Dublin défend un projet de restrictions « limitées » sur le commerce avec les implantations
Thomas Byrne dit que la loi "interdirait l’importation de biens venant de territoires occupés illégalement" ; l’élue à l’origine du texte veut y inclure les services
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Le ministre d’État irlandais chargé des Affaires européennes, Thomas Byrne, a indiqué à Reuters que les restrictions prévues par l’Irlande sur le commerce avec les implantations israéliennes en Cisjordanie seraient strictement limitées à l’importation de marchandises. Il s’agit du premier signal clair concernant la portée de cette législation controversée, alors que Dublin rejette les accusations d’antisémitisme formulées à son encontre.
L’Irlande, l’un des critiques les plus virulents d’Israël en Europe depuis le début de la guerre à Gaza il y a deux ans, prépare une loi visant à restreindre le commerce avec les implantations en Cisjordanie. Le gouvernement fait face à des pressions internes pour élargir l’interdiction des marchandises aux services, tandis qu’Israël et les États-Unis souhaitent le voir abandonner le projet.
Thomas Byrne a précisé à Reuters que le texte se limiterait aux importations de biens et qu’il ne serait pas adopté cette année.
« Il s’agit d’une mesure extrêmement limitée, qui interdirait l’importation de marchandises provenant de territoires occupés illégalement », a-t-il déclaré dans un entretien. « Des mesures similaires ont déjà été adoptées dans plusieurs pays européens. »
Les propos de Byrne éclairent la position de Dublin, qui cherche à atténuer les pressions, notamment de la part d’entreprises américaines implantées en Irlande, afin de modérer ses critiques à l’égard d’Israël. Le projet de loi irlandais pourrait également servir de référence à d’autres pays européens envisageant des restrictions comparables sur le commerce avec les implantations israéliennes.
Le gouvernement irlandais a indiqué que le projet de loi était imminent, mais n’a pas encore annoncé publiquement son champ d’application. Byrne a refusé de préciser quand il serait soumis au Parlement, expliquant que le gouvernement évaluait actuellement les implications du projet de loi. « Il ne sera certainement pas mis en œuvre cette année », a-t-il affirmé.
Plus tôt cette année, des sources avaient indiqué à Reuters que le gouvernement comptait en réduire la portée, en la limitant à un volume restreint de marchandises, telles que les fruits secs, et non aux services.
Un projet incluant les services aurait pu compliquer la situation d’entreprises technologiques et d’autres secteurs établis en Irlande et actifs en Israël. Des groupes de pression économiques ont cherché à faire échouer cette option.
Limiter la loi aux seuls biens ne concernerait qu’un nombre très réduit de produits importés des implantations, comme des fruits, pour une valeur annuelle estimée à environ 200 000 euros.
Dáil opposition united. ICJ & FA Ctte too. Time to act.
With a ‘ceasefire’ in place, Gaza will slip out of news coverage & political focus. The worst thing we could do now would be to back away from our commitments.
Over to you @SimonHarrisTD @MichealMartinTD #PassTheOTB ???????? pic.twitter.com/hwIr2TUbGH
— Conor O'Neill (@conoraon) November 17, 2025
Frances Black, la députée à l’origine du projet d’interdiction des ventes, a toutefois déclaré à Reuters qu’elle ferait pression pour inclure une interdiction des services. « L’inclusion des services demandera un effort soutenu l’an prochain, mais je suis déterminée à y parvenir », a-t-elle déclaré.
La communauté internationale, dans sa grande majorité, considère les implantations israéliennes en Cisjordanie comme illégales au regard du droit international. Israël conteste cette position, invoquant ses liens historiques et bibliques avec la région ainsi que des impératifs de sécurité.
Israël a repris la Cisjordanie à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en juin 1967 et affirme que les implantations contribuent à sa sécurité.
Le ministre irlandais rejette les accusations d’antisémitisme
L’Irlande figure parmi les critiques les plus sévères d’Israël concernant sa conduite de la guerre à Gaza. Le conflit a été déclenché par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, au cours duquel ses terroristes ont assassiné plus de 1 200 personnes et en ont kidnappé 251 pour les emmener en otages dans la bande de Gaza.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a fermé l’ambassade d’Israël à Dublin l’an dernier pour protester contre la reconnaissance par l’Irlande de l’État palestinien. Il a également accusé le gouvernement irlandais d’avoir tardé à réagir à une proposition du conseil municipal de Dublin visant à renommer un parc portant le nom de Chaim Herzog, sixième président d’Israël, né en Irlande, et père de l’actuel président Isaac Herzog.
Les ministres irlandais ont vivement critiqué cette initiative, qui a aussi suscité des accusations d’antisémitisme au sein de la communauté juive locale. Le conseil municipal de Dublin a depuis suspendu toute décision concernant le nom du parc.
L’Irlande fait également partie des rares pays à s’être retirés du concours Eurovision après la confirmation de la participation d’Israël.
En octobre, l’Irlande a élu à la présidence la députée d’extrême gauche Catherine Connolly, qui a qualifié Israël « d’État terroriste ». Cette semaine, le gouverneur de la Banque centrale irlandaise, Gabriel Makhlouf, a été contraint d’interrompre un discours public à Dublin face à des manifestants pro-palestiniens opposés au rôle passé de l’institution dans la vente d’obligations israéliennes.
Dans une altercation publique filmée avec l’ambassadeur d’Irlande en Israël, Saar a dénoncé la « nature antisémite » du gouvernement de Dublin.
Thomas Byrne a rejeté catégoriquement ces accusations. « Je réfute totalement l’idée que le pays soit antisémite de quelque manière que ce soit », a-t-il déclaré à Reuters. « Nous sommes profondément conscients de la contribution que le peuple juif a apportée à l’Irlande. »
Barry Andrews, eurodéputé irlandais, a lui aussi écarté cette accusation et exhorté Dublin à aller de l’avant avec l’interdiction des ventes liées aux implantations.
« Prétendre que l’Irlande est antisémite est absurde », a-t-il affirmé.
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