Les firmes aériennes US relancent la concurrence sur la ligne vers New York, mais les tarifs ne baisseront pas de sitôt
Delta et United font leur retour après la guerre en Iran, et Israir s’apprête à lancer sa liaison vers New York ; toutefois, les prix pourraient continuer à fluctuer tant que les craintes de guerre seront encore présentes
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Le nombre de vols directs entre Tel Aviv et New York devrait considérablement augmenter dans les semaines à venir, avec le retour des compagnies aériennes américaines après plus de six mois d’absence du tarmac de l’aéroport Ben Gurion et au moment où une troisième compagnie aérienne israélienne s’apprête, elle aussi, à desservir cette ligne très prisée d’ici quelques mois.
Mais si le retour de Delta Air Lines et d’United Airlines, ainsi que l’arrivée d’Israir, apporteront des places et des options de vol dont le marché a actuellement grand besoin, les voyageurs qui sont aujourd’hui aux prises avec un prix des billets élevé ne devraient pas voir de réelle amélioration sur ce plan avant le mois de novembre au plus tôt, affirment les experts.
« Les prix ne redeviendront compétitifs que quand le tourisme qui entre dans le pays aura retrouvé son niveau d’avant le 7 octobre 2023, date du début de la guerre », commente Mark Feldman, le président directeur général de l’agence de voyage Ziontours Jerusalem.
Au cours des six derniers mois – et pendant de longues périodes depuis que le pogrom perpétré par le Hamas, au mois d’octobre 2023, a plongé la région dans le chaos – les liaisons directes entre l’aéroport Ben Gurion et les États-Unis sont restés l’apanage d’El Al, le transporteur national israélien, et de son concurrent local plus modeste, Arkia, qui avait commencé à proposer des vols vers New York au début de l’année 2025.
Dimanche, Delta fera son retour en Israël en assurant un vol quotidien sans escale entre l’aéroport JFK de New York et Ben Gurion. Deux jours plus tard, c’est United qui devrait reprendre ses liaisons entre Tel Aviv et l’aéroport de Newark, dans le New Jersey. Israir, qui n’a pas encore annoncé la date de lancement de ce même service, ne devrait commencer à vendre ses billets que le mois prochain.
La reprise des vols par les deux compagnies américaines interviendra juste à temps pour le Nouvel An juif et pour la fête de Souccot – une période très prisée des Israéliens pour voyager – et pour les élections nationales qui auront lieu à la fin du mois d’octobre, un scrutin qui est susceptible d’attirer des expatriés qui veulent voter. Selon Gil Hahn, le président directeur général d’Eshet Tours, les prix ne devraient commencer à baisser que lorsque la demande aura sensiblement diminué.
« Nous nous attendons à voir l’impact sur les tarifs à partir du mois de novembre, après les élections et après la fin de la haute saison estivale et des vacances », dit Hahn. « La combinaison de la baisse saisonnière de la demande et de l’augmentation significative des capacités pourrait créer des opportunités et des tarifs sur les liaisons en direction des États-Unis que nous n’avons plus connus depuis un certain temps ».
Même dans ce cas, la majorité s’attend toutefois à ce que la forte volatilité des tarifs persiste jusqu’à ce que la situation géopolitique permette au nombre de touristes de se stabiliser – ce qui créera ainsi un équilibre entre une demande suffisante et une offre compétitive.
« Les prix ne reviendront pas à la normale tant que le marché américain des voyages vers Israël n’aura pas repris — ce qui n’a pas été le cas pour [Souccot], et les chrétiens n’ont pas encore commencé à réserver pour Noël », fait remarquer Feldman au cours d’un entretien accordé au Times of Israel. « Nous commençons à susciter de l’intérêt, mais il y a encore beaucoup d’appréhension ».
Delta et United avaient figuré parmi les dizaines de compagnies aériennes étrangères qui avaient suspendu leurs liaisons vers Tel Aviv lorsque le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran avait éclaté. Un grand nombre de ces firmes n’ont toujours pas repris leurs vols.
C’est notamment le cas d’Air Canada, qui ne reprendra ses liaisons qu’à la mi-janvier au plus tôt, et d’American Airlines, qui a reporté son retour en Israël à la fin du mois de mars – sous réserve de l’évolution de la situation sécuritaire.
L’exode massif des transporteurs aériens étrangers, exode qui avait laissé ce marché entre les mains d’El Al et de ses rivaux locaux bien plus modestes, avait suivi une période difficile : pendant déjà deux ans et demi, ces firmes avaient déjà suspendu leurs services en Israël à plusieurs reprises en réponse à des tirs de missiles et à d’autres flambées de violence, au moment où l’État juif combattait le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban et le régime iranien.
Pendant cette période trouble, El Al, Arkia et Israir ont souvent été accusées de tirer profit de l’absence de concurrence, en maintenant des prix exorbitants pour alimenter des bénéfices en forte hausse.
« Le retour des compagnies aériennes américaines à l’aéroport Ben Gurion est une excellente nouvelle pour les voyageurs israéliens », s’exclame Gil Hahn, PDG d’Eshet Tours. « Après une longue période durant laquelle la capacité des vols vers les États-Unis est restée limitée avec des tarifs qui sont restés élevés, leur retour, en plus de l’augmentation de la capacité des transporteurs israéliens, devrait accroître considérablement le nombre de places disponibles et rétablir la concurrence sur ces liaisons ».
Au cours du premier semestre, les États-Unis ont été la deuxième destination la plus prisée pour les vols directs au départ de Ben Gurion, après la Grèce, selon les données de l’Autorité des aéroports d’Israël.
Toutefois, malgré l’augmentation des capacités, les tarifs pour les billets pendant la période des fêtes juives – elle débute le 11 septembre – restent extrêmement élevés, oscillant généralement entre 3 000 et 4 000 dollars pour un aller-retour.
Pour le mois d’octobre, les prix devraient baisser à environ 1 400 dollars sur El Al ou Arkia et à environ 1 900 dollars sur Delta ou United, selon Asaf Greenberg, directeur marketing de l’agence de voyage en ligne lastminute.co.il. Si Israir n’a pas encore communiqué les tarifs pour cette nouvelle liaison, ses prix devraient globalement s’aligner sur ceux des transporteurs israéliens.
« De ce que nous constatons aujourd’hui, l’augmentation des capacités, sur les vols directs, améliore la disponibilité, mais les tarifs restent élevés et volatils », dit Greenberg. « Si les tarifs élevés influencent clairement les choix des consommateurs, les dernières données ne laissent pas pour autant croire que la demande vers New York serait en train de disparaître ».
« Au contraire, les réservations se sont renforcées malgré les prix », ajoute-t-il.
Feldman affirme que les prix pratiqués par les compagnies américaines se maintiennent à un niveau élevé en octobre dans la mesure où les firmes ne proposent que des sièges en classe premium, apparemment pour compenser la baisse de la demande.
« Nous nous réjouissons vivement du retour de United et de Delta, et nous serions bien plus reconnaissants si, en particulier, United mettait à disposition des sièges dans les classes tarifaires inférieures, ce que la firme ne fait pas et ce même si on constate, sur les plans de cabine, que ses avions ne sont pas pleins », explique-t-il.
Les compagnies aériennes israéliennes continuent de dominer la demande sur la liaison Tel Aviv-New York, selon les données de lastminute.co.il.
Actuellement, El Al et Arkia représentent 67 % de l’ensemble des recherches « Tel Aviv–New York » sur le site de cette agence de voyage en ligne. Delta et United représentent à elles deux environ 6 % du total des recherches. Les vols d’El Al et d’Arkia représentent 52 % des réservations sur cette liaison sur lastminute.co.il.
Neta Gafni, la directrice marketing d’Ophir Tours, fait remarquer que les craintes persistantes liées à la guerre rendent probablement les consommateurs réticents à l’idée d’acheter des billets auprès de compagnies étrangères, en raison du risque accru d’annulation.
« La situation liée à la guerre est imprévisible : un jour, le président Donald Trump menace de riposter en frappant l’Iran alors que les tensions s’intensifient, et le lendemain, il fait marche arrière, tandis que les avions américains restent cloués à l’aéroport », explique Gafni. « Dans ce contexte, les gens ont encore peur de réserver un vol auprès de compagnies aériennes étrangères ou américaines ».
Avant le 7 octobre, les vols entre Israël et les États-Unis descendaient régulièrement en-dessous de 1 000 dollars.
Selon Hahn, les tarifs de United pour les vols – et ce jusqu’à la fin de l’année – resteront supérieurs à 1 900 dollars, tandis que ceux d’El Al, d’Arkia et de Delta oscilleront entre 1 350 et 1 400 dollars pour les voyages prévus à la mi-novembre.
A la fin du mois de décembre, lorsque les pèlerins chrétiens et les vacanciers de la saison hivernale commenceront peut-être à remplir les avions, les prix descendront jusqu’à 945 dollars chez Delta, et même El Al passera sous la barre des 1 200 dollars.
« Les Israéliens occupent 80 % de tous les avions, tandis que les voyageurs étrangers ne représentent que 20 % », explique Feldman. « Tant que ce rapport ne reviendra pas à 50/50 ou à 60/40, il n’y aura pas de tarifs compétitifs ».
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