Ilana Gritzewsky : la « lâcheté politique » met en danger les otages
Relatant les abus qu'elle a subis, l'ex-captive explique à la commission de la Knesset avoir été traitée comme une "chose" à Gaza, et exhorte à la fin de la guerre
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Relatant les abus qu’elle a subis alors qu’elle était prisonnière du Hamas, l’otage libérée Ilana Gritzewsky a exhorté lundi les députés à faire preuve de « courage » en signant un accord qui libérerait les otages restants et mettrait fin à la guerre à Gaza.
S’exprimant durant une audience sur les crimes sexuels commis par le Hamas devant une sous-commission en charge de la politique étrangère et de la diplomatie publique de la Knesset, Gritzewsky, 31 ans, a évoqué des souvenirs choquants de sa captivité, expliquant que « des actes abominables » étaient « gravés dans [son] corps ».
Gritzewsky a été prise en otage avec son compagnon, Matan Zangauker. Ce dernier, présumé vivant, est toujours détenu par le Hamas. Elle a été relâchée durant le cessez-le-feu de novembre 2023.
« Je suis restée en captivité pendant 55 jours. Cinquante-cinq jours d’enfer, qu’aucun mot ne peut décrire, une douleur sans fin, une chute sans fond, une peur qui vous consume de l’intérieur », a-t-elle raconté dans un témoignage émouvant. « Je me souviens de l’arme contre ma tête, je me souviens qu’ils riaient en me tirant et en me traînant par les cheveux, je me souviens de leurs mains sales, qui m’ont volé tout ce que j’étais. »
« Je suis devenue leur chose. Je suis devenue une captive qu’ils pouvaient venir toucher, me dire qu’ils allaient m’épouser, me laisser en sous-vêtements et en soutien-gorge quand ils le voulaient », a-t-elle poursuivi.
Cette audience de lundi est intervenue au lendemain de la publication d’un rapport, la semaine dernière, par un groupe appelé le Projet Dinah. Ce rapport a défini un cadre permettant de poursuivre les terroristes du Hamas pour avoir utilisé la violence sexuelle comme arme de guerre. Trois des co-auteurs du rapport ont également pris la parole, aux côtés de Gritzewsky.
Gritzewsky, tout comme Einav, la mère de Zangauker, est devenue l’une des plus virulentes défenseuses des otages détenus par le Hamas. Elle s’était déjà exprimée au sujet des mauvais traitements subis durant sa captivité. Dans une interview accordée au New York Times en mars, elle a expliqué qu’après avoir été prise en otage, elle s’était réveillée à moitié nue, entourée d’hommes armés.
Dans son témoignage, Gritzewsky a fustigé les groupes internationaux de défense des droits des femmes ainsi que d’autres organisations humanitaires pour ne pas avoir « élevé la voix » au sujet des crimes sexuels commis par le Hamas.
Mais la plupart de ses déclarations visaient à exhorter les députés israéliens à signer un accord qui mettrait fin à la guerre et libérerait les 50 otages israéliens restants, dont au moins 20 seraient en vie. Le président américain Donald Trump a appelé à plusieurs reprises à la conclusion d’un accord pour terminer la guerre, mais les négociations en cours au Qatar n’ont à ce jour pas abouti.
Gritzewsky, qui a quitté le Mexique pour l’État juif à l’adolescence, a souligné qu’elle était venue en Israël en partie à cause de la « simple promesse [du pays] que si vous tombez, quelqu’un viendra vous relever ; que si vous êtes enlevé, quelqu’un vous ramènera ». Et d’ajouter que les députés n’avaient pas tenu cette promesse.
« Je ne demande pas votre pitié, je veux que vous preniez vos responsabilités », a-t-elle martelé. « Il ne s’agit pas de diplomatie complexe, il s’agit de la responsabilité fondamentale d’un gouvernement envers ses citoyens, et cette inaction est une véritable honte. »
Gritzewsky s’est ensuite adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu et aux autres membres de la Knesset.
« C’est à vous d’expliquer aux familles des otages – à leurs enfants, à leurs parents, à leurs conjoints – pourquoi ils sont toujours là-bas, pourquoi l’accord n’a pas été signé, pourquoi votre lâcheté politique vole la vie de vraies personnes », a-t-elle annoncé. « On se souviendra de vous non pas pour vos discours mais pour vos actes. Parfois, conclure un accord demande plus de courage que de poursuivre une guerre. »
Elle a également appelé à la fin de la guerre, ajoutant que la conclusion d’un accord signifierait aussi qu’Israël n’aurait plus à « sacrifier » ses soldats.
« Ils ont aussi des familles, qui méritent de les voir rentrer à la maison », a-t-elle poursuivi. « Il existe un moyen de sauver tous les soldats et tous les otages. C’est l’accord qui est sur la table. Assez avec tous ces sacrifices. »
Gritzewsky avait tenu un discours similaire la semaine dernière, lors de la présentation du rapport du projet Dinah à la Première dame Michal Herzog. Ce rapport rassemble et catégorise les preuves des crimes sexuels commis par le Hamas au cours de l’invasion d’Israël le 7 octobre 2023 et ultérieurement. Il affirme en outre que la responsabilité pénale collective de cette violence sexuelle devrait s’étendre à toutes les personnes ayant participé à l’attaque.
la Communauté du Times of Israël !







