Des Haredim bloquent la Route 4 à l’heure de pointe pour contester l’arrestation de réfractaires
Les manifestants ont affronté des automobilistes ; la police les a dispersés à coups de grenades incapacitantes et par la force ; aucun blessé ni arrestation
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Dimanche, des dizaines de manifestants ultra-orthodoxes ont bloqué la circulation sur la Route 4 pour protester contre l’arrestation de membres de leur communauté ayant échappé au service militaire ; la police a dû recourir à la force pour les disperser.
Les manifestants ont bloqué la route aux heures de pointe près de l’échangeur de Yavne, au centre du pays, provoquant des retards.
Des images prises sur place montrent des automobilistes en colère se disputant avec des manifestants assis sur la chaussée.
La police a exhorté les automobilistes à emprunter d’autres itinéraires pendant que les agents s’efforçaient de dégager l’autoroute. Les agents auraient utilisé des grenades incapacitantes contre les manifestants alors qu’ils tentaient de les faire quitter la chaussée.
Au bout de deux heures environ, la police a déclaré que la route était dégagée et rouverte à la circulation, ajoutant qu’elle ne tolérerait « aucune forme d’émeute, aucune atteinte à la liberté de circulation ni aucun comportement susceptible de mettre le public en danger ».
Aucune arrestation ni aucun blessé n’ont été signalés.
מפגינים מהפלג הירושלמי חוסמים את מחלף יבנה בכביש 4 במחאה על מעצר עריקים חרדים; תיעוד: עימותים בין נהגים לבין מפגינים@tuvyayagelnik @MHlpryn pic.twitter.com/yOfOTrPKAU
— גלצ (@GLZRadio) October 18, 2026
La communauté ultra-orthodoxe a toujours refusé le service militaire, estimant que la vie militaire est incompatible avec sa culture et ses pratiques religieuses.
Si Tsahal a mis en place des programmes adaptés aux soldats haredim, beaucoup s’opposent encore au service militaire et les dirigeants de la communauté réclament une législation visant à maintenir les larges exemptions accordées depuis des décennies. Des rassemblements de protestation haredim, qui dégénèrent parfois en violences, ont eu lieu dans différentes villes du pays.
La manifestation sur la Route 4 a fait suite à l’arrestation, à Rishon Lezion ce week-end, de deux étudiants de la yeshiva Ohr HaChaim de Jérusalem. Ces derniers ont été condamnés à 20 jours de prison militaire pour ne pas s’être enrôlés dans Tsahal, d’après les médias haredim.
La manifestation aurait été organisée par la « Faction de Jérusalem », un groupe haredi radical connu pour ses manifestations virulentes contre la conscription des ultra-orthodoxes et contre les arrestations ponctuelles de réfractaires à la conscription.
בהפתעה מוחלטת ובעקבות מעצר 2 עריקים בסופ"ש: אנשי הפלג הירושלמי חוסמים את כביש 4 באזור מחלף יבנה pic.twitter.com/XMnwCH3WKE
— אמברגו (@embargo1news) October 18, 2026
Les notifications concernant la manifestation n’auraient été envoyées par les organisateurs que peu avant son début, afin d’empêcher les autorités de prendre des mesures préventives.
Des personnalités de l’opposition ont imputé la responsabilité de cette manifestation au gouvernement, qui s’appuie sur les partis haredim pour conserver sa majorité à la Knesset.
« Encore une journée sous le gouvernement des réfractaires, des catastrophes et de la division », a écrit Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, sur le réseau social X.
« Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. »
Avigdor Liberman, qui dirige le parti laïc Yisrael Beytenu, a pour sa part déclaré : « Ils savent que personne ne les traduira en justice et estiment donc que tout leur est permis. Voilà ce qui arrive quand le Premier ministre est l’otage des réfractaires à la conscription. »
La semaine dernière, deux personnes ont été arrêtées alors que des dizaines de manifestants haredim tentaient de faire irruption dans un immeuble de bureaux de Bnei Brak abritant un programme de Tsahal spécialement conçu pour cette communauté.
Mercredi dernier, le chef du parti Shas, Aryeh Deri, a déclaré que son parti ultra-orthodoxe ne rejoindrait ni ne soutiendrait le prochain gouvernement à moins que celui-ci n’adopte une loi préservant les exemptions générales du service militaire pour les Haredim étudiant en yeshiva. Les élections sont prévues pour le 27 octobre.
La Haute Cour de justice a à maintes reprises exhorté le gouvernement à faire respecter l’enrôlement des Haredim après avoir statué, en 2024, qu’il n’existait aucune base juridique justifiant des exemptions générales pour les étudiants des yeshivot. En juillet, la Cour a gelé pendant sept mois une loi adoptée par la coalition qui aurait interdit l’arrestation des ultra-orthodoxes réfractaires à la conscription.
Cette question reste une source majeure de tensions politiques et sociales, et s’est imposée comme un enjeu central à l’approche des élections législatives. Tsahal a en effet souligné à plusieurs reprises son déficit d’effectifs dans le contexte d’une guerre sur plusieurs fronts, tandis que le ressentiment s’accroissait parmi les Israéliens effectuant leur service militaire obligatoire et leur service de réserve.
On estime qu’environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire mais ne se sont pas enrôlés. L’armée israélienne, Tsahal, a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues en raison de la pression exercée sur les forces régulières et de réserve dans le cadre de la guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, mais aussi en raison d’autres défis militaires. Au total, environ 2 700 Haredim se sont engagés dans l’armée au cours de l’année écoulée.
la Communauté du Times of Israël !










