La guerre à Gaza « ressemble fortement » à un génocide, selon une haute responsable de l’UE
La socialiste espagnole Teresa Ribera, vice-présidente de la Commission européenne, affirme que "la population est prise pour cible, tuée et condamnée à mourir de faim"
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BRUXELLES, Belgique – Une haute responsable de l’exécutif de l’Union européenne (UE) a déclaré que la guerre en cours dans la bande de Gaza « ressemble fortement » à un génocide, devenant ainsi la première commissaire à porter cette accusation et à rompre publiquement avec la position de l’institution sur le conflit.
« Si ce n’est pas un génocide, cela correspond fortement à la définition que l’on en donne », a affirmé Teresa Ribera, deuxième plus haut responsable de la Commission européenne, dans une interview publiée jeudi par Politico.
Israël a rejeté à plusieurs reprises les accusations de génocide ou d’autres crimes de guerre dans sa guerre contre le groupe terroriste du Hamas à Gaza, citant comme preuves ses efforts pour limiter les victimes civiles et faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire dans l’enclave.
La mission d’Israël auprès de l’UE n’a pas répondu à une demande de commentaire.
Ribera est la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, deuxième en ancienneté après la présidente Ursula von der Leyen. La socialiste espagnole, dont le portefeuille comprend les questions climatiques et antitrust, n’est pas responsable de la politique étrangère de l’UE.
« Ce que nous voyons, c’est une population bien précise qui est prise pour cible, tuée et condamnée à mourir de faim », a affirmé Ribera à Politico.
Ses déclarations vont plus loin que celles de la Commission européenne, qui a accusé Israël de violer les droits de l’homme à Gaza, mais s’est abstenue de l’accuser de génocide.
La semaine dernière, la Commission a proposé de suspendre la participation d’Israël à son programme phare de financement de la recherche, après que les États membres ont appelé à accroître la pression pour qu’Israël remédie à la crise humanitaire dans l’enclave.
Dans cette proposition, la Commission a déclaré qu’Israël avait violé une clause relative aux droits de l’homme figurant dans un accord qui régit ses relations avec l’UE.
« Avec son intervention dans la bande de Gaza et la catastrophe humanitaire qui s’ensuit, notamment les milliers de morts parmi les civils et l’augmentation rapide du nombre de cas de malnutrition extrême, en particulier chez les enfants, Israël viole les droits de l’homme et le droit humanitaire », indique le document.
Israël a rejeté les accusations de génocide, notamment une plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice de La Haye, que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifiée « de scandaleuse ».
Jérusalem a souligné ses efforts pour acheminer l’aide humanitaire et les vaccins à la population civile de Gaza, ainsi que les avertissements d’évacuation diffusés avant les principales opérations militaires. Il dénonce en outre la tactique du Hamas, qui se fond dans la population civile et mène ses combats depuis des zones habitées, y compris des maisons, des hôpitaux et des mosquées.
Israël a également insisté sur le fait qu’il n’y avait « pas de famine à Gaza » et qu’il n’avait aucunement l’intention de priver la population de nourriture, tout en reconnaissant la « difficulté » de la situation humanitaire. L’État hébreu a récemment annoncé plusieurs mesures pour l’atténuer, notamment des pauses quotidiennes de 10 heures dans les combats dans certaines zones, de nouveaux couloirs humanitaires et des largages aériens d’aide.
Le même jour, l’UE a indiqué que le nombre de camions d’aide entrant à Gaza était en hausse, mais restait inférieur au quota convenu avec Israël le mois dernier.
Selon un document consulté jeudi par Reuters, l’ONU et ses partenaires rapportent que 463 camions ont été déchargés aux points de passage vers Gaza entre le 29 juillet et le 4 août.
La guerre à Gaza a commencé lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël le 7 octobre 2023 pour y perpétrer un pogrom. Ils ont assassiné plus de 1 200 personnes, en majorité des civils, et ont kidnappé 251 personnes qu’ils ont emmenées en otages dans la bande de Gaza. Vingt otages seraient toujours en vie, 27 ont été confirmés morts et deux autres, pour lesquels Israël a exprimé sa « grave préoccupation », restent détenus. Le Hamas détient également la dépouille d’un soldat de Tsahal tué lors de l’opération Bordure protectrice en 2014.
Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont portées disparues dans les combats, mais ce bilan ne peut être vérifié et ne distingue pas entre civils et terroristes. Israël affirme avoir tué quelque 20 000 terroristes dans l’enclave depuis janvier 2024, ainsi que 1 600 autres terroristes à l’intérieur d’Israël lors de l’assaut du 7 octobre.
Le bilan israélien de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave s’élève à 459 morts, dont deux policiers et trois civils employés par le ministère de la Défense.
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