Starmer exclut de démissionner après le revers du Labour aux élections locales
Le parti du Premier ministre perd plus de 100 sièges et au moins cinq conseils locaux ; Nigel Farage évoque un "changement historique" en politique britannique
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Le Parti travailliste du Premier ministre britannique Keir Starmer semblait subir de lourdes pertes vendredi matin, à mesure que les résultats des élections locales étaient publiés à travers le pays, tandis que le parti d’extrême droite Reform UK réalisait une percée et que les Verts, formation d’extrême gauche et anti-Israël, gagnaient également du terrain.
La majorité des résultats du scrutin de jeudi devraient être définitivement rendus publics samedi. Mais dès vendredi matin, il a été annoncé que le Labour avait perdu cinq conseils locaux qui avaient terminé leur dépouillement des bulletins – sur 25 – et plus de cent sièges au total.
Le parti anti-immigration Reform, de son côté, a remporté près de 200 sièges.
Les Verts affichaient des gains plus modestes dans la matinée de vendredi. Ils avaient remporté 12 sièges à 5 heures du matin, heure locale, a fait savoir The Telegraph.
Les pertes du Parti travailliste vont accentuer les pressions exercées sur le Premier ministre Keir Starmer, déjà en difficulté, et mettre particulièrement en évidence la montée en puissance des partis d’extrême droite et des partis populistes de gauche – tous deux accusés d’antisémitisme et de sectarisme à un moment où les Juifs du Royaume-Uni sont de plus en plus menacés.
Ce résultat pourrait amplifier les contestations internes visant Starmer, 63 ans, même si le Premier ministre a exclu vendredi toute démission.
Interrogé par les médias britanniques vendredi matin, le Premier ministre a toutefois affirmé qu’il ne démissionnerait pas et qu’il entendait rester à la tête du Parti travailliste jusqu’aux prochaines élections générales, prévues en 2029.
« Je ne vais pas abandonner », a-t-il assuré aux médias britanniques.
« La situation est à peu près aussi mauvaise que ce à quoi tout le monde s’attendait pour le Parti travailliste, voire pire », a commenté John Curtice, le sondeur le plus respecté de Grande-Bretagne.
Ces élections au sein des 136 conseils locaux de l’Angleterre, ainsi que le scrutin concernant les membres des parlements décentralisés d’Écosse et du Pays de Galles, constituent le test le plus significatif de l’opinion publique avant les prochaines élections générales prévues en 2029.
Reform UK, dirigé par Nigel Farage, et les Verts, menés par Zack Polanski, un Juif qui se qualifie lui-même « d’éco-populiste », devraient être les bénéficiaires de cette désillusion généralisée.
Farage a salué les résultats préliminaires, affirmant que les résultats du scrutin « dépassent tout ce qu’il a imaginé ».
« Je pense que vous êtes en train d’assister à un changement historique dans la politique britannique. Oubliez la gauche et la droite, il n’y a plus de gauche ni de droite. C’est fini, c’est du passé, c’est terminé », a-t-il dit aux journalistes, selon The Telegraph.
Le Parti des Verts a fait un bond dans les récents sondages, son chef ayant axé une grande partie de sa campagne sur l’opposition à Israël, accusant Starmer d’être à la solde des « sionistes ».
La semaine dernière, Polanski a essuyé une vague de critiques – il s’est ensuite excusé – après avoir partagé un message sur le réseau social X où il critiquait la police pour la manière dont elle avait maîtrisé un agresseur qui venait de poignarder et de blesser gravement deux hommes juifs lors d’une attaque antisémite à Londres.
Cette semaine, les médias britanniques ont signalé que le parti des Verts enquêtait sur plus de 30 candidats aux conseils locaux pour antisémitisme présumé, dont au moins dix qui avaient minimisé ou justifié les actes de violence à l’encontre des Juifs.
Si la formation a annoncé que certains candidats avaient d’ores et déjà été suspendus, elle a minimisé le problème en affirmant que ces membres ne représentaient qu’une petite minorité.
Le chef de la police métropolitaine de Londres a déclaré dimanche que les Juifs britanniques étaient confrontés à la plus grande menace de leur histoire, qu’il a qualifiée « d’épidémie » d’antisémitisme.
Parmi d’autres incidents survenus ces derniers mois – en plus de la dernière agression au couteau –, deux synagogues et un ancien lieu de culte juif ont été la cible d’incendies criminels, et quatre ambulances appartenant à une organisation caritative juive ont été brûlées.
Des groupes de veille ont constaté une recrudescence des incidents antisémites en Grande-Bretagne, en particulier depuis le début de la guerre à Gaza, une guerre qui avait été déclenchée par le pogrom commis par le Hamas en Israël, le 7 octobre 2023.
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