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Smotrich promet de l’aide à la high-tech frappée par l’envolée du shekel

Face aux licenciements et aux risques de délocalisation, le gouvernement prépare des mesures pour soutenir les firmes technologiques confrontées à la hausse des coûts

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich devant la Knesset, le 28 janvier 2026. Illustration (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich devant la Knesset, le 28 janvier 2026. Illustration (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Depuis plusieurs semaines, les exportateurs et industriels du secteur technologique alertent sur le fait que la forte appréciation du shekel fait peser un risque sérieux sur l’un des principaux moteurs de croissance de l’économie israélienne, accentuant la pression sur le gouvernement pour qu’il intervienne.

S’exprimant mercredi lors d’une séance plénière de la Knesset, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé qu’un ensemble de mesures devrait être dévoilé dans les prochains jours afin d’aider les start-ups et les entreprises technologiques israéliennes à faire face aux conséquences de l’appréciation du shekel, qui réduit leur compétitivité et renchérit le coût de leurs activités en Israël.

« La vigueur du shekel reflète la solidité de l’économie israélienne, soutenue par un afflux de capitaux étrangers non seulement sur les marchés financiers, mais aussi dans les secteurs traditionnels, la haute technologie et l’industrie de la défense », a déclaré Smotrich. « Le problème réside dans la rapidité de cette appréciation. »

« Les entreprises ont besoin de temps pour s’adapter à la vigueur du shekel, qui constitue selon nous la nouvelle normalité de l’économie israélienne », a ajouté le ministre.

Au cours des douze derniers mois, le shekel, qui a récemment atteint son plus haut niveau depuis 33 ans, s’est apprécié d’environ 20 % face au dollar, malgré une économie mise à rude épreuve par les campagnes militaires en Iran, au Liban et à Gaza.

Cette appréciation a été alimentée par l’amélioration des perspectives géopolitiques, par la faiblesse du dollar à l’échelle mondiale ainsi que par les importantes entrées de capitaux étrangers dans les entreprises israéliennes.

Dans le même temps, la vigueur du shekel a entraîné un renchérissement des coûts d’exploitation, contraignant les exportateurs technologiques et les start-ups à envisager des licenciements massifs, des recrutements à l’étranger ou encore la délocalisation de centres de recherche et développement hors d’Israël, ce qui alimente les inquiétudes concernant la croissance future du secteur.

Alon Ben Zur, président de l’Association israélienne des hautes technologies et directeur général de Bynet Data Communications. (Crédit : Autorisation)

Le secteur technologique a contribué à près de la moitié de la croissance économique israélienne en 2025, tandis que sa contribution au PIB a atteint un niveau record de 18,3 %, consolidant son statut de pilier majeur de l’économie nationale.

Les entreprises technologiques israéliennes, les industriels traditionnels et les multinationales réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires à l’étranger et sont rémunérés en dollars. En revanche, les salaires, les charges d’exploitation, les impôts et la plupart des autres dépenses sont libellés en shekels, ce qui a considérablement augmenté leurs coûts.

« Au cours des dix dernières années, les ingénieurs israéliens coûtaient généralement entre 10 % et 15 % de moins que leurs homologues américains, ce qui a largement contribué au succès du secteur technologique israélien », a confié au Times of Israel Assaf Patir, économiste en chef de l’Institut RISE Israel.

« Si le shekel reste durablement à ces niveaux, les ingénieurs israéliens dans les secteurs technologique et logiciel continueront d’être plus coûteux que leurs homologues étrangers et nous risquons alors de ne plus avoir de secteur technologique local », a-t-il averti.

« Le gouvernement doit prendre ce risque au sérieux et mettre en place au minimum des mesures temporaires afin d’éviter l’effondrement du secteur technologique israélien. »

Smotrich a indiqué que son ministère finalisait actuellement un plan destiné à aider les start-ups en manque de liquidités ainsi que les entreprises plus matures en phase d’expansion à surmonter les difficultés financières liées à la vigueur du shekel, à limiter les suppressions d’emplois en Israël et à éviter les délocalisations vers des marchés plus compétitifs.

Alon Ben Zur, président de l’Association israélienne des hautes technologies au sein de l’Association des industriels d’Israël, a estimé qu’après plusieurs mois d’efforts, les autorités semblaient enfin prendre conscience des dommages considérables causés à l’industrie technologique locale par le niveau du taux de change shekel-dollar.

« Si nous voulons continuer à bénéficier des retombées des licornes et des start-ups israéliennes, nous devons les soutenir, car elles constituent un moteur économique majeur qui génère des recettes fiscales considérables pour l’État d’Israël », a déclaré Ben Zur, également directeur général de Bynet Data Communications.

« Les décisions d’investissement reposent largement sur les anticipations. Le calendrier de ce plan est donc crucial, car il envoie un signal positif aux entreprises israéliennes comme aux multinationales, en leur montrant que des mesures sont prises, même si elles sont temporaires. »

« Nous espérons que ce plan ne s’enlisera pas en raison de retards ou d’une mise en œuvre insuffisante. Dans le cas contraire, les dommages pourraient être considérables et irréversibles, car de nombreuses entreprises commencent déjà à délocaliser une partie de leurs activités hors d’Israël », a-t-il averti.

Un shekel et un billet de cent dollars américains, le 13 avril 2026. Illustration (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Smotrich a indiqué que le ministère travaillait actuellement sur deux programmes d’aide, sans toutefois fournir de détails concernant leur ampleur budgétaire ou leur coût.

Le premier programme viserait principalement les start-ups et prévoirait l’octroi de subventions de transition par l’intermédiaire de dispositifs gérés par l’Autorité israélienne de l’innovation, sur le modèle des aides qui avaient été mises en place pendant la pandémie du COVID-19.

Ces subventions viseraient à aider les jeunes entreprises confrontées à une réduction brutale de leur horizon de trésorerie. En raison de l’évolution rapide du taux de change, de nombreuses start-ups dont les activités sont financées par des investisseurs étrangers voient leurs réserves de trésorerie libellées en dollars s’épuiser bien plus rapidement que prévu.

« L’objectif est d’accorder des financements relais permettant aux start-ups de traverser cette période difficile », a expliqué Ben Zur. « Parfois, quelques mois suffisent à déterminer si une start-up survivra ou disparaîtra. »

Un dispositif similaire est également prévu pour les entreprises technologiques plus matures, dont les besoins de financement sont différents.

Assaf Patir, économiste en chef de l’Institut RISE Israel. (Crédit : Micha Loubaton)

Smotrich a indiqué que le gouvernement craignait particulièrement de voir les conseils d’administration de groupes étrangers décider de transférer leurs activités israéliennes ou de créer de nouveaux centres de recherche et développement à l’étranger en raison de la hausse des coûts salariaux en Israël.

« Le principal défi concerne les multinationales », a déclaré Smotrich. « Nous étudions actuellement plusieurs mécanismes et mesures incitatives destinés à encourager les multinationales à développer leurs activités en Israël plutôt qu’ailleurs. »

Les pistes actuellement à l’étude portent sur les investissements, la fiscalité et d’autres instruments de politique économique.

L’une des mesures envisagées permettrait à des groupes comme Nvidia ou Microsoft de s’acquitter de certains impôts sur les sociétés en dollars plutôt que de devoir convertir leurs recettes en shekels.

« Une fois qu’une multinationale quitte Israël, il est très difficile de la faire revenir », a conclu Ben Zur.

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