Après l’attaque meurtrière contre Tsahal, qui a répondu par des frappes massives, Israël reprend la trêve
Selon Washington, la pression sur Jérusalem pour maintenir le cessez-le-feu a évité la suspension de l'aide ; Steve Witkoff et Jared Kushner attendus lundi pour discuter de la 2ᵉ phase de l'accord
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Dans la soirée de dimanche, l’armée israélienne a annoncé qu’elle cessait ses frappes et qu’elle respectait à nouveau le cessez-le-feu. Cette annonce fait suite à une attaque meurtrière contre des troupes dans le sud de la bande de Gaza, dans la matinée, puis à une série de frappes de représailles israéliennes qui menaçaient de rompre la fragile trêve.
Après avoir accusé le groupe terroriste palestinien du Hamas d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu, Israël a également suspendu l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza « jusqu’à nouvel ordre », selon un responsable israélien.
Deux soldats de Tsahal, le major Yaniv Kula, 26 ans, et le sergent-chef Itay Yavetz, ont été tués et trois autres ont été blessés lorsque des terroristes palestiniens ont attaqué des troupes dans la région de Rafah, dimanche matin. L’armée a accusé le Hamas d’être responsable de l’attaque et a riposté en lançant une série de frappes intensives contre le groupe terroriste.
« Conformément aux directives de l’échelon politique et après une série de frappes significatives en réponse aux violations du Hamas », les troupes ont « repris l’application du cessez-le-feu », a indiqué Tsahal dimanche soir.
Les troupes israéliennes « continueront de respecter l’accord de cessez-le-feu » mais « riposteront avec fermeté à toute autre violation », a averti l’armée.
Tsahal, qui contrôle la moitié de l’enclave, a déclaré plus tôt dans la journée avoir frappé « des dizaines de cibles terroristes du Hamas » dans la bande de Gaza, dont des stocks d’armes et des tunnels, « en réponse à la violation flagrante du cessez-le-feu ».
Selon un responsable israélien, le Hamas a ouvert le feu sur les troupes à Rafah, dans le sud, et des terroristes palestiniens qui s’étaient approchés de zones de contrôle israélien à Beit Lahiya, dans le nord, ont été « éliminés lors d’une frappe ».
Dans un communiqué, le Hamas a affirmé n’avoir « aucune connaissance d’incidents ou d’affrontements » à Rafah, et a réaffirmé son « engagement total à mettre en œuvre tout ce qui a été convenu, en premier lieu le cessez-le-feu ».
Selon un témoin, des terroristes du Hamas auraient pris pour cible un groupe rival dans un secteur de Rafah, à proximité duquel des chars israéliens sont déployés. « Il semble qu’il y ait eu des affrontements. L’armée de l’air israélienne a ensuite mené des frappes. »
Ces violences sont survenues alors que l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, doit se rendre au Moyen-Orient la semaine prochaine.
L’annonce par Israël de son intention de respecter à nouveau la trêve est intervenue après que l’armée a frappé vingt cibles à Gaza, faisant, selon l’agence de défense civile contrôlée par le Hamas, quarante-cinq morts, dont des civils et un journaliste, lors de frappes aériennes.
Quatre hôpitaux de Gaza ont confirmé ce bilan à l’AFP.
Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenu des consultations avec le ministre de la Défense, Israel Katz, et d’autres hauts responsables de la sécurité, à la suite de l’attaque meurtrière contre les troupes à Rafah. Il a décidé qu’Israël répondrait « avec fermeté » à cette attaque, tout en maintenant l’élan nécessaire pour assurer le retour des otages toujours détenus à Gaza, dans le cadre de la première phase du cessez-le-feu conclu avec Washington, a rapporté la chaîne N12.
« Israël ne souhaite pas provoquer l’effondrement du cessez-le-feu… Il s’agit simplement d’une équation simple entre violation et réponse, et cela continuera tant que le Hamas continuera à violer l’accord », a déclaré un responsable de la sécurité à la chaîne.
Il a également averti que la zone située entre la « Ligne jaune » – vers laquelle l’armée s’est retirée conformément aux termes du cessez-le-feu actuel – et la frontière égyptienne est « un point sensible susceptible de dégénérer ».
« Elle est officiellement sous contrôle israélien, mais [dans des tunnels souterrains qui restent opérationnels] les terroristes du Hamas se cachent, essayant de harceler les forces israéliennes sous le couvert du cessez-le-feu, même sans ordres explicites de leurs commandants », a déclaré le responsable.
Trump a assuré que le cessez-le-feu à Gaza était toujours en vigueur, après qu’une série de frappes israéliennes a fait, selon le Hamas, au moins 45 morts suite aux attaques contre les soldats israéliens.
« Oui, il l’est », a déclaré Trump aux journalistes à bord de l’avion présidentiel, lorsqu’on lui a demandé si le cessez-le-feu, qu’il a contribué à négocier, était toujours en vigueur.
Il a également suggéré que les dirigeants du Hamas n’étaient pas impliqués dans les violations présumées de la trêve et a plutôt blâmé « certains rebelles au sein du mouvement ».
Il s’agit des premières violences de cette ampleur depuis le début de la trêve, entrée en vigueur le 10 octobre.
« Comme vous le savez, ils ont été assez turbulents », a déclaré dimanche Trump à propos du Hamas.
« Ils ont tiré des coups de feu, et nous pensons que leurs dirigeants ne sont peut-être pas impliqués là-dedans. »
Peu avant la prise de parole de Trump, le vice-président américain JD Vance avait minimisé la reprise des violences à Gaza.
« Le Hamas va tirer sur Israël. Israël va devoir répondre », a-t-il déclaré aux journalistes.
« Nous pensons donc que le cessez-le-feu a toutes les chances d’instaurer une paix durable. Mais même s’il y parvient, il y aura des hauts et des bas, et nous devrons surveiller la situation. »
Selon lui, un membre de l’administration Trump doit se rendre « certainement » en Israël « dans les prochains jours » pour évaluer la situation.
« Ce pourrait être moi », a-t-il avancé.
Vance a par ailleurs appelé les pays du Golfe à mettre en place une « infrastructure de sécurité » afin de garantir le désarmement du Hamas, un élément clé de la deuxième phase de l’accord de paix.
Différends concernant les livraisons d’aide humanitaire
Israël envisageait également de suspendre l’acheminement de l’aide humanitaire vers l’enclave, en réponse à l’attaque meurtrière contre les troupes de Tsahal. Un responsable de la sécurité a affirmé que toutes les livraisons seraient suspendues « jusqu’à nouvel ordre ».
Ce responsable s’est toutefois exprimé sous couvert d’anonymat, aucune annonce officielle n’ayant été faite à ce sujet.
Un responsable israélien cité par plusieurs médias a déclaré qu’Israël avait « suspendu la circulation des camions » vers Gaza dimanche, « en raison des bombardements intensifs et des dizaines de victimes du côté du Hamas ».
Les livraisons d’aide humanitaire « reprendront dès que les bombardements auront cessé », a-t-il ajouté.
Cependant, aucune annonce officielle concernant l’acheminement de l’aide n’a été faite, et un responsable américain a déclaré à Axios sous couvert d’anonymat qu’Israël avait informé Washington qu’il rouvrirait les points de passage vers Gaza comme prévu lundi matin.
Le média a déclaré que Washington n’avait pas été informé à l’avance de la décision d’Israël de fermer le passage.
L’accord de cessez-le-feu et de libération des otages qui est entré en vigueur le 10 octobre exigeait que le Hamas libère les vingt derniers otages vivants et les corps des otages morts dans les 72 heures suivant le retrait israélien vers la « Ligne jaune ». Cette dernière, telle qu’elle a été tracée par les médiateurs, comprend plus de la moitié du territoire de la bande de Gaza, soit 53 %.
Si le Hamas a relâché les vingt otages vivants dans les 72 heures, il détient encore les corps de seize otages assassinés, affirmant qu’il ne parvenait pas à les localiser en raison du niveau de destruction de la bande de Gaza.
Le groupe terroriste a fait savoir qu’il avait besoin d’équipement supplémentaires pour localiser les derniers corps. Israël a accusé le groupe terroriste de mentir, affirmant qu’il était en mesure de restituer la quasi-totalité des corps toujours détenus à Gaza.
Dans la deuxième phase du cessez-le-feu, telle que détaillée dans le plan de paix en vingt points de Trump, le Hamas devra déposer les armes et céder le pouvoir à Gaza à un gouvernement « technocratique » de transition, supervisé par un organe international.
Pas de calendrier précis pour le désarmement du Hamas
Dans une interview diffusée dimanche sur Fox News, Trump a réaffirmé que le Hamas avait « promis » de désarmer, mais a reconnu qu’il n’y avait pas de calendrier « précis » pour la mise en œuvre de cette promesse.
« Ils ont promis qu’ils le feraient », a répondu Trump à Fox News lorsqu’il a été interrogé sur la question lors d’une interview vendredi.
« Ce n’est pas un délai strict, mais c’est une ligne que je me suis fixée », a-t-il déclaré.
« À un certain moment, s’ils ne font pas ce qu’ils sont censés faire, alors nous devrons le faire à leur place. »
WATCH IN FULL: President Donald J. Trump sits down for an exclusive interview with the great @MariaBartiromo on @FoxNews @SundayFutures pic.twitter.com/qB2LqCVGRP
— Rapid Response 47 (@RapidResponse47) October 19, 2025
Il semblait suggérer que les États-Unis seraient ceux qui entreraient dans Gaza et désarmeraient le Hamas si celui-ci ne le faisait pas lui-même, mais il est revenu sur cette affirmation lorsqu’on lui a demandé de préciser sa pensée.
« Nous n’aurons pas de troupes sur le terrain », a-t-il précisé, ajoutant que le désarmement forcé pourrait être effectué par « un mandataire », à savoir Israël.
Si le plan en vingt points de Trump prévoit le désarmement du Hamas, l’accord de cessez-le-feu signé par Israël et le Hamas en Égypte au début du mois ne portait que sur le retrait initial des forces armées israéliennes, l’échange d’otages et de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, ainsi que sur l’acheminement de l’aide humanitaire.
Le président a également été interrogé sur l’exécution par le Hamas de membres de milices rivales à Gaza depuis le début du cessez-le-feu, une question sur laquelle il a fait des déclarations contradictoires ces derniers jours.
« [Le Hamas] a déclaré qu’il s’agissait de membres de gangs… Mais ce sont des gens très violents. C’est une région du monde très violente. Personne n’a jamais vu une telle violence », a-t-il déclaré à Fox.
Dans un premier temps, le président a déclaré mardi dernier qu’il avait donné au Hamas « l’autorisation pour un certain temps » de procéder à ces assassinats, affirmant que l’organisation terroriste visait des « gangs très dangereux ».
Mercredi cependant, le commandant des forces américaines au Moyen-Orient a appelé le Hamas à cesser immédiatement ses attaques contre « des civils palestiniens innocents » et à commencer « sans délai » à désarmer.
Quelques heures plus tard, Trump a déclaré lors d’un entretien téléphonique avec CNN qu’il était en train de « mener des enquêtes plus approfondies à ce sujet… Il pourrait s’agir de gangs et de bien plus encore. »
Par ailleurs, le président américain a semblé faire allusion à sa proposition, faite en février et depuis abandonnée, de prendre le contrôle de Gaza et de déplacer définitivement sa population. Il a déclaré à Fox qu’il souhaitait initialement que l’Égypte et la Jordanie, qui « disposent de beaucoup de terres… juste à côté », accueillent la population réfugiée.
Cependant, son nouveau plan, qui a reçu l’approbation des dirigeants arabes et musulmans contrairement au premier, encourage les Gazaouis à rester dans la bande de Gaza.
« Tout est en ruines. Il n’est donc pas trop difficile de faire mieux que cela, et nous construirions des maisons… financées par les pays les plus riches » de la région, a déclaré Trump.
Le président a salué les dirigeants arabes qui ont soutenu sa vision pour Gaza, mais il a réservé des éloges particuliers au Qatar, qui a joué un rôle clé de médiateur entre Israël et le Hamas au cours des deux dernières années.
L’émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani, est un « homme fantastique », a déclaré Trump, soulignant « qu’il se trouve au milieu d’une petite région très difficile, car il est en quelque sorte entouré de tous les petits problèmes ».
« Il doit jouer un peu la carte de la prudence », a-t-il poursuivi, ajoutant que le Qatar était « le plus vulnérable car il [est] juste à côté de l’Iran ».
« Mais ils ont fait preuve d’un grand courage », a-t-il déclaré.
Interrogé sur le fait de savoir s’il avait dû faire pression sur le Qatar pour que celui-ci incite le Hamas à accepter son accord de cessez-le-feu, Trump a répondu : « Je n’ai pas eu à insister beaucoup, car ce sont des gens très intelligents. »
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