L’Arabie saoudite et les EAU « s’apprêtent » à rejoindre la lutte contre l’Iran – média
"Ce n'est qu'une question de temps" avant que les Saoudiens ne se joignent à la lutte contre l'Iran ; les pays du Golfe déplorent leur manque d'influence sur les décisions US, malgré leurs liens en matière de sécurité
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L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis s’apprêteraient à s’engager activement dans la lutte contre l’Iran, alors que la guerre au Moyen-Orient menace leurs économies.
D’après des informations publiées mardi par le Wall Street Journal, les États du Golfe « s’orientent peu à peu » vers un rôle plus actif, suite à l’autorisation accordée par Ryad aux forces américaines d’utiliser une base aérienne sur son territoire.
Citant une source proche de cette décision, le journal a indiqué qu’il ne s’agissait « que d’une question de temps » avant que l’Arabie saoudite n’entre en guerre. La semaine dernière, le ministre saoudien des Affaires étrangères a fait savoir que la patience de Ryad face aux attaques iraniennes « n’était pas illimitée ».
À l’approche de la guerre, Ryad s’est d’abord efforcé de rester en dehors de ce conflit imminent, refusant que son espace aérien soit utilisé par les forces américaines – sans que cela n’empêche l’Iran de lancer des missiles sur le royaume.
Après qu’Israël et les États-Unis ont déclenché les hostilités en attaquant l’Iran le 28 février, Téhéran a riposté – non seulement contre ses agresseurs, mais aussi contre l’ensemble des six pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) : Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Ces frappes répétées ont fait de nombreuses victimes en plus de perturber la production de pétrole et de gaz ainsi que le tourisme, deux piliers économiques essentiels pour la région.
L’Iran a également imposé un blocus de facto du détroit d’Ormuz, par lequel transitent habituellement 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, provoquant ainsi une flambée des prix du brut.
Désormais, après s’être initialement opposés à l’usage de la force, les États du Golfe font pression sur les États-Unis pour qu’ils poursuivent leurs frappes contre le régime. Ils souhaitent ainsi s’assurer que l’Iran sorte de cette guerre avec une puissance militaire suffisamment dégradée pour ne plus constituer une menace à leur égard, ont indiqué sous couvert d’anonymat quatre hauts responsables représentant différentes capitales du Golfe au Times of Israel, la semaine dernière.
À ce jour, ces pays n’ont eux-mêmes mené aucune attaque. Les dirigeants du Golfe redoutent en effet fortement de déclencher un conflit plus vaste et difficilement maîtrisable.
Par ailleurs, si les pays du Golfe nourrissent une colère commune envers l’Iran, ils sont également furieux de se voir incapables de peser sur les décisions de l’administration Trump en dépit de tous leurs investissements dans leurs relations avec Washington, ont expliqué mardi des responsables arabes au Journal.
Ces États avaient cru – à tort – avoir réussi à convaincre les États-Unis d’empêcher toute attaque contre les sites énergétiques iraniens, suite à une frappe israélienne sur des dépôts de carburant à Téhéran, a rapporté le Journal.
Mais la semaine dernière, Israël a de nouveau frappé le gisement gazier de South Pars, exposant les pays du Golfe à des attaques contre leurs principales installations énergétiques en représailles.
Le président américain Donald Trump a insisté sur le fait qu’il avait été tenu à l’écart de l’attaque israélienne contre ce gisement, contrairement aux déclarations de responsables israéliens selon lesquelles celle-ci avait été menée en coordination avec les États-Unis. Netanyahu, pour sa part, a affirmé qu’Israël avait « agi seul ».
Israël a lancé sa campagne contre l’Iran, conjointement avec les États-Unis, dans l’objectif de neutraliser les capacités militaires du régime iranien, d’écarter les menaces que pose l’Iran — en particulier ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, ainsi que son soutien à ses proxys terroristes dans la région —, et de « créer les conditions » favorables au renversement du régime par le peuple iranien, ont précisé des responsables militaires et d’autres dirigeants israéliens.
Jacob Magid et Reuters ont contribué à cet article.
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