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« Il nous tire dans le dos » : Winter accuse Netanyahu de plomber son parti

L'ex-général accuse le Premier ministre de saboter la droite ; ses opposants Golan et Eisenkot s'en prennent eux aussi au chef du gouvernement

Ofer Winter, président du parti Amkha Yisrael, prend la parole au Centre international des conventions de Jérusalem, le 11 octobre 2026. (Yonatan Sindel/Flash90)
Ofer Winter, président du parti Amkha Yisrael, prend la parole au Centre international des conventions de Jérusalem, le 11 octobre 2026. (Yonatan Sindel/Flash90)

Lundi, Ofer Winter, président de la formation de droite de la ligne dure Amkha Yisrael, a fait savoir qu’il tiendrait pour responsable le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, au cas où son parti n’obtiendrait pas assez de voix pour faire son entrée à la Knesset, accusant le chef du gouvernement de porter préjudice à la droite.

D’après plusieurs sondages récents, le parti de Winter ne réunirait pas le minimum de voix – fixé à 3,25 % des suffrages – pour obtenir des sièges à la Knesset.

Lors d’une conférence organisée par le journal Yedioth Ahronoth ce lundi, Winter a déclaré que Netanyahu était « responsable de l’effondrement de la droite », du fait des attaques répétées du Premier ministre et du Likud contre lui et son parti.

Dans un discours prononcé la semaine dernière, Netanyahu avait qualifié Winter de « fausse droite » avant de le comparer à Naftali Bennett, lequel avait apporté son soutien à Netanyahu avant de rompre avec lui et de prendre la tête d’un gouvernement d’opposition éphémère.

« Il ne s’arrête pas, il ne relâche pas la pression et il nous tire dans le dos alors même que nous sommes un parti de droite », a déclaré Winter. « Si vous vous tirez une balle dans le pied, il ne faut pas être surpris si on se met à boiter, ensuite. »

Winter s’est engagé à soutenir le Premier ministre pour un nouveau mandat tout en affirmant qu’il ne ferait pas part d’un gouvernement Netanyahu, sauf à ce que celui-ci ne fasse voter une loi rendant le service militaire obligatoire pour tous, ce à quoi les partenaires ultra-orthodoxes de longue date de Netanyahu sont catégoriquement opposés.

Lors d’une récente interview télévisée, Winter a déclaré que si Netanyahu préférait les partis haredim au peuple d’Israël, il pouvait bien « aller se faire voir ».

Lors de la conférence de lundi, Winter s’est dit prêt à l’éventualité que son parti ne fasse pas son entrée à la Knesset à l’issue du prochain scrutin. « Si la population ne veut pas du produit, je dirai : ‘Très bien, merci’ », a-t-il affirmé.

Ces luttes intestines au sein de la droite surviennent alors que les sondages font état d’une impasse, à deux semaines des élections. En effet, le bloc de Netanyahu et les partis menés par des figures juives qui lui sont opposées sont crédités de scores nettement inférieurs à la majorité de 61 sièges à la Knesset. Les partis à majorité arabe, qui ne font généralement pas partie des coalitions gouvernementales, devraient remporter la plupart des sièges restants.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) arrivant pour une audience dans le cadre de son procès pour corruption au tribunal de grande instance de Jérusalem, le 11 octobre 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Dans l’éventualité où aucun des deux camps ne remporterait la majorité, s’ouvrirait une période d’incertitude après le scrutin, avec la possibilité de nouvelles élections anticipées.

Dans son discours, Winter a appelé les hommes politiques de droite des deux blocs – Netanyahu mais aussi ses rivaux Naftali Bennett et Avigdor Liberman – à « cesser de se battre », affirmant qu’Israël avait besoin d’un « large gouvernement de droite ».

Winter a ajouté qu’il avait parlé pour la dernière fois avec Netanyahu il y a de cela deux mois et a qu’il ne s’était pas entendu avec lui au sujet des messages de sa campagne.

« Depuis ce moment-là, nous n’avons fait que nous battre », a-t-il dit, affirmant que Netanyahu aurait souhaité l’avoir à ses côtés, « comme candidat au poste de ministre de la Défense ».

Golan : le Premier ministre mène une campagne de désinformation et n’acceptera pas la défaite

Netanyahu est par ailleurs la cible de critiques de la part d’hommes politiques de l’opposition qui veulent le chasser du pouvoir.

Yair Golan, président du parti de gauche HaDemocratim, a indiqué, lors d’une autre conférence, que Netanyahu n’accepterait pas les résultats de l’élection dans l’éventualité d’une défaite et que le Likud, le parti du Premier ministre, redoublerait de manipulation auprès des électeurs.

Il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « machine à poison » du Premier ministre, une expression employée par les détracteurs du chef du gouvernement pour désigner les présumées campagnes orchestrées par Netanyahu et ses alliés dans le but de diffuser de fausses informations et des théories du complot en sa faveur.

« Nous sommes persuadés qu’il n’acceptera pas le résultat des urnes. Dans les jours à venir, la machine à poison va tourner à bloc, portée par l’hystérie de ces derniers jours, dans une tentative désespérée de manipuler l’opinion publique avant, pendant et après le scrutin », a déclaré Golan lors de la conférence « Droit et Mensonges », à Tel-Aviv.

« Nous allons entendre des théories du complot sur le Comité central des élections, des rumeurs malveillantes sur de prétendues fraudes électorales destinées à compromettre à l’avance la légitimité des résultats démocratiques », a-t-il affirmé.

Yair Golan, président du parti HaDemocratim, assiste à un événement de campagne électorale de son parti à Tel-Aviv, le 24 septembre 2026. (Miriam Alster/Flash90)

Golan a accusé Netanyahu et ses alliés de mener une campagne de désinformation « planifiée, impitoyable, très bien financée et hiérarchisée », dirigée depuis le cabinet du Premier ministre dans le but de manipuler les électeurs ou de décourager la participation.

« Ils ont créé une réalité dans laquelle l’homme corrompu est la victime, et le patriote qui sort défendre son foyer, le traître », a-t-il déclaré, ajoutant que l’objectif de la campagne de Netanyahu était de « nous épuiser, de nous faire croire que tout est corrompu, qu’il ne sert à rien de se battre et que tout le monde ment. Ils veulent que vous ayez peur, que vous restiez silencieux et que vous restiez chez vous. »

Golan s’est engagé, si le bloc anti-Netanyahu forme le prochain gouvernement, à obliger les entreprises technologiques à révéler l’identité des contributeurs de campagnes d’influence et démasquer les réseaux de bots, faux profils et haine en ligne.

Il s’est également engagé à tenir les réseaux sociaux juridiquement responsables pour le rôle qu’elles jouent dans l’incitation à la haine, les campagnes d’ingérence étrangères et des abus en ligne, estimant qu’elles devaient faire face à des sanctions similaires à celles appliquées en Europe.

« Nous mènerons une démocratie défensive, ferme et sans concession, qui ne laissera pas ses ennemis intérieurs la détruire de l’intérieur sous couvert de liberté d’expression », a-t-il affirmé. « La liberté d’expression n’est ni la liberté d’inciter ni celle de détruire. »

Eisenkot fustige Netanyahu suite à des accusations de falsification contre son cabinet

Lors de la conférence du Yedioth, Gadi Eisenkot, président du parti d’opposition Yashar, actuellement en tête des sondages, a déclaré qu’il ne faisait pas confiance à Netanyahu, suite aux accusations récentes de l’ancien secrétaire militaire du Premier ministre, selon lesquelles le chef de cabinet de ce dernier aurait cherché à modifier des enregistrements téléphoniques datant du matin de l’attaque du Hamas, le 7 octobre 2023.

« Ces jours-ci, nous avons appris que Netanyahu et son cabinet étaient en train de falsifier des retranscriptions et réarranger les faits a posteriori », a dénoncé Eisenkot.

Le chef du parti Yashar et ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, rencontrant les familles d’anciens otages, d’otages tués pendant leur captivité dans la bande de Gaza et de victimes de l’attaque du 7 octobre à la « Soucca des familles », sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 27 septembre 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Il a ajouté que « les objectifs de la guerre en Iran n’avaient pas été atteints » et qu’il ne faisait pas confiance à Netanyahu pour « prendre les bonnes décisions dans les semaines à venir », alors que des informations font état d’une possible reprise des hostilités avec la République islamique, quelques jours avant le scrutin.

Eisenkot, dont le parti caracole en tête de la plupart des récents sondages et fait figure de première force d’opposition, avec une confortable avance, estime qu’il appartient au chef du plus grand parti anti-Netanyahu de prendre la tête du bloc.

« Depuis le début, même il y a un an lorsque nous n’avions que cinq sièges, j’estime que le candidat du bloc doit être le chef du parti le plus important », a-t-il dit. « Je le pensais alors, et je le pense encore aujourd’hui. »

Fils d’olim marocains, Eisenkot a également critiqué la campagne menée contre lui par le Likud, affirmant que les moqueries de Netanyahu sur son niveau d’anglais et le traitement réservé par le parti à ses propres candidats mizrahi, à l’image de Jacob Bardugo, chroniqueur pro-gouvernement sur la Quatorzième chaîne, « relevaient du même esprit ».

« Cela vient de l’hystérie, et ce qui me préoccupe plus encore que le racisme, c’est cette culture du mensonge », a-t-il souligné.

Eisenkot s’en est également pris aux proches de Netanyahu, estimant que leur engagement politique en faisait une cible légitime d’attention publique. Il a notamment accusé l’épouse du Premier ministre, Sara, de relayer la théorie complotiste selon laquelle une trahison interne en Israël aurait conduit au pogrom du 7-Octobre, ajoutant que son fils Yair, coutumier de déclarations provocatrices, publiait des vidéos qui « accentuent les mensonges, les divisions et cette théorie de la trahison ».

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