Cornell : une asso étudiante approuve la résolution soutenant la « résistance par tous les moyens »
L'asso étudiante prend fait et cause pour la question palestinienne, qui est centrale pour le mouvement BDS, refuse l'étiquette antisémite et ignore ses adhérents juifs
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

Mercredi, l’association l’association Cornell Graduate Students a annoncé avoir officiellement adopté une résolution soutenant la résistance palestinienne « par tous les moyens possibles ».
Un porte-parole de Cornell a fait savoir que l’université prenait ses distances avec l’association et condamnait l’antisémitisme.
« Notre [association] prend désormais officiellement position sur l’une des questions les plus importantes de notre époque : la lutte pour la libération de la Palestine », a indiqué l’association dans un message adressé à ses membres.
Selon une copie du message obtenue par le Times of Israel, l’association a rapporté que la résolution, intitulée « Solidarité internationale avec la lutte de libération palestinienne », avait été adoptée par 559 voix pour et 215 contre.
« Dans un contexte de répression nationale des discours pro-palestiniens, notre association adopte une position de principe visant à donner les moyens à tous nos membres de dénoncer le génocide et à les protéger lorsqu’ils s’expriment », peut-on lire dans ce message.
En octobre, l’association Cornell Graduate Students United — UE Local 300 avait fait parvenir à ses membres un projet de résolution. Le vote sur la mesure s’est déroulé la semaine dernière.
La résolution approuve en outre la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) à l’encontre d’Israël, exige la transparence des finances, propriétés et partenariats académiques de l’université sans oublier le nécessaire abandon des investissements liés à des entités proches « d’activités moralement répréhensibles », se mobilise en faveur de la sensibilisation politique à la « lutte palestinienne en faveur de sa libération » et revendique sa relation avec Cornell.
De plus, la résolution stipule que « la solidarité avec la Palestine » est « un impératif moral et le moyen le plus efficace de défendre les diplômés de Cornell ».
« La classe dirigeante qui investit dans le génocide des Palestiniens profite également de l’érosion de nos droits », a-t-elle poursuivi, présentant la question palestinienne comme centrale pour le mouvement syndical mondial, et établissant un lien entre la « répression » pro-israélienne et l’oppression des minorités.
« La perpétuation d’un discours raciste et antimusulman s’inscrit dans une doctrine plus large de suprématie blanche soutenue par l’État, utilisée pour justifier les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens », a indiqué la résolution.
La résolution a balayé les allégations de discrimination à l’encontre des Juifs, dénigrant « l’instrumentalisation des accusations fantaisistes d’antisémitisme envers les organisations ».
« L’amalgame fait par Israël entre antisémitisme et discours pro-palestinien favorise un projet génocidaire », a expliqué la résolution. « Ce récit mensonger a été employé dans le but de déshumaniser les Palestiniens. »
L’association a accusé Israël d’avoir tué au moins 680 000 personnes à Gaza — soit environ dix fois plus que le nombre de morts rapporté par le groupe terroriste du Hamas, dont les chiffres sont invérifiables et ne font pas la distinction entre civils et hommes armés —. Elle a en outre évoqué l’implication de Cornell, établissant un lien entre le partenariat de l’université avec le Technion israélien et le déplacement des Amérindiens.
« En soutenant les Palestiniens qui résistent au génocide de même que leurs droits humains, reconnus par l’ONU, à résister à l’oppression par tous les moyens imaginables, les travailleurs du monde entier prennent le pouvoir dans le but de libérer la Palestine et de faire en sorte que la Palestine nous libère », peut-on lire dans cette résolution.
La référence à la « résistance armée » qui figurait dans une version précédente, a été supprimée dans version finale de la résolution.
Cet appel à la résistance « par tous les moyens imaginables » est perçue comme un appel à la violence contre les Israéliens juifs. Des organisations antisionistes se sont arrogées ce slogan suite au pogrom commis par le Hamas en Israël en octobre 2023.
Les Israéliens sont protégés en tant que groupe d’origine nationale en vertu de la loi fédérale sur les droits civiques.
Cette organisation est la seule représentative des étudiants de 3ème cycle de Cornell lors des négociations collectives.
L’adhésion et le règlement de la cotisation sont obligatoires pour tous les étudiants de 3ème cycle, à quelques rares exceptions.
En septembre dernier, David Rubinstein, étudiant juif en master, avait déclaré au Congrès que l’organisation avait bloqué les demandes d’exemptions pour motifs religieux.
Les adhérents juifs avaient en outre été effacés des listes de diffusion de l’organisation, ce qui les privait d’accès à ses activités et à la possibilité de donner leur avis.
Selon un porte-parole de Cornell, l’organisation « est une unité de négociation collective distincte de l’université Cornell. Les opinions et les points de vue exprimés dans la résolution de l’organisation ne représentent en rien ceux de l’université Cornell ou de ses dirigeants ».
« La direction de Cornell dénonce fermement l’antisémitisme. Elle a réaffirmé à plusieurs reprises l’engagement de l’université à garantir la sécurité et le bien-être de tous ses étudiants », a souligné le porte-parole.
L’organisation n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.
la Communauté du Times of Israël !







