Netanyahu attendu au Caire pour signer un accord gazier de plusieurs milliards de dollars
Selon une source américaine haut placée, des responsables israéliens collaborent avec des diplomates américains à la préparation de la première visite officielle du Premier ministre en Égypte depuis 15 ans
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Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévu de se rendre au Caire pour y signer un accord d’une valeur de plusieurs milliards de dollars visant à fournir du gaz naturel à l’Égypte, a appris le Times of Israel.
Une source diplomatique américaine haut placée, proche des préparatifs, a confirmé les détails de cette initiative au Times of Israel, précisant que les responsables israéliens ont travaillé ces derniers jours sur ce projet de visite avec des diplomates américains de haut rang.
Netanyahu devrait rencontrer le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi. Selon la source, le Premier ministre souhaite présenter cette visite comme un événement historique, et cherche également à remporter un succès diplomatique et médiatique majeur avant les élections en Israël, détournant ainsi l’attention des questions controversées de politique intérieure.
« Nous n’avons pas connaissance de cette affaire », a annoncé le cabinet du Premier ministre au Times of Israel.
Ces dernières semaines, certaines informations ont indiqué que les États-Unis cherchaient à organiser un sommet trilatéral entre le président américain Donald Trump, Netanyahu et Sissi à l’occasion de la visite du Premier ministre en Floride, prévue à la fin du mois. Netanyahu, dans le sillage de la conclusion de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, a été invité par Sissi à se rendre, en compagnie du président américain Donald Trump, de Jérusalem à Charm el-Cheikh, pour le sommet, le 13 octobre, dans le cadre d’une invitation de dernière minute négociée par Trump. Netanyahu avait toutefois refusé le voyage, invoquant la fête de Simhat Torah.
Selon des informations transmises au Times of Israel, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, dirige les efforts visant à organiser le sommet espéré au Caire. Leiter a assumé le rôle de principal intermédiaire de Netanyahu avec Washington et avec les États arabes, notamment la Syrie et le Liban, après la démission le mois dernier de l’ancien ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer.
Netanyahu s’est rendu deux fois en Égypte dans le passé, sous le règne de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak. Sa dernière visite officielle avait eu lieu en janvier 2011, il y a 15 ans. Ses autres déplacements sont demeurés confidentiels.
Les relations entre Israël et l’Égypte sont tendues depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023. Durant deux ans, il n’y a eu aucun contact diplomatique entre Le Caire et Jérusalem – à l’exception d’une coordination continue en matière de sécurité, notamment entre les services de renseignement égyptiens et israéliens sur la question des otages.
Ces derniers mois, des différends ont également éclaté au sujet de la gestion du poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, de la question de l’accueil des réfugiés de l’enclave côtière, ainsi que de la participation potentielle de l’Égypte à la force internationale de stabilisation prévue pour Gaza. Plus récemment, les relations se sont encore tendues, en raison de tentatives de contrebande depuis l’Égypte vers Israël à l’aide de drones.
L’accord sur le gaz reste complexe, en dépit des incitations économiques évidentes pour les deux parties. Il s’agit d’un accord à long terme d’une valeur de 35 milliards de dollars. Mais le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, a fait part de sa crainte que ces exportations n’épuisent les réserves de gaz naturel d’Israël et ne nuisent à la sécurité énergétique nationale, retardant la transaction.
« Je ne laisserai pas Netanyahu signer un accord tant que tous les détails n’auront pas été réglés, notamment les désaccords en matière de sécurité que nous avons avec les Égyptiens », a récemment affirmé Cohen au Times of Israel.
Netanyahu, pour sa part, verrait dans cette transaction une occasion de démontrer sa capacité à renforcer et élargir les accords de paix conclus par Israël avec ses pays voisins après la guerre. Ce marché lui permettrait également de faire valoir que cet accord va dans le sens de sa vision de longue date, qui consiste à tirer parti des ressources gazières d’Israël pour garantir des revenus publics à long terme.
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