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Des Palestiniens de Gaza se reconstruisent à Mexico grâce à la cuisine

Après avoir perdu sa fille de 4 ans, Mohammed Abed s'est réfugié au Mexique avec 17 de ses proches

Mohammed Abed, 36 ans, ingénieur système palestinien arrivé au Mexique en 2025 avec 17 membres de sa famille après avoir perdu sa fille dans une frappe aérienne israélienne à Gaza, prépare des plats palestiniens sur un marché en plein air du quartier de Condesa, à Mexico, au Mexique, le 22 septembre 2026. (Fred Ramos/Reuters)
Mohammed Abed, 36 ans, ingénieur système palestinien arrivé au Mexique en 2025 avec 17 membres de sa famille après avoir perdu sa fille dans une frappe aérienne israélienne à Gaza, prépare des plats palestiniens sur un marché en plein air du quartier de Condesa, à Mexico, au Mexique, le 22 septembre 2026. (Fred Ramos/Reuters)

MEXICO (Reuters) — Les bruits forts continuent d’angoisser Mohammed Abed, un ingénieur palestinien originaire de Gaza. Les avions qui sillonnent le ciel de Mexico et le grondement du tonnerre estival lui rappellent l’offensive militaire israélienne à Gaza lors de laquelle une frappe aérienne a tué sa fille de 4 ans.

Cet homme de 36 ans est arrivé au Mexique au printemps dernier avec 17 membres de sa famille et y a demandé l’asile. Là, le mardi matin ne débute pas dans la peur des bombardements, mais par le travail. Avant le lever du soleil, il charge son tricycle motorisé de spécialités palestiniennes qu’il va vendre sur un marché en plein air de Condesa, l’un des quartiers les plus cosmopolites de la capitale.

M. Abed fait partie des quelque 160 Palestiniens installés au Mexique et du 1,9 million de personnes déplacées à Gaza depuis le début de la guerre, déclenchée par le pogrom du Hamas du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël. La majorité d’entre eux sont restés en territoire gazaoui et ceux qui sont partis se sont, pour l’essentiel, installés tout près, en Égypte ou en Jordanie. Mais une infime partie est partie au Mexique, ce qui a fait doubler ou presque, par rapport à 2022, le chiffre de la population palestinienne locale, nous apprennent les chiffres officiels.

« À Gaza, pendant la guerre, quand on entendait un avion, cela voulait dire que quelque chose de terrible pouvait à tout moment arriver », explique M. Abed, le temps d’une pause, entre deux ventes de houmous, babaganoush, falafels, chawarma et autres kebabs.

« Ce son me rappelle tout ce que nous avons vécu, et mon corps réagit avant même que je ne m’en rende compte. »

L’itinéraire de M. Abed jusqu’au Mexique n’a pas été un long fleuve tranquille.

Mohammed Abed, 36 ans, ingénieur système palestinien arrivé au Mexique en 2025 avec 17 membres de sa famille après avoir perdu sa fille dans une frappe aérienne israélienne à Gaza, vend des plats palestiniens sur un marché en plein air du quartier de Condesa à Mexico, au Mexique, le 22 septembre 2026. (Fred Ramos/Reuters)

Tout a commencé avec son père, Kamal Abed, Palestinien émigré au Mexique il y a de cela plus de dix ans pour fuir le conflit à Gaza et qui a aujourd’hui la nationalité mexicaine. Une fois la guerre à Gaza commencée, c’est Kamal qui a initié les démarches pour faire sortir sa famille de l’enclave.

En 2024, il s’est rendu en Égypte pour tenter d’organiser leur évacuation, mais il y a succombé à une crise cardiaque avant même d’avoir pu achever le processus. Un autre de ses fils, Shadi, le frère de Mohammed, a repris le processus et, avec le soutien d’organisations civiles et d’avocats spécialisés dans le droit d’asile au Mexique, a obtenu une autorisation de voyage pour 18 membres de la famille, dont plusieurs enfants.

Après des mois de formalités administratives et de négociations pour quitter Gaza, la famille a gagné la Jordanie, est passée par la Turquie et est finalement arrivée à Mexico en mai 2025, où tous ont obtenu la résidence permanente.

« Je n’aime pas la politique », confie M. Abed. « Je veux vivre, comme tout le monde, en paix. »

Peu à peu, M. Abed s’est fait connaître auprès d’une clientèle qui apprécie ses plats et est touchée par son histoire. Le dimanche, il vend ses produits sur un autre marché de Mexico et, lorsqu’il n’y est pas, il aide son épouse à préparer des buffets de cuisine palestinienne qu’elle conçoit pour des occasions spéciales.

Fadi Abed, 29 ans, le frère cadet de Mohammed, arrivé au Mexique en 2025 avec 17 membres de sa famille et qui vendait autrefois des fruits secs dans sa ville natale de Gaza, pose sur le marché en plein air où il vend des plats palestiniens traditionnels dans le quartier d’Escandón à Mexico, au Mexique, le 22 septembre 2026. (Fred Ramos/TPX IMAGES OF THE DAY/Reuters)

Le frère cadet de M. Abed, Fadi, vend lu aussi des plats palestiniens à Mexico. Grâce à sa personnalité, très chaleureuse, il s’est constitué une communauté de 48 000 abonnés sur Instagram sous le pseudo hijo.de.palestina (« fils de Palestine »), où il publie des vidéos de sa florissante entreprise culinaire dans un espagnol au fort accent.

La famille de M. Abed ne cesse de s’agrandir et il tente en ce moment de faire venir ses deux sœurs de Gaza. Et en mai dernier, son plus jeune fils, Yusuf, est né à Mexico, ce qui fait automatiquement de lui un citoyen mexicain.

« Il est né au Mexique, mais les racines de Gaza sont dans son cœur », conclut M. Abed.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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