Le Green Party britannique va voter une motion déclarant que « le sionisme est du racisme »
Le chef du parti a affirmé qu’il soutiendra la motion, qui appelle au démantèlement d'Israël, si elle est amendée pour laisser ouverte la possibilité d’une solution à deux États
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Le Green Party britannique, une faction d’extrême gauche, devrait se prononcer dimanche sur une motion controversée qui a été intitulée « Le sionisme, c’est du racisme » et qui appelle de fait à la disparition d’Israël en tant qu’État juif.
Le vote doit avoir lieu lors du congrès semestriel du parti qui se tient actuellement à Brighton et qui est notamment chargé de définir la ligne officielle du parti sur la question d’Israël.
D’anciens dirigeants de la formation politique ont estimé que cette motion était « une source de division » et « une erreur ».
Elle décrit le sionisme – qui est généralement défini comme le soutien à l’autodétermination juive sur la terre d’Israël – comme un soutien apporté à « un État juif ethnonationaliste » et elle propose que le parti s’engage à soutenir « un État palestinien démocratique unique sur l’ensemble de la Palestine historique ».
Vendredi, lors de son discours prononcé à l’occasion de la conférence, le chef du Green Party, Zack Polanski — qui est lui-même Juif — s’est attribué le mérite d’avoir poussé le parti Travailliste au pouvoir davantage vers la gauche et d’avoir obtenu l’imposition de sanctions à l’encontre des implantations israéliennes en Cisjordanie.
Polanski a également appelé à l’abandon des poursuites à l’encontre des membres du groupe Palestine Action – une organisation qui a été interdite après avoir été inscrite sur la liste noire des groupes terroristes après une intrusion sur la base de Brize Norton de la Royal Air Force au mois de juin 2025, au cours de laquelle des militants avaient endommagé deux avions militaires.
« Nous parlons désormais d’une seule voix pour dire : abandonnez les poursuites. Mettez fin au génocide. Levez l’interdiction de Palestine Action », s’est-il exclamé.
Toutefois, son discours n’a pas abordé la motion anti-sioniste. Mais il a par la suite expliqué à la BBC qu’il ne soutiendrait la motion que si elle était modifiée – notamment en laissant ouverte la possibilité d’une solution à deux États.
Il souhaite également que la proposition soit amendée de manière à garantir qu’elle ne soit pas discriminatoire à l’égard des membres juifs du parti qui fréquentent des synagogues sionistes.
Alors qu’il lui était demandé, à la BBC, si la motion appelait à la destruction d’Israël, Polanski a semblé acquiescer, déclarant : « C’est la raison pour laquelle je réclame un amendement. »
Polanski a ajouté qu’il souhaitait un amendement soutenant « un règlement durable garantissant l’égalité des droits pour tous », qui soit « élaboré et déterminé par les Palestiniens eux-mêmes ».
« Je ne pense pas que ce soit à nous, en tant que Green Party d’Angleterre et du Pays de Galles, ni même au gouvernement britannique, de décider à quoi ressemblera le futur accord », a-t-il continué.
Polanski s’est toutefois abstenu d’affirmer explicitement qu’Israël avait le droit d’exister, se contentant de dire : « Je crois que les peuples ont le droit d’exister ».
Pressé de s’expliquer à nouveau, il a déclaré : « Les Israéliens ont le droit d’exister, tout comme les Palestiniens ».
Polanski a également confié à la BBC qu’il souhaitait se concentrer sur ce que le parti pouvait « concrètement faire pour changer les choses », précisant qu’ils mèneraient une campagne visant à mettre un terme aux ventes d’armes à Israël et au partage de renseignements.
Alors qu’il lui était demandé s’il considérait que le sionisme était une forme de racisme, Polanski a répondu que cela dépendait de la définition donnée à ce terme.
« Si par sionisme, vous entendez le déplacement du peuple palestinien, alors c’est clairement raciste, et je le dis en tant que dirigeant juif d’un parti politique britannique », a-t-il déclaré.
Polanski a fait de la politique anti-israélienne et pro-palestinienne un élément central du programme de son parti. Il se concentre actuellement sur sa campagne en vue d’une élection législative partielle prévue le 8 octobre, qui servira à pourvoir un siège laissé vacant par Keir Starmer, l’ancien Premier ministre Travailliste, qui a démissionné le 1er septembre.
Cette initiative a entraîné l’opposition d’anciens dirigeants du parti.
« Je pense qu’il n’y a pas de définition unique du sionisme et, quelles que soient les intentions de ceux qui ont déposé cette motion, je pense qu’il y a un risque réel qu’elle soit source de division et qu’elle puisse être perçue comme un signe que les Juifs ne sont pas les bienvenus au sein du parti », a commenté l’ancienne dirigeante Caroline Lucas à la BBC.
Le Guardian a rapporté jeudi que Lubna Speitan, co-auteure de la motion, avait rejeté les amendements.
Le journal a également indiqué que Speitan était membre d’un groupe appelé « Verts pour la Palestine », qui n’était pas officiellement affilié au parti.
Néanmoins, ce groupe a mené campagne, ces derniers mois, pour inciter ses membres à adhérer au Green Party dans le but précis de faire adopter la motion.
Selon The Guardian, Speitan et les « Verts pour la Palestine » entretiennent des liens avec un groupe appelé « Mouvement anti-sioniste » (AZM), un mouvement plus radical et plus militant qui appelle au démantèlement du « soi-disant État juif », ainsi qu’à la disparition des « organisations sionistes » au Royaume-Uni et ailleurs.
Les membres juifs du Green Party, qui se désignent eux-mêmes sous le nom de « Juifs verts », ont fait savoir qu’ils ne prendraient pas position sur ce vote, diffusant les résultats d’un sondage réalisé auprès des membres juifs du parti qui a révélé qu’environ la moitié d’entre eux craignaient que, si la motion était adoptée, cela ne renforce les discriminations à l’encontre des membres juifs.
« La question de savoir si l’adoption de la motion risquerait d’accroître les discriminations à l’égard des Juifs au sein du Green Party a révélé une nette division des opinions, 53 % des personnes interrogées étant d’accord avec cette affirmation et 47 % en désaccord », a indiqué l’enquête d’opinion.
Elle a également établi que la majorité des plus de 100 membres interrogés se décrivaient comme antisionistes, mais elle a noté qu’environ 20 % étaient sionistes.
Selon The Guardian, des membres juifs du Green Party ont déclaré en privé qu’ils ne pourraient peut-être pas rester au sein de la formation politique si la motion était adoptée.
Polanski est la figure juive la plus en vue parmi les détracteurs d’Israël dans la politique britannique traditionnelle. Il a appelé à mettre fin à toutes les ventes d’armes, aux échanges commerciaux et aux relations diplomatiques avec Israël, et il a dénoncé Starmer pour sa complicité dans ce qu’il a qualifié de « génocide très manifeste à Gaza ».
Israël rejette avec véhémence les accusations de génocide dans la guerre de Gaza, un conflit qui avait été déclenché par le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
Israël a affirmé que les soldats se sont efforçés de minimiser les pertes civiles et le pays a souligné que le Hamas utilisait les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des habitations, des hôpitaux, des écoles ou des mosquées.
Le Royaume-Uni a connu une hausse significative de l’antisémitisme depuis le début de la guerre, ainsi que des actions anti-israéliennes.
La police métropolitaine de Londres a appelé, dans la journée de vendredi, un groupe de militants anti-israéliens à ne pas organiser de manifestation dans la ville mercredi, jour du troisième anniversaire de l’attaque meurtrière qui avait été commise sur le sol israélien, le 7-Octobre.
« Pour de nombreuses personnes, dans notre ville, ce sera un jour de deuil, un jour de recueillement, et nous savons qu’un certain nombre de veillées sont prévues », a dit le commissaire adjoint adjoint James Harman lors d’une conférence de presse. « De graves inquiétudes ont été exprimées s’agissant de l’impact de cette marche sur les étudiants et sur les personnels – en particulier ceux qui sont Juifs – quant à son itinéraire et à la date à laquelle elle se tiendra ».
« Réfléchissez à l’impact et à la détresse que cela causera en cette journée très importante, et exercez votre droit de manifester à une autre date », a-t-il déclaré.
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