L’attente du retour de l’otage Ran Gvili, « premier à aider », « dernier à rentrer »
Un "consensus" national veut que la seconde phase du cessez-le-feu ne débute qu'après le retour de Ran Gvili, insiste sa mère
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Talik et Itzik Gvili attendent toujours le retour de leur fils, dernier otage dont le corps reste à Gaza, qu’ils décrivent comme « le premier à aider » lors de l’attaque du 7 octobre 2023.
Un « consensus » national veut que la seconde phase du cessez-le-feu ne débute qu’après le retour de Ran Gvili, insiste sa mère, avocate de 55 ans, dans un entretien à l’AFP.
« Toutes les personnes à qui nous parlons nous répètent qu’elles ne passeront pas à la deuxième phase de l’accord tant qu’elles n’auront pas ramené Rani […] Nous espérons vraiment que c’est bien ce qui se passera », poursuit-elle.
« C’est la promesse qu’on nous a faite. Et j’ai aussi récemment compris que le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] avait donné une interview où il disait qu’ils n’avanceraient pas [vers la seconde phase du cessez-le-feu] tant que Rani ne reviendra pas », ajoute Mme Gvili.
Ran Gvili avait 24 ans lorsqu’il a été capturé pendant l’attaque sans précédent du Hamas le 7-Octobre, qui a déclenché la guerre à Gaza. Au total, 251 personnes avaient été enlevées ce jour-là.
Certains des otages ont été libérés dans diverses opérations, principalement au cours d’une précédente trêve entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Après l’entrée en vigueur de l’actuel cessez-le-feu, le 10 octobre sous pression américaine, les 20 derniers captifs encore en vie ont été remis à Israël, et 27 des 28 dernières dépouilles d’otages ont été rendues.
Selon les termes de l’accord de cessez-le-feu, la seconde phase de la trêve doit débuter après le retour de tous les otages, vivants et morts.
Netanyahu a rappelé dimanche que le Hamas devait encore restituer le corps de Ran Gvili, conformément à la première phase.
« Lueur d’espoir »
Ran Gvili, un sous-officier passionné de moto qui appartenait à l’unité d’élite Yassam de la police israélienne, dans la région désertique du Néguev, était en arrêt maladie le 7 octobre 2023, dans l’attente d’une opération à l’épaule.
En apprenant l’attaque en cours, il a décidé de sortir de chez lui avec son arme personnelle alors qu’il était en congé maladie pour subir une opération. Il a été enlevé après avoir été blessé dans des combats devant le kibboutz Alumim, près de la bande de Gaza.
Fin janvier 2024, les autorités israéliennes annoncent aux parents que le jeune policier n’a pas survécu à ses blessures.
Pourtant, plus de deux ans après l’enlèvement, le couple n’y croit pas tout à fait.
« C’est ce qu’ils disent, mais nous avons encore une toute petite lueur d’espoir, peut-être qu’il a été soigné, peut-être qu’il est encore vivant, et nous nous accrochons encore à ce miracle », confie son père, Itzik Gvili, 61 ans.
Dans le salon de leur maison de la petite ville de Meitar (sud), les parents enchaînent les entretiens avec la presse afin de « sensibiliser le monde » au sort de leur fils.
« Le premier à aider »
Des affiches arborant le visage de Ran Gvili sont visibles tout autour, aux rond-points et devant les villas, au bord du désert du Néguev. Sous le portrait d’un jeune homme en uniforme au regard doux, la mention « Héros d’Israël » accompagne son prénom.
« Ce qui s’est passé le 7-Octobre, c’est qu’il a couru pour aider, pour sauver des gens […] alors même qu’il était déjà blessé avant le 7-Octobre. Mais c’était Rani, courant toujours de l’avant, le premier à aider et le premier à se jeter dans l’action », décrit son père, vêtu d’un tee-shirt floqué d’une photo de son fils sur une moto de sport.
« Il s’est battu jusqu’à la dernière balle et ensuite il a été pris en otage », renchérit Mme Gvili.
Selon les témoignages des soldats et policiers présents sur place le 7-Octobre, Ran Gvili a combattu devant l’entrée du kibboutz Alumim, empêchant les terroristes de pénétrer dans le village, avant d’être blessé par balle.
« Il est parti le premier et revient le dernier », note Mme Gvili.
« D’une certaine manière, cela lui ressemble, d’être celui qui reste le dernier. Nous n’avons pas choisi d’être les derniers, mais quelqu’un doit l’être, et c’est tombé sur notre famille. »
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