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L’Australie reconnaîtra l’État palestinien, « la question est quand, pas si », dit un ministre

Alors que le Premier ministre Albanese temporise, son ministre des Finances évoque une reconnaissance inévitable ; il exclut tout rôle du Hamas

Le ministre australien des Finances, Jim Chalmers, assiste à une conférence de presse sur les taux d'intérêt au Parlement fédéral de Canberra, le 8 juillet 2025. (Crédit : DAVID GRAY / AFP)
Le ministre australien des Finances, Jim Chalmers, assiste à une conférence de presse sur les taux d'intérêt au Parlement fédéral de Canberra, le 8 juillet 2025. (Crédit : DAVID GRAY / AFP)

SYDNEY – Un ministre australien a affirmé jeudi que la reconnaissance d’un État palestinien par Canberra n’était qu’une question de temps, quelques jours à peine après la déclaration du Premier ministre Anthony Albanese excluant, pour l’heure, une telle reconnaissance.

« La question n’est pas de savoir si l’Australie reconnaîtra un État palestinien, mais quand… ceci dit, je ne veux pas fixer d’échéance », a déclaré le ministre des Finances Jim Chalmers à la chaîne publique ABC, précisant que le sort des otages et toute implication du groupe terroriste du Hamas dans un futur État palestinien restaient des obstacles majeurs pour l’Australie.

Albanese a lui-même indiqué jeudi avoir discuté de la crise à Gaza avec son homologue britannique, Keir Starmer, et réitéré le soutien de son gouvernement à une solution à deux États pour Israël et les Palestiniens.

Starmer a déclaré plus tôt cette semaine que la Grande-Bretagne envisageait de reconnaître un État palestinien en septembre, lors de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), à moins qu’Israël ne mette fin à la guerre à Gaza et ne s’engage sur la voie de la paix. Cette déclaration intervient alors que l’opinion publique britannique se montre de plus en plus critique face aux informations faisant état d’enfants mourant de faim dans l’enclave palestinienne. Israël dément l’existence d’une famine à Gaza et accuse les agences de l’ONU de ne pas distribuer l’aide humanitaire qui attend à la frontière.

Avant l’annonce de Starmer, la France avait elle aussi annoncé son intention de reconnaître un État palestinien à l’Assemblée générale, ce qui a suscité des spéculations sur une possible vague de reconnaissances. Le Canada a franchi le pas mercredi.

L’Australie n’a pas encore pris de décision officielle à ce sujet, bien qu’Albanese soutienne à la fois le droit d’Israël à exister à l’intérieur de frontières sûres et celui des Palestiniens à disposer de leur propre État.

Le Premier ministre australien Anthony Albanese lors d’une interview diffusée sur ABC le 27 juillet 2025. (Crédit : Capture d’écran/ABC)

Dans un communiqué, Albanese a indiqué qu’il s’était accordé avec Starmer sur la nécessité de tirer parti de la dynamique internationale pour parvenir à un cessez-le-feu, obtenir la libération de tous les otages détenus par le Hamas et accélérer l’acheminement de l’aide vers l’enclave dévastée.

Les deux dirigeants souhaitent également s’assurer que le Hamas, qui gouverne Gaza, ne joue aucun rôle dans un éventuel État palestinien. « Nous continuerons à défendre une position de principe, fidèle à notre engagement sans faille en faveur de la solution à deux États », a déclaré Albanese en conférence de presse.

« Dans l’immédiat, nous continuons d’appeler à un cessez-le-feu. Nous demandons la libération des otages. Nous affirmons que le Hamas ne peut avoir aucun rôle dans un futur État palestinien. Et nous appelons à ce que l’aide humanitaire soit autorisée à parvenir à la population de Gaza. »

Plus tôt cette semaine, Albanese avait estimé qu’Israël avait « clairement » violé le droit international au cours de la guerre à Gaza, tout en réaffirmant que l’Australie ne prévoyait pas, pour l’instant, de reconnaître un État palestinien.

Israël a critiqué la France, le Royaume-Uni et le Canada, estimant que leur décision revient à récompenser le Hamas pour son pogrom meurtrier du 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, au cours duquel les terroristes du groupe ont assassiner plus de 1 200 personnes, en majorité des civils, et en ont kidnappé 251 pour les emmener en otages dans la bande de Gaza, déclenchant la guerre en cours. 50 des otages sont encore aux mains des terroristes dans l’enclave, plus de la moitié d’entre eux sont présumés morts.

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