Israël aurait piraté les téléphones des gardes du corps des responsables iraniens – NYT
Si les dirigeants iraniens ont évité d'utiliser des smartphones, les règles applicables à leurs gardes étaient beaucoup plus laxistes - ce qui s'est avéré être une erreur fatale
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Israël a pu localiser et prendre pour cible de hauts responsables politiques et militaires iraniens, ainsi que des scientifiques spécialistes du nucléaire pendant la guerre qui a opposé les deux pays, au mois de juin, en piratant et en traçant les téléphones de leurs gardes du corps et de leurs chauffeurs, a rapporté samedi le New York Times.
Lors de ses premières frappes menées contre l’Iran, aux premières heures de la matinée du 13 juin, Israël avait rapidement tué plusieurs généraux et scientifiques nucléaires de haut rang – figuraient parmi eux le chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, le général Hossein Salami, le chef des forces armées, le général Amir Ali Hajizadeh, responsable du programme de missiles balistiques du CGRI, et Mohammad Bagheri, général de division du CGRI et numéro deux des forces armées après le dirigeant iranien, des raids qui avaient stupéfié et paralysé l’Iran pendant de longues heures.
L’article du Times, qui cite les propos tenus par plusieurs hauts responsables militaires et issus des services de renseignement iraniens et israéliens, indique que même si les dirigeants iraniens étaient conscients de la menace que représentaient les smartphones pour leur sécurité et qu’ils évitaient de les utiliser, cette consigne n’avait pas concerné leurs services de sécurité – ce qui avait donné la possibilité à Israël de les localiser et de les éliminer.
« Nous savons que les hauts responsables et les commandants ne portaient pas de téléphone, mais leurs interlocuteurs, leurs gardes du corps et leurs chauffeurs en avaient ; ils n’ont pas pris les précautions nécessaires et c’est ainsi que la majorité d’entre eux ont été localisés », a expliqué au Times Sasan Karimi, ancien vice-président adjoint chargé de la stratégie au sein du gouvernement iranien.
Le Times a noté que l’Iran était au courant du plan israélien visant à tuer des hauts responsables et que le pays avait renforcé leur sécurité. Ce faisant, il avait involontairement permis à Israël de suivre et de cibler les hauts responsables.
Le journal a fait remarquer que plusieurs gardes avaient fait preuve de négligence dans l’utilisation de leur téléphone avant la guerre, publiant des mises à jour sur leurs activités sur les réseaux sociaux, ce qui avait encore facilité les efforts d’Israël en matière de collecte d’informations.
« Le fait d’utiliser autant de gardes du corps est une faiblesse que nous leur avons imposée, et nous avons pu en tirer parti », a indiqué un responsable de la Défense israélienne.
Après ce premier coup dévastateur, les gardes du corps avaient reçu l’ordre de ne porter que des talkies-walkies pendant leur service.
Toutefois, dans au moins un cas, les gardes avaient enfreint les ordres, permettant à Israël prendre à nouveau pour cible les dirigeants, selon le Times, ce qui avait entraîné une frappe sur un bunker pendant une réunion secrète du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Le président Massoud Pezeshkian avait été blessé à la jambe lors de cet frappe survenue le 16 juin, mais aucun des hauts responsables n’avait été tué, contrairement à plusieurs gardes.
« L’ennemi obtient la majorité de ses renseignements grâce à la technologie, aux satellites et aux données électroniques », a noté le nouveau chef du CGRI, le brigadier général Ahmad Vahidi.
« Ils peuvent localiser des personnes, obtenir des informations, enregistrer leurs voix, prendre des images et zoomer grâce à des satellites précis pour trouver leur emplacement. »
Après douze jours de conflit, Israël avait annoncé avoir éliminé des dizaines de hauts responsables de la sécurité et au moins onze scientifiques nucléaires de haut rang au cours de l’Opération « Rising Lion ». Ce qui avait été considéré comme le pire coup porté à la République islamique depuis la guerre avec l’Irak dans les années 1980.
L’Iran avait riposté aux frappes israéliennes en tirant des salves de missiles et de drones qui avaient fait des dizaines de morts. Un cessez-le-feu avait finalement été conclu le 24 juin après que les programmes nucléaires et balistiques iraniens ont été gravement endommagés.
Depuis la guerre, l’Iran, secoué par le niveau de pénétration israélienne dans ses rangs, s’est lancé dans une vaste campagne d’arrestations et d’interrogatoires d’espions présumés – un certain nombre de personnes accusées de ce crime ont été exécutées. Israël, de son côté, n’a fait aucun commentaire.
Le Times a aussi cité les propos de Vahidi, qui a affirmé aux médias iraniens que, si Israël avait utilisé des sources humaines, la majorité des données recueillies par ses soins avaient été obtenues par des moyens électroniques.
« L’ennemi obtient la majorité de ses renseignements grâce à la technologie, aux satellites et aux données électroniques », a confié Vahidi.
« Ils peuvent trouver des personnes, obtenir des informations, enregistrer leurs voix, prendre des images et zoomer avec des satellites précis pour localiser les lieux. »
Israël affirme que son opération de grande envergure contre les principaux dirigeants du CGRI, les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques était nécessaire pour empêcher la République islamique, qui a juré de détruire l’État juif, de se rapprocher de la fabrication d’armes atomiques.
La République islamique a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Elle a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et a renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques. Israël a averti que Téhéran avait récemment pris des mesures en vue de militariser ce programme.
Des responsables israéliens actuels et anciens ont annoncé que cette offensive avait été l’aboutissement d’années de travail de l’agence de renseignement du Mossad et du Directorat des Renseignements militaires dans le but de renforcer les capacités de renseignement afin de permettre l’élimination de cibles avec la plus grande précision.
la Communauté du Times of Israël !







