Shas menace à nouveau de bloquer le gouvernement sur la loi sur l’enrôlement
Une décision aurait été prise en coordination avec Yahadout HaTorah, alors que la querelle sur la loi d'exemption des hommes haredi de Tsahal revient au 1er plan
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Selon des informations publiées dimanche, le parti ultra-orthodoxe Shas menace à nouveau de quitter le gouvernement, alors que la fin de la session d’été de la Knesset approche sans qu’aucun progrès vers une exemption du service militaire obligatoire pour les hommes haredi n’ait été constaté.
La chaîne publique Kan a rapporté une dernière tentative d’amadouer le gouvernement afin qu’il adopte le projet de loi controversé, alors même que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rencontré le député du Likud Yuli Edelstein, président de la Commission des Affaires étrangères et de la défense de la Knesset, pour s’entretenir au sujet de cette loi.
Edelstein, en tant que président de la Commission, a longtemps bloqué l’adoption d’un projet de loi soutenu par le gouvernement qui consacrait l’exemption générale du service de Tsahal pour les Haredim. Il a toutefois accepté, le mois dernier, d’assouplir certaines des sanctions incluses dans son projet de loi, dans un accord de dernière minute avec le Shas et le parti haredi Yahadout HaTorah, afin de les empêcher de voter en faveur d’un texte soutenu par l’opposition visant à dissoudre la Knesset et à convoquer des élections anticipées.
La nouvelle version édulcorée du projet de loi d’Edelstein n’a toutefois pas abouti, et a été retirée de l’ordre du jour de la Commission pour la semaine prochaine. Les partis haredi ont donc, de nouveau, manifesté leur impatience.
La chaîne publique Kan a ainsi fait savoir que le président du Shas, Aryeh Deri, avait demandé aux responsables du parti de se préparer à démissionner du gouvernement dans les prochains jours, ainsi qu’à rejoindre l’opposition.
Selon ces informations, cette décision a été prise en coordination avec Yahadout HaTorah. Les deux partis prévoient de quitter simultanément le gouvernement.
Une telle décision laisserait la coalition de Netanyahu, forte de 67 personnes, perdre soudainement sa majorité à la Knesset, qui comporte 120 sièges. Néanmoins, le Shas et Yahadout HaTorah, qui à eux deux détiennent 18 sièges à la Knesset, n’ont pour le moment pas l’intention de renverser le gouvernement.
Au lieu de cela, les deux partis ont prévu de soutenir le gouvernement, tout en continuant à faire pression pour obtenir la promulgation de la loi devenue la pierre angulaire de leur politique durant cette dernière année, depuis que la Haute Cour de justice a décidé que le cadre juridique justifiant la pratique de longue date d’exemption générale du service militaire pour les étudiants en yeshiva avait disparu.
Si cette manoeuvre s’avérait également infructueuse et en l’absence de progrès sur le projet de loi, alors le Shas et Yahadout HaTorah s’engageront en faveur de la dissolution du gouvernement, a indiqué la chaîne publique Kan.
Les partis haredi ont régulièrement posé des menaces et des ultimatums similaires au cours des dernières années, des déclarations à ce jour jamais suivies d’actions.
Netanyahu, dans une tentative d’étouffer cette dernière crise déclenchée par ses partenaires de coalition, aurait rencontré Edelstein dimanche soir. Selon la Treizième chaîne, avant la réunion, Netanyahu a promis aux partis haredi de demander à Edelstein un rapport sur l’avancement de la question.
La nouvelle version du projet de loi devait être soumise au vote de la Commission des Affaires étrangères et de la défense la semaine prochaine, mais a été supprimée de l’ordre du jour. Une source proche du dossier a déclaré au Times of Israel que ce retrait de l’ordre du jour était dû à « des désaccords de dernière minute ».
La suppression du projet de loi de l’ordre du jour de la Commission cette semaine cause un nouveau retard dans l’avancement du texte, moins de deux semaines avant la fin de la session d’été de la Knesset, le 27 juillet. Le parlement ne se réunira de nouveau qu’à la fin du mois d’octobre.
Les menaces du Shas marquent un retour aux tensions qui existaient au sein de la coalition avant la guerre israélo-iranienne du mois dernier. Les partis haredi menaçaient alors de renverser le gouvernement en raison des retards dans l’avancement de la loi controversée.
Edelstein s’était depuis longtemps engagé à faire passer la loi dans sa Commission si le texte prévoyait des sanctions contre les hommes ultra-orthodoxes qui déserteraient. Le mois dernier, il a toutefois semblé reculer sur certaines de ses exigences, dans le cadre d’un ultime effort pour empêcher les Haredim de voter pour un projet de loi visant à dissoudre la Knesset.
Après être parvenus à un accord de principe sur les termes du compromis d’Edelstein afin d’éviter cette crise, les partis ultra-orthodoxes ont annoncé le 12 juin que « des accords ont été conclus concernant les principes de la loi préservant le statut des étudiants en yeshiva« , ajoutant que « quelques jours supplémentaires » étaient nécessaires pour « achever la version finale » du projet de loi.
Mais le lendemain, Israël a lancé une série de frappes aériennes contre le programme nucléaire iranien, déclenchant une guerre de 12 jours et retardant toute discussion sur le projet de loi à la Knesset. Edelstein et Deri, ainsi que Moshe Gafni, du parti Yahadut HaTorah, auraient également été informés à l’avance des frappes, des informations qui semblent avoir contribué à leur volonté de parvenir à un compromis.
la Communauté du Times of Israël !







