas les semaines perdues lorsque les points de passage frontaliers étaient fermés.
Ces dernières semaines, entre 200 et 300 camions d’aide humanitaire sont entrés chaque jour dans la bande de Gaza, mais ce chiffre est loin des 600 camions que l’ONU estime nécessaires pour nourrir correctement la population de l’enclave.
Le ministère israélien des Affaires étrangères, qui a réagi au rapport de l’IPC après le COGAT, a, de la même manière, rejeté les conclusions de l’instance. Il a dénoncé un « rapport fabriqué de toutes pièces pour servir la campagne mensongère du Hamas », affirmant que l’observatoire « a déformé ses propres règles et ignoré ses propres critères dans le seul but de porter de fausses accusations contre Israël : l’IPC a modifié sa propre norme mondiale, ramenant le seuil de 30 % à 15 % pour ce rapport uniquement, et ignorant totalement son deuxième critère, celui du taux de mortalité ».
The IPC has just published a “tailor-made” fabricated report to fit Hamas’s fake campaign.
Unbelievably, the IPC twisted its own rules and ignored its own criteria just to produce false accusations against Israel: the IPC changed its own global standard, cutting the 30% threshold…— Israel Foreign Ministry (@IsraelMFA) August 22, 2025
Ce rapport, « basé sur des mensonges du Hamas blanchis par des organisations ayant des intérêts particuliers », a -t-il noté, « sera jeté à la poubelle des documents politiques méprisables ».
D’un autre côté, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé vendredi « qu’affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre ».
« Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité », a pour sa part lancé pour sa part le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.
« Nous ne pouvons pas permettre que cette situation perdure en toute impunité. Nous avons besoin d’un cessez-le-feu immédiat, de la libération immédiate de tous les otages et d’un accès humanitaire total et sans entrave », a-t-il ajouté.
Suite à la diffusion du rapport, le Hamas a exigé vendredi l’ouverture immédiate de tous les points de passage de la bande de Gaza pour permettre l’entrée de plus d’aide humanitaire, et que soit mis fin à la guerre après que l’ONU a déclaré la « famine » à Gaza.
« La déclaration de famine à Gaza est une honte pour [Israël] et ses soutiens » qui confirme « l’ampleur de la catastrophe humanitaire que subit notre peuple en raison de l’agression israélienne continue, qui utilise la famine comme arme de guerre et le génocide contre les civils », a écrit le groupe terroriste palestinien dans un communiqué.
Elle exige « une action immédiate de l’ONU et du Conseil de sécurité pour mettre fin à la guerre » et « l’ouverture sans restriction des points de passage afin de permettre l’entrée urgente et continue de nourriture, de médicaments, d’eau et de carburant ».
la Communauté du Times of Israël !







