Ce qu’a dit Wendy Sherman sur les relations entre Israël et les États-Unis
Diplomate juive expérimentée, elle a affirmé que Washington est aussi responsable de ce qui s'est passé à Gaza - précisant ne pas pouvoir déterminer juridiquement si un "génocide" s'est produit
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Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Wendy Sherman, qui a occupé jusqu’à l’été 2023, les fonctions de secrétaire d’État adjointe pendant une grande partie du mandat de l’ancien président américain Joe Biden, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’être responsable d’un « génocide » à Gaza.
S’exprimant la semaine dernière dans le cadre de l’émission « The Mishal Husain Show » de Bloomberg, Sherman a indiqué que « je pense qu’il est essentiel qu’Israël reste un allié des États-Unis et qu’il est essentiel que nous protégions le droit à un État juif [d’exister] ». Sherman n’a pas utilisé le mot « sioniste ».
« Mais je crois également que le Premier ministre nous a engagés sur un chemin — et nous y avons pris part, en fait — qui a débouché sur un génocide à Gaza qui a déstabilisé le Moyen-Orient », a ajouté la diplomate.
Néanmoins, Sherman a semblé revenir sur cette accusation alors qu’il lui était demandé de donner des précisions sur ses dires.
« Je ne suis pas en mesure de faire une analyse juridique pour déterminer s’il s’agit d’un génocide au sens propre du terme. Mais il ne fait aucun doute que la bande de Gaza a été détruite. »
« Les Palestiniens méritent un foyer, ils méritent la dignité et la paix. Israël mérite la sécurité et la paix, c’est une évidence. Je défends avec ferveur Israël et le droit à un État juif, mais je ne suis pas favorable à la destruction d’une civilisation ou d’un peuple. Cela vaut autant pour les Palestiniens que pour les Iraniens, même si je trouve ce régime odieux », a commenté l’ancienne secrétaire d’État adjointe, qui avait contribué à négocier l’accord sur le programme nucléaire iranien de 2015 sous la présidence de Barack Obama.
Former U.S. Deputy Secretary of State under Joe Biden, Wendy Sherman:
I believe that Netanyahu has led us down a road, and we have been part of it.
That has, in essence, created a genocide in Gaza, that has destabilized the Middle East. pic.twitter.com/GSeOTwXGwV
— Clash Report (@clashreport) April 27, 2026
Israël affirme avec insistance mener ses combats dans le respect du droit international et le pays a rejeté les accusations de « génocide » et autres crimes de guerre dans sa campagne lancée contre le Hamas. L’État juif souligne les avertissements d’évacuation qui sont envoyés en amont des bombardements de Tsahal, les efforts qui ont été déployés pendant la majeure partie de la guerre pour rendre plus facile l’acheminement de l’aide humanitaire, ainsi que l’utilisation systématique de boucliers humains de la part du groupe terroriste au pouvoir au sein de l’enclave.
Si la majorité des responsables de l’administration Biden ont exprimé une grande frustration face à la gestion de la guerre par Israël à Gaza, ils se sont abstenus de porter des accusations de « génocide », qui n’a jamais été prouvée.
Les propos de Sherman ont mis en évidence un changement en cours au sein du parti démocrate, où ce type de rhétorique à l’égard d’Israël devient de plus en plus courant.
Sherman, qui est Juive, avait pris sa retraite du Département d’État à l’été 2023, plusieurs mois avant le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre, l’attaque sanglante qui avait été à l’origine de la guerre à Gaza.
Alors qu’il lui était demandé si les États-Unis auraient pu faire davantage pour freiner Israël, Sherman a expliqué, lors de l’émission diffusée sur Bloomberg, que les présidents des deux partis [démocrate et républicain] « n’ont pas pris par en charge le Moyen-Orient d’une manière susceptible d’avoir contribué à instaurer la stabilité et la paix ».
« De toute évidence, la guerre en Irak a été un désastre. Ensuite, Obama a tenté de négocier avec l’Iran — ce que Trump a réduit à néant. L’administration Biden aurait-elle pu faire davantage ?… Je suis sûre que oui. Avec le recul, chaque administration aurait pu faire plus », a-t-elle affirmé.
« La politique de notre pays a été très étroitement liée à nos relations avec Israël et ce, à de nombreux égards. C’est cornélien et c’est quelque chose auquel nous devons tous réfléchir », a-t-elle continué.
Kamala Harris, la vice-présidente de Biden, qui a récemment fustigé Netanyahu pour la guerre en Iran, avait failli accuser Israël de « génocide » l’année dernière.
Lors d’une interview qui avait été accordée au mois d’octobre, le journaliste lui avait demandé si elle allait utiliser ce terme pour décrire les actions d’Israël à Gaza — une question qui est de plus en plus devenue un examen de passage dans les cercles démocrates de plus en plus hostiles à Israël.
« Écoutez, c’est un terme juridique sur lequel un tribunal se prononcera », avait répondu Harris. « Mais j’ai envie de vous dire que quand on voit le nombre d’enfants qui ont été tués, le nombre de civils innocents qui ont été tués, le refus qui a été celui d’Israël d’apporter aide et soutien, nous devons tous prendre du recul, nous poser cette question et faire preuve d’honnêteté ».
Plusieurs députés américains – avec parmi eux le sénateur juif du Vermont Bernie Sanders, un progressiste indépendant anti-Israël, et l’ancienne représentante républicaine d’extrême droite de Géorgie Marjorie Taylor Greene anti-Israël – ont qualifié de « génocide » le comportement d’Israël à Gaza au cours des deux dernières années. Toutefois, cette accusation ne bénéficie guère de soutien majoritaire au Congrès.
la Communauté du Times of Israël !







