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La Maison Blanche pousserait Netanyahu à rencontrer l’égyptien Al-Sissi

Les États-Unis poussent Israël à signer un accord gazier majeur avec Le Caire afin de "créer une paix plus chaleureuse", tout en encourageant Jérusalem à offrir des incitations économiques à ses potentiels alliés

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche), rencontre le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi (à droite) en marge de l'Assemblée générale de l'ONU le 27 septembre 2018. (Crédit : Avi Ohayon / PMO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche), rencontre le président égyptien Abdel-Fattah al-Sissi (à droite) en marge de l'Assemblée générale de l'ONU le 27 septembre 2018. (Crédit : Avi Ohayon / PMO)

La Maison Blanche chercherait à organiser un sommet entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi, espérant ainsi créer un rapprochement entre les deux pays sur la base d’intérêts économiques communs.

Selon un article qui a été publié sur le site d’information Axios dans la journée de dimanche, l’administration Trump s’efforce d’inciter Israël à conclure des accords avec plusieurs pays de la région – notamment avec la Syrie, le Liban et l’Arabie saoudite. Washington considérerait une amélioration des relations avec l’Égypte comme point de départ réalisable.

Si Jérusalem et le Caire entretiennent officiellement des relations diplomatiques – l’Égypte a également tenu un rôle d’intermédiaire déterminant dans les négociations qui ont mené au cessez-le-feu à Gaza – les relations entre les deux hauts-responsables sont glaciales. Al-Sissi a évité de parler à Netanyahu tout au long du conflit à Gaza, et les deux hommes ne se sont pas rencontrés en public depuis 2017.

Dans le sillage de l’accord de cessez-le-feu qui avait été conclu au mois d’octobre, mettant un terme à deux ans de conflit contre le Hamas dans la bande, Netanyahu avait été invité par le président américain Donald Trump à se joindre à lui lors d’un sommet qui était organisé à Charm el-Cheikh. Il avait toutefois décliné cette invitation à la dernière minute, invoquant la fête de Simhat Torah.

Selon Axios, qui a repris les propos tenus par une source israélienne, ce « revirement » de la part du Premier ministre israélien « a été très mal accueilli par Sissi ».

L’article a fait remarquer que Jared Kushner, conseiller et gendre de Trump, a recommandé à Israël d’offrir des incitations économiques à ses potentiels alliés potentiels au lieu de « se contenter de parler en permanence de l’Iran ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (deuxième à partir de la droite) et le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer (à droite) avec le conseiller de la Maison Blanche, Jared Kushner (deuxième à partir de la gauche) et le conseiller américain Aryeh Lightstone (à gauche), à Jérusalem, le 10 novembre 2025. (Haim Zach/GPO)

« Jared a dit à Bibi qu’Israël devait développer sa diplomatie économique et impliquer le secteur privé dans le processus de paix. Il a expliqué que quand les Qataris, les Saoudiens ou les Émiratis venaient à Washington, ils étaient accompagnés de délégations commerciales, car ils s’intéressent avant tout aux potentiels accords », a confié un responsable américain au site d’information Axios.

Afin de pousser Sissi à prendre part à une telle réunion, Israël devra faire une série de concessions à l’Égypte – avec notamment la signature d’un accord gazier stratégique entre les deux pays, selon l’article.

« C’est une énorme opportunité pour Israël. Les ventes de gaz à l’Égypte entraîneront une interdépendance, elles rapprocheront les deux pays, elles instaureront une paix plus chaleureuse et elles préviendront la guerre », a déclaré un officiel américain au site d’information.

Au mois d’octobre, le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, avait annulé à la dernière minute une visite prévue en Israël, après que le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, eut refusé de signer un accord massif d’exportation de gaz qui avait été récemment conclu entre Jérusalem et Le Caire.

Au mois d’août, le gisement israélien de Leviathan avait signé un accord de 35 milliards de dollars portant sur l’exportation de gaz naturel vers l’Égypte – c’était le plus important accord d’exportation de toute l’histoire d’Israël. Mais le bureau de Cohen avait indiqué, au mois d’octobre, qu’il n’approuverait pas l’accord tant que « des prix équitables n’auraient pas été convenus pour le marché israélien », ajoutant que l’administration Trump avait exercé des pressions importantes sur Israël pour que l’État juif valide l’accord.

Une source israélienne a confié à Axios que « des querelles politiques internes » bloquaient la finalisation de l’accord et que Netanyahu souhaitait signer l’accord à l’occasion d’une rencontre publique avec Sissi, en Égypte.

Plateforme de gaz Leviathan au large des côtes d’Israël. (Crédit : Albatros)

La source a ajouté que Netanyahu avait mis en place une équipe qui est dorénavant chargée d’élaborer un ensemble de mesures d’incitations qui seront proposées à Sissi avant la réunion.

Les États-Unis espèrent qu’une rencontre chaleureuse entre les hauts-responsables israéliens et égyptiens permettra d’entamer des pourparlers de rapprochement avec d’autres puissances régionales, en s’appuyant sur le plan de paix en 20 points de Trump qui a visé à mettre un terme à la guerre à Gaza.

« Ce que nous avons dit à Bibi, c’est qu’il doit transformer tout cela en paix chaleureuse, qu’il devra ensuite travailler de concert avec l’Égypte pour apaiser les tensions dans la région. Et si cela fonctionne avec l’Égypte, nous pourrons ensuite faire la même chose avec la Syrie, le Liban et l’Arabie saoudite », a dit le responsable américain.

Sous l’impulsion des États-Unis, les responsables israéliens et libanais ont tenu une réunion historique la semaine dernière à Naqoura, au Liban, que le bureau de Netanyahu a qualifiée de « première tentative visant à jeter les bases d’une relation et d’une coopération économique entre Israël et le Liban ».

La Maison Blanche a également exercé des pressions sur Israël pour qu’il parvienne à un accord avec les nouveaux dirigeants syriens et qu’il relance les pourparlers de normalisation avec l’Arabie saoudite, qui sont au point mort, même si des obstacles majeurs s’opposent à ces deux efforts.

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