La cour rétablit l’interdiction faite à Urich de parler Netanyahu et de travailler dans son bureau
Le juge estime que les restrictions liées à l’affaire des liens présumés avec le Qatar ne tiennent pas, mais maintient celles du dossier distinct de fuite de documents
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

La Cour du district central de Lod a à nouveau interdit à Jonatan Urich, un suspect de premier plan dans le scandale du Qatargate, de parler à toute personne impliquée dans le dossier – y compris au Premier ministre Benjamin Netanyahu – et de travailler au cabinet du Premier ministre, jusqu’à ce qu’une nouvelle décision soit prise à ce sujet.
Le tribunal de première instance de Rishon Lezion avait estimé, lundi, qu’il n’était pas en mesure d’accéder à une demande de la police qui réclamait que les restrictions liées à cette affaire délicate soient prolongées – les forces de l’ordre n’ayant déposé cette demande que deux heures seulement avant leur expiration prévue et aucune réponse n’ayant été apportée par les avocats d’Urich, faute de temps. Les juges avaient ainsi estimé qu’ils n’avaient pas pu examiner correctement cette demande avant l’expiration des restrictions.
Mercredi, les magistrats de Lod ont choisi de confirmer la décision prise par le tribunal en ce qui concerne la demande qui a été faite par la police dans l’affaire du Qatargate – mais ils ont toutefois fait savoir que les restrictions imposées à Urich pouvaient être prolongées dans le cadre du dossier portant sur la fuite de documents, un dossier dans lequel il est également considéré comme un suspect. Les forces de l’ordre avaient présenté leur demande dans les délais dans le cadre de cette affaire particulière.
Il est donc à nouveau interdit à Urich d’échanger avec Netanyahu – qui n’est pas suspect – ni avec aucune autre personne liée au dossier. Il ne pourra pas non plus retourner travailler au cabinet du Premier ministre comme il l’avait prévu ni quitter le pays.
Netanyahu et Urich se sont entretenus par téléphone hier avant l’audience consacrée à la prolongation des restrictions, ces dernières ayant expiré à ce moment-là.
Urich, ainsi que l’ancien porte-parole de Netanyahu, Eli Feldstein, et l’ancien conseiller de campagne Yisrael Einhorn, sont accusés d’avoir accepté des paiements afin de mener – pendant plus d’un an après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas du 7 octobre 2023 – une campagne de relations publiques destinée à présenter le Qatar sous un jour favorable. Ces activités auraient été menées alors qu’ils travaillaient au cabinet du Premier ministre, malgré les liens étroits entretenus par l’État du Golfe avec le groupe terroriste.
Urich est soupçonné d’avoir été en contact avec un agent étranger, ainsi que de corruption, de fraude, d’abus de confiance et de blanchiment d’argent.
L’affaire dite du « Qatargate » n’est qu’un des scandales secouant le cabinet du Premier ministre. Elle s’ajoute notamment à la fuite de documents classifiés vers le quotidien allemand Bild à l’été 2024, qui aurait visé à influencer l’opinion publique israélienne sur les négociations avec le Hamas concernant les otages. Cette affaire implique également Urich, Feldstein et Einhorn.
Netanyahu a fait l’objet de vives critiques en lien avec l’affaire du Qatar, bien qu’il nie avoir eu connaissance des activités de relations publiques menées par des personnes placées sous son autorité. Selon un sondage récent, la moitié des Israéliens – dont 30 % des électeurs de la coalition au pouvoir – estiment que travailler pour le Qatar tout en occupant un poste au sein du cabinet du Premier ministre devrait être considéré comme un acte de trahison.
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