Les visites de la Croix-Rouge aux détenus palestiniens sont une « menace sécuritaire » – chef des prisons
Une députée d'Otzma Yehudit a dit que l'organisation humanitaire était "antisémite", dénonçant un deux poids, deux mesures au vu du traitement réservé aux otages qui se trouvent à Gaza
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Les responsables des services des prisons ont réaffirmé mardi leur interdiction générale des visites de la Croix-Rouge aux détenus palestiniens qui sont incarcérés dans les prisons israéliennes. Ils ont répété une nouvelle fois aux députés de la Knesset que l’accès de l’organisation humanitaire aux cellules, dans les établissements pénitentiaires, constituait une menace pour la sécurité nationale.
Israël avait suspendu les visites effectuées par les travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge auprès des prisonniers palestiniens dans le sillage du pogrom perpétré par le Hamas, le 7 octobre 2023, et l’État juif avait cessé de transmettre des informations sur les détenus à l’organisation.
« L’entrée de la Croix-Rouge dans les prisons est susceptible de nuire à la sécurité des prisons et, par conséquent, est susceptible de porter atteinte à la sécurité nationale », a dit Netanel Shimson, le chef du département antiterroriste des services pénitentiaires israéliens, devant la commission de la Sécurité nationale au sein du Parlement.
Représentant l’agence, Shimson a mis en garde contre le fait d’autoriser l’accès « d’acteurs étrangers » dans les prisons, affirmant que « cela augmente le risque de transmission de messages négatifs ». Il a également laissé entendre que de telles visites pourraient mettre en danger les gardiens et les surveillants en augmentant les tensions à l’intérieur des prisons, entraînant d’éventuelles émeutes. Il n’a pas donné plus de détails.
L’interdiction générale qui avait été imposée par l’administration pénitentiaire avait suscité de vives réactions de la part des groupes de défense des droits humains en Israël, qui ont depuis soumis une requête à la Haute Cour de justice pour demander à l’État de déclarer cette politique illégale au regard des Conventions de Genève.
Le dossier est actuellement en cours d’examen devant les juges, même si l’État n’a pas encore présenté son positionnement concernant la requête et qu’il a demandé à plusieurs reprises de pouvoir reporter sa réponse.
Le Hamas a refusé d’accorder à la Croix-Rouge l’accès aux otages israéliens qu’il détient à Gaza. L’incapacité de l’organisation internationale à arriver jusqu’aux captifs a amené de nombreux groupes juifs et israéliens à accuser la Croix Rouge de ne pas avoir fait suffisamment d’efforts, d’adopter une attitude inéquitable qui trouverait racine dans un parti pris anti-israélien.
Alors que les responsables des services pénitentiaires discutaient des risques potentiels posés par ces visites, la majorité des députés siégeant au sein de la commission se sont concentrés sur ces inégalités dans le traitement des prisonniers palestiniens et dans le traitement des otages.
« L’organisation de la Croix-Rouge est une organisation antisémite », a déclaré Limor Son Har-Melech, députée élue sous l’étiquette Otzma Yehudit, ajoutant qu’elle « agit de manière déséquilibrée envers nos otages ».
Le président de la commission, Zvika Fogel, membre du même parti, a promis de faire tout ce qui était en son pouvoir pour que la Croix-Rouge rende visite aux otages détenus par des groupes terroristes à Gaza.
« Jusqu’à ce que cela se produise, je me tiendrai aux portes des prisons et je les empêcherai de s’y rendre », a-t-il affirmé.
« Nous devons agir comme un État qui a du cran. Le cabinet doit prendre une décision : pas de visites de la Croix-Rouge tant que nous n’aurons pas reçu d’informations sur nos otages ».
L’organisation, qui affirme devoir rester neutre pour pouvoir mener des opérations dans les zones de guerre, avait facilité la libération d’otages israéliens et étrangers à Gaza au mois de novembre 2023, puis à nouveau au mois de janvier et au mois de février 2025.
Le député sioniste Hatzionout HaDatit Zvi Sukkot a dit, pour sa part, qu’Israël « doit agir comme le fait l’ennemi » et bafouer le droit international tant que le Hamas continuera de le faire. « Nous devons être plus impitoyables que ceux qui viennent nous assassiner. Ce n’est qu’alors que la paix viendra », a-t-il assuré.
De son côté, Yizhar Lifshitz, le fils de l’otage assassiné Oded Lifshitz, a mis en garde contre un traitement trop sévère des prisonniers palestiniens, craignant qu’il ne se répercute sur les otages. Il s’est opposé à Sukkot, insistant sur le fait qu’Israël risquait de perdre ses valeurs s’il se comportait comme le groupe terroriste.
« Les otages sont le reflet des prisonniers. Lorsque vous dites que vous traitez les prisonniers avec sévérité, cela signifie seulement davantage de tortures pour les otages », a-t-il averti.
La seule députée qui a plaidé en faveur du rétablissement des droits de visite des responsables de la Croix-Rouge a été Aida Touma-Suleiman, du parti Hadash-Taal.
« Ces derniers temps, ce gouvernement a bafoué de manière très grossière les lois et les traités sur lesquels il s’est engagé. Beaucoup de choses se passent à l’intérieur des prisons, et ce n’est pas sans raison que la Haute Cour a rendu un jugement concernant les conditions de détention des prisonniers », a-t-elle fait remarquer, faisant référence à une décision récente qui a déterminé que l’État ne nourrissait pas suffisamment les détenus palestiniens.
Elle a, de plus, indiqué qu’il était « exagéré et absurde » de reprocher à la Croix-Rouge de ne pas avoir réussi à persuader le Hamas d’autoriser ses représentants à rendre visite aux otages.
la Communauté du Times of Israël !







