Le Liban accuse Israël d’avoir pulvérisé des herbicides dans les zones frontalières
Des images ont également montré des avions israéliens pulvérisant une substance au-dessus du sud de la Syrie ; l'armée n'a pas réagi
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Le Liban a accusé mercredi Israël d’avoir pulvérisé des herbicides du côté libanais de la frontière que partagent les deux pays, le président Joseph Aoun dénonçant un « crime contre l’environnement ».
La zone de la frontière est densément végétalisée – ce qui, selon les responsables militaires israéliens, pose un défi aux forces armées. Ce débroussaillage a pu viser à aider Tsahal à repérer les terroristes qui tentent de s’infiltrer en Israël ou à mener des attaques dans le secteur.
Des images ont également montré des avions agricoles israéliens pulvérisant des substances au-dessus du sud de la Syrie à au moins trois reprises, la semaine dernière.
Israël n’a fait aucun commentaire concernant cette utilisation présumée d’herbicides au Liban et en Syrie.
Après avoir prélevé des échantillons à la suite des récentes pulvérisations, les ministères libanais de l’Agriculture et de l’Environnement ont fait savoir que certains d’entre eux présentaient des concentrations de glyphosate « 20 à 30 fois supérieures à la moyenne ».
Dans une déclaration commune, les ministères ont exprimé leurs inquiétudes concernant « les dommages causés à la production agricole » et à la fertilité des sols. Aoun a dénoncé ces pulvérisations en évoquant une « violation flagrante de la souveraineté libanaise et un crime commis à l’encontre de l’environnement et de la santé ».
Le glyphosate est un herbicide qui est couramment utilisé. En 2015, l’Organisation mondiale de la santé a classé le glyphosate dans une large catégorie de substances et d’activités considérées comme « probablement cancérigènes pour l’homme », au même titre que la viande rouge, le talc et le travail de nuit.
#Syria: this morning, an Israeli agricultural plane was filmed spraying a substance over farmland in the center of #Quneitra province.
This is the 3rd such spraying in less than a week. https://t.co/fsB4Xhlyt0 pic.twitter.com/bT3O4tW6dU
— Qalaat Al Mudiq (@QalaatAlMudiq) January 30, 2026
Le ministère libanais des Affaires étrangères a annoncé qu’il avait l’intention de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies.
Lundi, la Force intérimaire des Nations unies au Liban a noté que Tsahal avait largué une « substance chimique inconnue » au-dessus de zones proches de la Ligne bleue, retardant les activités des observateurs de neuf heures.
La FINUL a ajouté avoir été informée par les militaires israéliens qu’ils « mèneraient une opération aérienne consistant à larguer, selon eux, une substance chimique non toxique au-dessus des secteurs proches de la Ligne bleue ».
« L’armée israélienne a expliqué que les soldats de la paix devaient rester à l’écart et se mettre à l’abri, les obligeant à annuler plus d’une dizaine d’activités », a déploré la force d’observation.
« Les Casques bleus n’ont pas pu faire leurs opérations habituelles à proximité de la Ligne bleue sur environ un tiers de sa longueur et ils n’ont pu reprendre leurs activités normales qu’après plus de neuf heures », a précisé la FINUL, qui a dit que ses observateurs avaient également aidé l’armée libanaise à « prélever des échantillons afin de tester leur toxicité ».
« Ces activités ont été inacceptables et contraires à la résolution 1701 », a ajouté la FINUL, faisant référence à une résolution de l’ONU qui avait été adoptée après la guerre de 2006 qui avait opposé Israël au groupe terroriste libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran.
« Les actions délibérées et planifiées de l’armée israélienne ont non seulement limité la capacité des soldats de la paix à mener à bien les activités qui leur ont été confiées, mais elles ont également mis en danger leur santé et celle des civils », a continué la FINUL. « Elles ont également suscité des inquiétudes quant aux effets de ce produit chimique inconnu sur les terres agricoles locales et à son impact potentiel à long terme sur le retour des civils dans leurs foyers et sur la reprise de leurs activités ».
Plus d’un an après la conclusion d’un cessez-le-feu, au mois de novembre 2024, qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah, les zones frontalières du Liban restent en grande partie désertes, et Israël continue de mener régulièrement des frappes aériennes dans le sud.
En 2024, des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des soldats israéliens utilisant un trébuchet pour lancer des engins incendiaires sur le Liban, afin de provoquer des incendies de l’autre côté de la frontière, dans le cadre de tentatives visant à défricher la végétation.
la Communauté du Times of Israël !







