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La police enquête sur Braverman qui aurait tenté de dissimuler l’affaire « Bild » – média

Cette évolution fait suite à de nouvelles accusations du principal suspect, Eli Feldstein ; Topaz Luk, proche du Premier ministre, aurait maintenu le contact avec Feldstein tout en minimisant leurs liens

Tzahi Braverman, chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant le témoignage de ce dernier, au tribunal de Tel Aviv, le 18 décembre 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Tzahi Braverman, chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant le témoignage de ce dernier, au tribunal de Tel Aviv, le 18 décembre 2024. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La police israélienne a ouvert une enquête sur les allégations selon lesquelles le chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Tzahi Braverman, aurait tenté d’étouffer une enquête sur la fuite de documents classifiés vers le tabloïd allemand Bild par l’ancien porte-parole de Netanyahu, Eli Feldstein, ont rapporté mercredi les médias israéliens.

Feldstein a porté ces accusations contre Braverman lors d’une interview accordée la semaine dernière à la chaîne publique Kan, sa première apparition médiatique depuis son arrestation en octobre 2024 et son inculpation pour avoir divulgué des informations confidentielles à Bild le mois précédent. Le journal a présenté ce document classifié comme une preuve que le groupe terroriste palestinien du Hamas n’était pas intéressé par un accord de libération d’otages avec Israël.

Dans l’interview, Feldstein affirme que Braverman avait connaissance de l’enquête confidentielle sur la fuite vers Bild plusieurs mois avant sa divulgation publique et lui avait assuré qu’il pourrait la faire annuler.

Selon Feldstein, Braverman lui aurait demandé de le rencontrer dans le parking souterrain des quartiers généraux de l’armée de la Kirya, à Tel Aviv.

Le chef de cabinet de Netanyahu lui aurait alors révélé que le département de sécurité informatique de Tsahal avait ouvert une enquête sur la fuite d’informations classifiées, et que la liste des suspects remontait jusqu’au bureau du Premier ministre.

L’exhortant à l’informer s’il était de quelque manière que ce soit lié à la fuite, car il serait en mesure de « mettre fin » à l’enquête, Braverman aurait alors lu une demi-douzaine de noms de personnes impliquées dans l’enquête « Bild » et aurait demandé à Feldstein s’il en connaissait une.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’entretenant avec le secrétaire du cabinet, Tzahi Braverman (à droite), lors d’une réunion hebdomadaire du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 30 avril 2023. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)

Or, Braverman, récemment nommé ambassadeur d’Israël au Royaume-Uni, n’aurait pas dû avoir connaissance au préalable d’une enquête interne de Tsahal, ni avoir la possibilité « d’y mettre fin » de son propre chef.

En réponse à l’interview de Kan, un communiqué publié au nom de Braverman a accusé Feldstein de « mentir et d’inventer des choses ».

« Le chef de cabinet n’a aucune compétence ni influence sur les enquêtes en cours. Braverman n’a eu connaissance de l’enquête qu’une fois qu’elle a été rendue publique par les médias », indique le communiqué.

Mercredi également, la chaîne N12 a rapporté qu’un haut conseiller de Netanyahu était resté en contact avec Feldstein au cours des derniers mois, malgré le démenti officiel de toute relation formelle.

Selon le reportage, Feldstein, impliqué dans l’affaire « Bild » ainsi que dans le scandale dit du « Qatargate », aurait tenu au moins deux réunions au cours du mois dernier avec Topaz Luk, un ancien porte-parole de Netanyahu qui occupe actuellement le poste de conseiller principal du Premier ministre et est considéré comme l’un de ses plus proches alliés.

Selon la chaîne N12, les contacts se sont poursuivis même après l’imposition de restrictions à Feldstein, des sources au sein du bureau du Premier ministre qualifiant cette relation de personnelle plutôt que professionnelle.

Dans l’affaire du « Qatargate », Feldstein et Jonatan Urich, le principal conseiller médiatique du Premier ministre, sont soupçonnés d’avoir accepté de l’argent pour diffuser des messages pro-Qatar auprès des journalistes, afin de redorer l’image de cet État du Golfe en tant que médiateur dans les pourparlers sur les otages entre Israël et le Hamas, alors qu’ils étaient employés par le Premier ministre.

Dans son interview accordée à Kan la semaine dernière, Feldstein a affirmé que Netanyahu était au courant et soutenait ses efforts visant à utiliser des informations classifiées afin d’influencer l’opinion publique contre un accord de libération d’otages, contredisant ainsi l’affirmation de Netanyahu selon laquelle il n’avait pas connaissance au préalable de la fuite du document par Feldstein.

Eli Feldstein, au tribunal de Tel Aviv le 15 mai 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

À la suite de cette interview, le parti de Netanyahu, le Likud, a publié un communiqué minimisant les liens entre Feldstein et le Premier ministre, alors que ce dernier est largement connu comme son porte-parole pour les affaires militaires et qu’il a régulièrement briefé les journalistes à ce titre tout au long de la guerre.

Selon la chaîne N12, les contacts entre Feldstein et Luk auraient récemment été interrompus après des accusations publiques échangées sur les réseaux sociaux.

Les demandes de commentaires adressées au bureau du Premier ministre et à Luk sont restées sans réponse, a indiqué la chaîne.

Depuis la première arrestation de Feldstein l’an dernier, le bureau de Netanyahu a changé plusieurs fois de position à son égard. Après s’être initialement distancé de lui, lorsque l’on a clairement vu que l’assistant était effectivement proche de Netanyahu, le bureau du Premier ministre a commencé à le qualifier de « patriote ».

Mais depuis qu’il a impliqué le Premier ministre et Urich, le bureau de ce dernier s’est à nouveau retourné contre lui, l’accusant de mentir et insistant sur le fait que le Premier ministre et ses autres collaborateurs n’étaient au courant d’aucune activité illicite.

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