Ben Gvir envisagerait de limoger le chef de la police de Tel Aviv
Le ministre de la Sécurité intérieure, désireux de réprimer davantage les manifestations, serait mécontent de la manière dont Haïm Sargarof gère les mouvements anti-gouvernement
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Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, menacerait de limoger le chef de la police de Tel Aviv, mécontent de sa prise en charge des manifestations des opposants au gouvernement dans cette ville de la côte israélienne.
Plusieurs médias israéliens ont signalé, dans la journée de jeudi, que le ministre d’extrême droite s’apprêtait à licencier Haïm Sargarof. Le limogeage du chef du district de Tel Aviv requiert toutefois l’accord du chef de la police israélienne, Danny Levy, qui y serait opposé.
Selon des hauts responsables de la police dont les propos ont été cités par le quotidien Haaretz, les menaces de Ben Gvir visent à forcer Sargarof et Levy à faire preuve de plus de sévérité à l’encontre des manifestants.
La police a démenti tout examen du limogeage de Sargarof.
« S’agissant du présumé limogeage du commandant du district de Tel Aviv, nous tenons à préciser qu’il s’agit d’une infox, née de l’imagination des journalistes, une fausse nouvelle dont ils sont seuls responsables », a annoncé la police dans un communiqué publié dans la soirée de jeudi.
La police a ajouté que Levy « respecte et apprécie le commandant du district de Tel Aviv, le commissaire adjoint Haïm Sargaroff » – « un agent professionnel et très compétent qui fait son travail avec loyauté, jour et nuit », a-t-elle précisé.
Quelques heures plus tôt, Ben Gvir avait publié une proposition sur la manière dont la police pourrait ä l’avenir prendre en charge les manifestations – par exemple en interdisant aux protestataires de bloquer les principales voies de circulation ou de se rassembler devant les synagogues, entre autres.
Plusieurs hauts responsables de la police ont exprimé leur mécontentement à l’égard de ce document, déclarant au site d’information Ynet que les décisions relatives à ces questions devraient être prises par les agents de terrain et non par un élu.
Ben Gvir aurait, selon lui, sollicité l’accord de la procureure générale, Gali Baharav-Miara, sur ces nouvelles dispositions il y a de cela plusieurs mois, sans obtenir de réponse à ce jour.
Il a fait savoir qu’à défaut d’une réponse de sa part avant mardi, il mettrait en œuvre ces nouvelles restrictions, qu’elle soit ou non d’accord.
Toutefois, en avril dernier, le ministre a signé un accord juridiquement contraignant avec la procureure générale en vertu duquel il est tenu de la consulter, ainsi que le chef de la police israélienne, avant toute décision politique concernant les manifestations et la liberté d’expression.
Il est vraisemblable que Baharav-Miara ne validera pas les restrictions proposées par Ben Gvir, indiquait jeudi soir la chaîne publique Kan.
Ben Gvir s’est fréquemment affronté à Baharav-Miara au sujet de son ingérence dans les affaires de la police, notamment en ce qui concerne les manifestations contre le gouvernement et les promotions au sein des forces de l’ordre. La procureure a maintes fois fait savoir que le comportement du ministre portait atteinte au professionnalisme et au caractère apolitique de cette institution.
Le gouvernement a récemment voté la destitution de Baharav-Miara, décision privée d’effet par la Cour suprême jusqu’à nouvel ordre, le temps d’un examen attentif.
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