Rechercher

Israël et la Syrie butent sur la demande israélienne d’un couloir humanitaire vers la région druze

Damas aurait refusé l’ouverture d'un corridor vers Soueïda, affirmant que cela violerait leur souveraineté

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (à droite) et le président syrien Ahmed al-Sharaa, à l'hôtel Lotte New York Palace, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'est tenue au siège de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2025. (Crédit : Bing Guan/AFP)
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio (à droite) et le président syrien Ahmed al-Sharaa, à l'hôtel Lotte New York Palace, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies qui s'est tenue au siège de l'ONU, à New York, le 22 septembre 2025. (Crédit : Bing Guan/AFP)

Beyrouth — Les efforts visant à conclure un accord de sécurité entre la Syrie et Israël butent sur un dernier obstacle : Israël exige d’être autorisé à ouvrir un « corridor humanitaire » vers la province méridionale syrienne de Soueïda, ont déclaré quatre sources proches des pourparlers.

Ces dernières semaines, la Syrie et Israël étaient sur le point de conclure un accord-cadre après plusieurs mois de négociations menés par les États-Unis à Bakou, à Paris et à Londres, et qui se sont accélérés à l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine.

Ce pacte visait à créer une zone démilitarisée qui inclurait la province de Soueïda, où des violences sectaires ont fait des centaines de morts parmi les Druzes, une branche mystique issue de l’islam chiite au XIᵉ siècle et considérée comme hérétique par l’islam sunnite, en juillet.

Israël affirme qu’il protégera les Druzes de Syrie

Israël, qui compte une minorité druze de 120 000 personnes dont les hommes servent dans l’armée israélienne, a déclaré qu’il les protégerait et a mené des frappes en Syrie pour les défendre.

Lors de précédentes discussions à Paris, Israël avait demandé l’ouverture d’un corridor terrestre vers Soueïda afin d’acheminer de l’aide, mais la Syrie avait rejeté cette demande, la considérant comme une violation de sa souveraineté.

Un homme brandissant un drapeau d’Israël lors d’une manifestation organisée par les Druzes pour réclamer l’autodétermination, dans la ville de Soueïda, dans le sud de la Syrie, le 16 août 2025. (Crédit : Capture d’écran/X)

Selon deux responsables israéliens, une source syrienne et une source à Washington au fait des pourparlers, Israël a réintroduit cette exigence à un stade avancé des négociations.

Selon la source syrienne et la source à Washington, cette nouvelle demande israélienne aurait fait échouer les plans visant à annoncer un accord cette semaine. Ce nouveau point de discorde n’avait pas été signalé auparavant.

Le département d’État, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministère syrien des Affaires étrangères n’ont pas répondu aux questions concernant les contours de l’accord ou les points d’achoppement.

Aucune discussion depuis la semaine dernière

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani (à gauche), observant l’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, s’exprimer lors d’une conférence de presse, à Damas, le 16 septembre 2025. (Crédit : Louaï Beshara/AFP)

Mardi, l’envoyé américain Tom Barrack, qui a négocié les pourparlers entre la Syrie et Israël, a déclaré que les deux ennemis de longue date étaient sur le point de conclure un « accord de désescalade » en vertu duquel Israël mettrait fin à ses attaques et la Syrie accepterait de ne déplacer aucun matériel ou équipement lourd près de la frontière avec Israël.

Il a ajouté que cela constituerait la première étape vers l’accord de sécurité que les deux pays sont en train de négocier. Un diplomate au fait de la question a indiqué que les États-Unis semblaient « passer d’un accord de sécurité à un accord de désescalade ».

Lors d’un événement à New York, peu avant l’intervention de Barrack, le président syrien Ahmed al-Sharaa, ancien chef du groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, qui a dirigé la coalition rebelle ayant pris Damas l’an dernier, a exprimé ses inquiétudes quant au risque que les négociations soient retardées par Israël.

« Nous avons peur d’Israël. Nous nous inquiétons d’Israël. Ce n’est pas l’inverse », a-t-il déclaré.

Le président syrien Ahmed Al-Sharaa s’exprimant lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, à New York, le 24 septembre 2025. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)

Un responsable syrien a déclaré à Reuters que les discussions qui ont eu lieu avant le début de l’Assemblée générale de l’ONU avaient été « positives », mais qu’il n’y avait pas eu d’autres entretiens avec les responsables israéliens cette semaine.

S’adressant vendredi à l’Assemblée générale, Netanyahu a déclaré que « l’idée même d’une paix entre Israël et la Syrie semblait inimaginable » depuis des dizaines d’années.

« Mais nous avons entamé des négociations sérieuses avec le nouveau gouvernement syrien. Je pense qu’un accord qui respecte la souveraineté de la Syrie et garantit la sécurité d’Israël ainsi que celle des minorités de la région, y compris la minorité druze, peut être conclu. »

Le Premier ministre a désigné les Druzes comme les frères d’armes des Juifs israéliens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, à New York, le 26 septembre 2025. (Crédit : Timothy A. Clary/AFP)

« C’est pourquoi je ne pouvais pas rester les bras croisés, pas plus qu’Israël ne pouvait le faire, alors que les Druzes étaient massacrés par les djihadistes en Syrie », a-t-il déclaré.

« J’ai ordonné à nos forces de mettre fin au massacre, ce qu’elles ont immédiatement fait. »

Mercredi, le bureau du Premier ministre a déclaré que la conclusion des négociations en cours était « subordonnée à la garantie des intérêts d’Israël, qui comprennent notamment la démilitarisation du sud-ouest de la Syrie et la préservation de la sécurité des Druzes en Syrie ».

La Syrie et Israël sont ennemis depuis la création de l’État d’Israël en 1948. Un accord de désengagement conclu en 1974 a créé une zone démilitarisée étroite, surveillée par les Nations unies.

Cependant, depuis que les rebelles ont renversé l’ancien dictateur syrien Bashar al-Assad, le 8 décembre, Israël a mené des frappes sans précédent contre des installations militaires à travers le pays et a envoyé des troupes dans une zone tampon au sud.

Israël a ouvertement exprimé son hostilité envers Sharaa, en raison de ses anciens liens avec Al-Qaïda, et a exercé des pressions sur les États-Unis pour que la Syrie reste faible et marginalisée.

Au cours des mois de pourparlers, la Syrie avait plaidé en faveur d’un retour à l’accord de désengagement de 1974. Mi-septembre, Sharaa avait qualifié cet accord de « nécessité » devant la presse. Il avait alors déclaré qu’Israël devrait respecter l’espace aérien et l’unité territoriale de la Syrie, tout en évoquant la possibilité de violations de la part d’Israël.

« Nous pourrions parvenir à un accord à tout moment, mais un autre problème se pose alors : Israël s’engagera-t-il à le respecter et à le mettre en œuvre ? Nous le verrons lors de la prochaine phase », avait-il déclaré.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.