L’Iran aurait déjà renvoyé quelque 600 détenus dans la prison d’Evin – NYT
Ils auraient été transférés dans des quartiers nouvellement construits de la prison ciblée par une frappe israélienne en juin; un prisonnier parle d'un "cachot sombre"
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Les autorités iraniennes ont commencé à renvoyer des centaines de détenus dans la prison d’Evin, qui a été gravement endommagée lors d’une frappe aérienne israélienne durant la guerre de douze jours qui a opposé Jérusalem et Téhéran en juin, selon un article publié samedi dans le New York Times.
Située dans le nord de Téhéran, cette prison est connue pour abriter des prisonniers politiques et des étrangers dans des conditions épouvantables. Le 23 juin, l’avant-dernier jour de la guerre, elle a été visée par une frappe qui aurait fait 71 morts, selon les autorités de la République islamique.
Selon le New York Times, quelque 600 prisonniers ont récemment été ramenés dans l’enceinte de la prison après la remise en état des zones endommagées, mais un détenu a dénoncé les nouveaux quartiers comme étant des « cachots sombres » qui ne répondent pas aux « conditions minimales indispensables à la vie humaine ».
« Selon la réglementation iranienne, les prisonniers ne doivent en aucun cas être détenus dans des conditions où les services élémentaires, tels que les soins médicaux ou l’hygiène, ne sont pas disponibles – cela constitue une violation », a déclaré Me Saeid Dehghan, grand avocat qui représente des prisonniers iraniens, au New York Times.
Selon une déclaration conjointe publiée par plusieurs détenus, plusieurs d’entre eux ont refusé d’être menottés et enchaînés lors de leur transfert vers la prison et ont été violemment passés à tabac par les gardiens.
Parmi les détenus brutalisés se trouvait Mostafa Tajzadeh, 68 ans, ancien vice-ministre de l’Intérieur, dont l’épouse, Fakhri Mohtashamipour, a déclaré avoir été surprise par l’ampleur des dégâts causés à la prison par l’attaque israélienne.
« L’étendue des dégâts est importante et très préoccupante », a-t-elle poursuivi.
« Les prisonniers de ces quartiers n’ont toujours pas accès à leurs effets personnels, ce qui crée un sentiment de déplacement temporaire, comme s’ils avaient été transférés à la hâte dans ces quartiers à peine fonctionnels. »
La semaine dernière, Human Rights Watch (HRW) a affirmé que l’attaque israélienne contre la prison constituait « un crime de guerre manifeste », tout en accusant Téhéran d’avoir blessé et fait disparaître des prisonniers après la frappe.
L’organisation non gouvernementale de défense des droits de l’homme a estimé que cette attaque était « illégale et aveugle » et qu’il n’existait aucune preuve d’un avertissement préalable ou de la présence d’une cible militaire avant la frappe du complexe pénitentiaire qui abrite environ 1 500 prisonniers.
« Pour aggraver encore la situation, les forces israéliennes ont mis en danger la vie de prisonniers qui étaient déjà victimes de la répression brutale des autorités iraniennes », a déclaré Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient de HRW.
HRW a également déclaré que les prisonniers avaient été victimes de « mauvais traitements et de violences » lors de leur transfert hors de la prison à la suite de l’attaque et pendant leur retour. L’ONG affirme que certains prisonniers ont disparu, notamment le médecin suédo-iranien Ahmadreza Djalali, qui risque d’être exécuté. Elle a également déclaré que l’Iran avait refusé de lui fournir toute information sur le sort de ce dernier.
La guerre de douze jours entre Israël et l’Iran avait débuté le 13 juin par le lancement de l’Opération « Rising Lion » en Iran.
Israël affirme que son opération de grande envergure contre les principaux dirigeants du du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, ainsi que les scientifiques nucléaires, les sites d’enrichissement d’uranium et le programme de missiles balistiques, était nécessaire pour empêcher la République islamique, qui a juré de détruire l’État juif, de se rapprocher de la fabrication d’armes atomiques.
La République islamique a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Elle a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et a renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques. Israël a averti que Téhéran avait récemment pris des mesures en vue de militariser ce programme.
L’Iran avait riposté aux frappes israéliennes en lançant plus de 500 missiles balistiques et environ 1 100 drones en direction d’Israël.
Selon les autorités sanitaires, ces attaques ont fait 31 morts et plus de 3 000 blessés en Israël.
La plupart de ces projectiles ont été interceptés, mais au moins 36 missiles balistiques ont touché des zones peuplées et un drone a frappé, endommageant 2 305 habitations dans 240 bâtiments et privant plus de 13 000 Israéliens de leur logement.
Les missiles ont également endommagé des infrastructures critiques, notamment une centrale électrique dans le sud d’Israël et une raffinerie de pétrole à Haïfa. L’armée israélienne a par ailleurs reconnu que quelques missiles avaient touché des sites militaires.
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