Englman : Israël n’a pas de politique contre l’ingérence étrangère dans les élections
Le rapport du contrôleur de l'État révèle que le gouvernement ne dispose d'aucune politique pour lutter contre cette menace à quelques mois des prochaines élections legislatives
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Un rapport du contrôleur de l’État consacré à la menace d’ingérence étrangère dans les élections israéliennes a révélé mardi que le gouvernement ne disposait d’aucune politique nationale pour la contrer. Le rapport a indiqué que cela pourrait porter atteinte à la souveraineté de l’État et ébranler la confiance du peuple dans les résultats des prochaines élections législatives.
Le contrôleur de l’État sortant, Matanyahu Englman, a déclaré que l’Iran et d’autres acteurs hostiles exploitaient systématiquement les réseaux sociaux pour aggraver les divisions sociales en Israël, semer la panique et manipuler la perception de la réalité par la population.
« Nous avons constaté que la préparation nationale d’Israël est fondamentalement insuffisante : neuf ans après l’identification de la menace par l’État, il n’existe toujours pas de politique nationale à ce sujet et aucun organisme gouvernemental ne dirige les efforts visant à résoudre ce problème », a déclaré Englman dans un communiqué accompagnant la publication du rapport.
Un plan d’action national a été présenté au Premier ministre il y a un an, mais il n’a toujours pas été examiné, a écrit Englman, qui a également averti que l’ingérence étrangère dans les élections pourrait saper la confiance du peuple dans les résultats des prochaines élections.
Il a ajouté que la menace était d’autant plus aiguë à l’approche des prochaines élections, une période qui, selon lui, constitue un terrain fertile pour des « activités malveillantes menées par des acteurs étrangers » qui sont susceptibles «d’influencer les résultats électoraux et de saper la confiance du peuple dans ces résultats ».
Ce rapport tire la sonnette d’alarme sur le fait que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet n’a commencé à se préparer qu’en janvier aux prochaines élections – prévues en octobre – tandis que le Conseil de sécurité nationale (NSC) « a cessé de s’occuper de cette question » en août 2025.
Un tel scénario est d’autant plus probable que les outils d’intelligence artificielle (IA) permettent à des acteurs hostiles de créer rapidement et à grande échelle des identités fictives hautement crédibles et des contenus falsifiés, a précisé Englman.
« Sans une réponse gouvernementale immédiate et organisée, les tentatives d’ingérence dans le débat public israélien pourraient même porter atteinte à la souveraineté de l’État et ébranler la confiance du peuple dans le processus démocratique », a-t-il ajouté.
« Je tiens à tirer la sonnette d’alarme : laisser sans solution les questions relatives à l’influence étrangère dans la sphère numérique expose la population israélienne et nécessite une action nationale décisive. »
En réponse à ce rapport, la commission centrale électorale (CCE) a déclaré avoir mis en place un groupe de travail dédié chargé de se préparer à d’éventuelles opérations d’ingérence étrangère dans le processus électoral.
« Concernant la recommandation visant à mettre en place une ‘ligne d’assistance téléphonique’ pour répondre aux demandes des citoyens, il convient de souligner que la responsabilité de lutter contre l’influence étrangère incombe aux agences de sécurité », a indiqué la CCE, semblant ainsi renvoyer la responsabilité première de cette question au gouvernement.
« Dans ce contexte, la commission examine actuellement un cadre approprié pour recueillir les informations provenant de groupes de la société civile disposant d’une expertise dans ce domaine, sur la base de critères relevant de son mandat et de son autorité, tout en préservant la liberté d’expression et de campagne », a-t-elle précisé.
« En outre, tout parti estimant avoir subi un préjudice du fait d’une influence indue peut déposer un recours auprès de la commission électorale, lequel sera examiné selon la procédure habituelle et dans des délais accélérés », a-t-elle ajouté.
Des acteurs étrangers ont déjà tenté de s’ingérer dans la vie politique israélienne. Une étude conjointe menée par l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS) et l’Institut de recherche sur la méthodologie du renseignement a révélé qu’avant les élections législatives de 2022, plusieurs campagnes secrètes avaient été menées sur les réseaux sociaux.
L’une d’entre elles visait à diviser le parti HaTzionout HaDatit en utilisant des dizaines de faux comptes Twitter se faisant passer pour des Israéliens afin d’exhorter Itamar Ben Gvir à mettre fin à la liste électorale commune entre son parti, Otzma Yehudit, et HaTzionout HaDatit.
Une autre campagne avait pour objectif de faire baisser le taux de participation, en coordonnant des centaines de comptes, dont certains publiaient en arabe, quelques jours avant et le jour même du scrutin.
Après le scrutin, un petit réseau de comptes répartis sur Facebook, Twitter, Instagram et Telegram a cherché à semer la méfiance à l’égard des résultats en diffusant des allégations de fraude électorale et en organisant des manifestations, avec le soutien de milliers de faux abonnés pour renforcer leur crédibilité.
Stav Levaton a contribué à cet article.
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