La France va reconnaître un Etat palestinien : réactions à l’international
Le secrétaire d'Etat américain a notamment dénoncé "un camouflet pour les victimes du 7 octobre", dont plus de 50 étaient françaises
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Fustigée par Israël comme une « récompense de la terreur » mais saluée à Ryad, voici les principales réactions internationales à la décision de la France de reconnaître l’Etat de Palestine en septembre à l’ONU.
« Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’Etat de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain », a annoncé jeudi le président français Emmanuel Macron.
Etats-Unis: « décision imprudente »
« Cette décision imprudente ne sert que la propagande du Hamas et fait reculer le processus de paix. C’est un camouflet pour les victimes du 7 octobre », a blâmé le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio.
Dans une série de tweets, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, s’est moqué de l’annonce faite par le président français.
« Quelle intelligence ! Si Macron peut simplement ‘déclarer’ l’existence d’un État, peut-être que le Royaume-Uni peut ‘déclarer’ la France colonie britannique ! », a-t-il écrit.
Huckabee a ensuite ironisé vendredi au sujet de la reconnaissance d’un Etat palestinien, en affirmant que celle-ci allait offrir la Côte d’Azur pour y accueillir le peuple palestinien.
« La ‘déclaration’ unilatérale de Macron concernant la création d’un État ‘palestinien’ ne précisait pas où celui-ci serait situé. Je peux désormais révéler en exclusivité que la France proposera la Côte d’Azur et que la nouvelle nation s’appellera +Franc-en-Stine+ », a posté l’ancien gouverneur républicain de l’Arkansas sur son compte X.
« Si la France est vraiment déterminée à voir naître un État palestinien, j’ai une suggestion à lui faire: qu’elle découpe une partie de la Côte d’Azur et crée un État palestinien », avait-il déjà lancé dans une interview accordée à Fox News fin mai.
En février, Donald Trump avait exprimé son souhait de transformer Gaza en « Riviera du Moyen-Orient », évoquant un déplacement de sa population pour reconstruire l’enclave ravagée par la guerre.
Hamas : « étape positive »
« Nous considérons cela comme une étape positive dans la bonne direction pour rendre justice à notre peuple palestinien opprimé et soutenir son droit légitime à l’autodétermination », a écrit le Hamas dans un communiqué, appelant « tous les pays du monde — surtout les nations européennes et celles qui n’ont pas encore reconnu l’Etat de Palestine — à suivre l’exemple de la France ».
Haut responsable palestinien: « établissement de notre Etat indépendant »
« Cette position reflète l’attachement de la France au droit international et son soutien aux droits du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement de notre Etat indépendant », a salué le vice-président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein al-Cheikh.
Pays du Golfe : « décision historique »
L’Arabie saoudite, le Qatar et le Koweït ont salué vendredi la décision du président françai, en appelant les autres pays à faire de même.
« Le Royaume salue cette décision historique qui réaffirme le consensus de la communauté internationale sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un Etat indépendant sur les frontières de 1967 », a écrit le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué.
Il a appelé les autres pays à prendre « des mesures positives similaires ».
Le Qatar, qui joue le rôle de médiateur entre Israël et le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas, a salué un « développement positif (…) qui contribuera à renforcer les chances d’une paix juste et globale dans la région ».
Le Koweït a également souligné « la nécessité pour tous les autres États de prendre des mesures similaires afin de trouver une solution juste et globale à la question palestinienne ».
« Le Royaume salue cette décision historique qui réaffirme le consensus de la communauté internationale sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un Etat indépendant sur les frontières de 1967 », a écrit le ministère saoudien des Affaires étrangères.
Ryad a également appelé les autres pays à prendre « des mesures positives similaires ».
Jordanie: « étape importante »
« Le Royaume apprécie la décision du président français, la considérant comme une étape importante dans la lutte contre les efforts visant à nier le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un Etat indépendant et souverain sur son sol national », a déclaré le ministère jordanien des Affaires étrangères.
Espagne: « seule solution »
« Ensemble, nous devons protéger ce que (Benjamin) Netanyahu essaie de détruire. La solution à deux Etats est la seule solution », a réagi le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
Irlande: « seule base durable »
Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Harris, a qualifié la décision de la France de « seule base durable pour la paix et la sécurité tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens ».
Allemagne : « pas de reconnaissance envisagée »
Le gouvernement allemand « n’envisage pas de reconnaître un Etat palestinien à court terme », a-il indiqué vendredi, un jour après l’annonce d’Emmanuel Macron de le faire en septembre à l’Onu.
Berlin « continue de considérer la reconnaissance d’un État palestinien comme l’une des dernières étapes vers la solution à deux États », précisé dans un communiqué le gouvernement allemand, rappelant que la sécurité d’Israël « revêt une importance primordiale » pour l’Allemagne.
Royaume-Uni : « priorité au cessez-le-feu »
Même si la Grande-Bretagne soutient la reconnaissance éventuelle d’un État palestinien, la priorité immédiate reste toutefois d’atténuer les souffrances subies à Gaza et d’obtenir un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, a déclaré un ministre britannique.
« Nous voulons un État palestinien, nous le souhaitons, et nous voulons nous assurer de l’existence de conditions permettant ce type de solution politique à long terme, avec la marge nécessaire à une évolution », a indiqué sur Sky News le ministre britannique de la science et de la technologie, Peter Kyle.
« Mais aujourd’hui, nous devons nous concentrer sur ce qui pourra soulager les souffrances extrêmes et injustifiées en cours à Gaza, qui doivent être notre priorité immédiate. »
Ces commentaires sont intervenus après que le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France avait l’intention de reconnaître un État palestinien en septembre, à l’Assemblée générale des Nations Unies, un projet qui a suscité de vives condamnations de la part d’Israël et des États-Unis.
Dans un communiqué publié hier, le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que la création d’un État constituait un « droit inaliénable du peuple palestinien », renouvelant son appel à un cessez-le-feu, étape nécessaire vers la concrétisation d’une solution à deux États.
Italie : « L’État de Palestine doit également reconnaître Israël »
La reconnaissance d’un État palestinien doit se faire simultanément avec la reconnaissance d’Israël par la nouvelle entité, a déclaré le ministre italien des Affaires étrangères, au lendemain de l’annonce de la France.
« Un État palestinien qui ne reconnaît pas Israël signifie que le problème ne sera pas résolu », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani lors d’une réunion de son parti conservateur Forza Italia à Rome.
Brésil : une décision qui « contribue à répondre aux aspirations de paix dans la région »
Le gouvernement brésilien « salue l’annonce » de la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine et « exhorte toutes les autres nations à ne pas l’avoir encore fait » à prendre la même décision, a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères.
« La reconnaissance de l’État palestinien par un nombre croissant de pays (…) contribue à répondre aux aspirations de paix dans la région, de liberté et d’autodétermination du peuple palestinien », a ajouté le ministère dans un communiqué.
Le Brésil reconnaît l’Etat de Palestine depuis 2010 et prône la « solution à deux Etats » dans le conflit israélo-palestinien.
Le président brésilien de gauche, Luiz Inácio Lula da Silva, accuse Israël de « génocide » dans la bande de Gaza.
Le gouvernement brésilien a annoncé cette semaine vouloir prochainement s’associer à la procédure intentée devant la Cour internationale de justice (CIJ) par l’Afrique du Sud, qui accuse Israël de commettre un « génocide » dans la bande de Gaza.
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