Gaza : un soldat grièvement blessé, Tsahal évoque un tournant décisif de la guerre
Alors que les négociations se poursuivent, Israël rejette les accusations de famine et Katz menace que sans libération rapide des otages, "l’enfer s’abattra sur l’enclave"
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Un soldat a été grièvement blessé mercredi lors de combats dans le sud de la bande de Gaza, au moment où les responsables de la sécurité israéliens laissent entendre que la guerre entre dans une phase décisive et pourrait s’intensifier, et que se poursuivent les pourparlers en vue de parvenir à un accord pour un cessez-le-feu et la libération des otages.
Tsahal a annoncé que le soldat, appartenant au 71ᵉ bataillon de la 188ᵉ brigade blindée, avait été évacué vers un hôpital pour y recevoir des soins, et que sa famille avait été informée.
Le même jour, quatre autres soldats ont été blessés à Gaza, trois d’entre eux dans le sud, à Rafah, et un à Deir al-Balah, dans le centre de l’enclave, où l’armée israélienne a récemment intensifié ses opérations terrestres.
Jeudi matin également, l’armée a annoncé que le groupe terroriste palestinien du Hamas avait tiré une roquette pendant la nuit sur l’un des sites de distribution de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), dans le sud du territoire. Selon Tsahal, le projectile avait été lancé depuis Khan Younès en direction de la zone de Rafah, où sont situés les sites de la GHF, et s’est écrasé à environ 250 mètres de l’un d’entre eux, près du corridor de Morag utilisé par l’armée.
Malgré l’attaque, le site d’aide a ouvert ses portes jeudi pour permettre aux Palestiniens de venir récupérer des colis alimentaires. L’armée israélienne a déclaré que ce tir de roquette « s’ajoute aux tentatives menées par les organisations terroristes, qui opèrent de manière cruelle et systématique, pour saboter le programme de distribution d’aide humanitaire, dans le but d’entraver son acheminement vers les habitants de la bande de Gaza. »
Les combats se poursuivent en dépit de la pression internationale qui s’accentue en raison des informations faisant état de famine à Gaza. Israël a rejeté ces accusations, affirmant qu’il déploie des efforts considérables pour laisser entrer l’aide humanitaire.
חמאס וארגוני הטרור פועלים להכשלת מתחמי חלוקת הסיוע: זוהה שיגור לעבר מתחם חלוקה ברפיח
אמש, צה"ל זיהה שיגור ממרחב חאן יונס שבדרום הרצועה, לעבר המרחב בו ממוקמים מתחמי חלוקת הסיוע ברפיח.
השיגור נפל במרחק של כ-250 מטרים ממתחם חלוקת הסיוע בסמוך לציר מורג שבמרחב רפיח. עם זאת, על אף… pic.twitter.com/oeOSFufCc9
— צבא ההגנה לישראל (@idfonline) July 24, 2025
Israël et le Hamas sont actuellement en pleine négociation au Qatar pour parvenir à un accord prévoyant un cessez-le-feu et la libération des otages. Jeudi matin, une source israélienne a confié au Times of Israel que la dernière réponse du Hamas dans les négociations semblait « acceptable ».
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré mercredi que la guerre se trouvait à un « tournant très important ». Et le ministre de la Défense, Israel Katz, lui a affirmé que si les otages détenus par le Hamas n’étaient pas rapidement libérés, « les portes de l’enfer s’ouvriraient ».
Dans un communiqué publié par son bureau, Katz a déclaré que les « frères Sinwar » – les anciens chefs du Hamas, Yahya et Mohammed, éliminés par Israël – avaient « ruiné Gaza », et qu’Izz al-Din al-Haddad, le nouveau chef du groupe dans l’enclave, « est en train de la transformer en champ de ruines ».
« Les dirigeants du Hamas à l’étranger font la fête dans des hôtels de luxe et refusent de libérer les otages », a-t-il déclaré. « S’ils ne sont pas libérés rapidement, l’enfer s’abattra sur eux. »
Mercredi, Zamir a dit qu’Israël se trouvait « à un moment très important qui aura un impact sur la poursuite de la campagne ».
« Il n’y a jamais eu de guerre comme celle-ci dans l’histoire de Tsahal. Nous opérons à Téhéran, Sanaa, Beyrouth, en Syrie, à Jénine, et surtout dans notre principal centre de gravité, la bande de Gaza », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par Tsahal.
Des responsables de la santé liés au Hamas ont affirmé mercredi que plus de 100 personnes avaient été tuées en 24 heures par des frappes ou des tirs israéliens. Ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante et ne précisent pas combien de victimes sont des civils ou des membres des groupes terroristes. Tsahal a indiqué avoir visé plus de 100 cibles à Gaza, notamment des cellules terroristes, des bâtiments piégés, des tunnels et d’autres infrastructures.
Dix Palestiniens supplémentaires seraient morts de faim, portant à 111 le nombre total de personnes présumées mortes de malnutrition, la plupart ces dernières semaines, alors que la crise alimentaire s’aggrave dans l’enclave.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré mercredi que 21 enfants de moins de cinq ans figuraient parmi les victimes de malnutrition depuis le début de l’année. L’OMS a attribué cette situation à l’interdiction israélienne temporaire d’acheminer l’aide à Gaza entre mars et mai, précisant que la reprise des livraisons restait bien en deçà des besoins.
Le COGAT (Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires) a annoncé jeudi que 70 camions d’aide humanitaire, essentiellement chargés de nourriture, étaient entrés dans la bande de Gaza la veille.
Certains ont franchi le point de passage de Kerem Shalom, au sud, d’autres celui de Zikim, au nord, après avoir été inspectés. Le COGAT a déclaré que l’aide avait été livrée après des contrôles de sécurité approfondis.
Cette annonce survient alors que les alertes sur une possible famine généralisée dans l’enclave se multiplient. Mercredi, plus d’une centaine d’organisations humanitaires et de groupes de défense des droits de l’homme ont averti qu’une « famine massive » était en cours à Gaza.
Le ministère des Affaires étrangères a rejeté cette déclaration, accusant les organisations de « servir la propagande du Hamas, en utilisant leurs chiffres pour justifier leurs horreurs ». La déclaration ajoute « qu’au lieu de s’opposer à l’organisation terroriste, elles la prennent sous leur aile. »
Le secrétaire général adjoint des Nations unies (ONU), Khaled Khiari, a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU que l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, risquait de manquer de fonds dans les prochains mois. Selon lui, les prévisions indiquent que les ressources disponibles ne suffiront pas à maintenir ses opérations au-delà de 2025.
Israël a accusé l’agence de collaborer avec le Hamas et a fourni des preuves de la participation de plusieurs de ses employés au massacre perpétré par le groupe terroriste le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël. Des preuves et des témoignages d’otages indiquent qu’ils ont parfois été détenus dans des installations de l’UNRWA.
Israël a adopté l’an dernier une loi interdisant à l’UNRWA d’opérer sur son territoire, mais cette législation ne s’applique pas à la Cisjordanie ni à Gaza.
La guerre a été déclenchée par le pogrom meurtrier du Hamas le 7 octobre, au cours duquel des terroristes du Hamas, d’autres groupes armés et des civils de Gaza ont assassiné plus de 1 200 personnes dans le sud d’Israël et enlevé 251 otages. Cinquante d’entre eux sont toujours détenus par des groupes terroristes dans la bande de Gaza, dont au moins 20 seraient encore en vie.
Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que près de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes depuis le début des hostilités, bien que ces chiffres ne puissent être vérifiés. En janvier, Israël avait déclaré avoir éliminé environ 20 000 combattants lors des combats, ainsi que 1 600 terroristes en territoire israélien pendant l’assaut du 7 octobre.
Israël affirme faire tout son possible pour minimiser les pertes civiles, accusant le Hamas d’utiliser la population comme bouclier humain, en combattant depuis des zones densément peuplées, des hôpitaux, des écoles et des mosquées. L’armée israélienne a perdu 456 soldats depuis le début de l’offensive terrestre contre le Hamas dans la bande de Gaza et des opérations le long de la frontière.
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