Steve Witkoff se rend en Israël pour la première fois depuis trois mois
Les pourparlers pour un accord avec le Hamas sont au point mort ; des élus israéliens appellent à annexer et à occuper Gaza
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L’envoyé spécial des États-Unis pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, s’est rendu mercredi en Israël alors que l’administration Trump s’inquiète de plus en plus de la crise humanitaire dans la bande de Gaza.
Les informations faisant état d’une situation de plus en plus grave dans l’enclave, notamment l’augmentation du nombre de décès dus à la malnutrition et à la famine, ont suscité l’indignation et l’inquiétude à travers le monde, ainsi que chez le président américain Donald Trump.
Cette visite de Witkoff, rapportée pour la première fois par Axios, est la première depuis mai. Elle intervient alors que les pourparlers de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sont au point mort – une impasse que Jérusalem et Washington ont reproché au Hamas.
Un responsable israélien a confirmé le voyage de Wikoff au Times of Israel. Un autre officiel américain a déclaré aux journalistes que l’envoyé était en déplacement et qu’il « rencontrerait des responsables pour discuter des prochaines étapes afin de résoudre la situation à Gaza ».
« Le président veut en savoir plus sur la situation humanitaire à Gaza afin de savoir comment apporter davantage d’aide aux civils », a déclaré un responsable à Axios, après que Trump a souligné l’importance de nourrir les Gazaouis lors d’un voyage en Écosse.
Witkoff pourrait également se rendre dans la bande de Gaza pour observer les sites de distribution d’aide gérés par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) controversée, soutenue par les États-Unis et Israël, selon la même source.
La Maison Blanche a déclaré mardi qu’elle présenterait bientôt un nouveau plan pour acheminer l’aide à Gaza, mais n’a fourni que peu de détails, promettant que de plus amples informations seraient « communiquées prochainement ».
La GHF a fait l’objet de vives critiques de la part de la communauté internationale, car des incidents se sont produits à proximité de ses sites d’aide, où des Gazaouis qui tentaient d’obtenir de la nourriture auraient été pris pour cible par des tirs, faisant plus d’un millier de morts, selon le groupe terroriste palestinien du Hamas. Les Gazaouis ont rapporté des incidents quasi quotidiens au cours desquels des foules tentant d’atteindre les installations de la GHF auraient été prises pour cible par les troupes israéliennes, faisant de nombreuses victimes.
Israël, qui accuse le Hamas de détourner l’aide humanitaire, a également accusé le groupe terroriste d’attaquer les Gazaouis qui tentent d’obtenir de l’aide auprès de la GHF et de falsifier le nombre de victimes. Israël a toutefois reconnu que certains civils palestiniens avaient été tués à proximité des sites de distribution de l’aide humanitaire de la GHF, alors qu’ils s’étaient écartés des itinéraires autorisés.
Witkoff devait se rendre au Moyen-Orient la semaine dernière pour discuter des négociations sur les otages à Doha, mais il a annulé cette partie de son voyage en raison de l’échec des pourparlers.
Selon Axios, Witkoff devrait également discuter du cessez-le-feu et des négociations sur les otages avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
L’article d’Axios ajoute que les responsables israéliens ne sont « pas optimistes » quant à une avancée dans les négociations, qui sont pratiquement au point mort, malgré les récents échanges de messages.
Malgré l’absence d’accord de cessez-le-feu, Israël a annoncé cette semaine avoir mis en place des « pauses humanitaires » quotidiennes de dix heures dans les combats à Gaza, afin de faciliter l’entrée et la distribution de l’aide dans l’enclave. Cette mesure a été prise parallèlement à une augmentation des flux d’aide, alors que l’indignation mondiale grandissait face aux informations faisant état de personnes mourant de faim et tuées par balle sur les sites d’aide humanitaire.
Malgré les efforts récents pour intensifier l’aide à l’enclave, la Croix-Rouge a déclaré mercredi qu’il faudrait peut-être des semaines avant que l’aide soit suffisante pour stabiliser la situation.
« Une pause humanitaire est nécessaire, mais elle ne suffira pas », a déclaré le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en réponse à une question du Times of Israel.
« Elle est extrêmement bienvenue pour la population et les fournisseurs d’aide. Mais une pause n’est pas suffisante. Ce qu’il faut, c’est un accord durable et viable. La quantité de nourriture à acheminer est si importante qu’il faudra des semaines pour que la situation se stabilise. »
La Croix-Rouge a également indiqué que les stocks de certaines denrées alimentaires de base acheminées lors du dernier cessez-le-feu commençaient à se tarir.
« L’entrée de certains produits spécialisés a été une bouée de sauvetage dans ce sens, car ils ont une longue durée de conservation et sont encore disponibles. Toutefois, même ceux-ci sont désormais en train de s’épuiser », a-t-il déclaré.
Il a également ajouté que les sites de la GHF sont difficiles d’accès et dangereux pour la population.
« Les zones de distribution alimentaire sont difficiles d’accès, et la plupart des gens ont du mal à comprendre comment s’y rendre, car certaines sont situées à proximité ou à l’intérieur des zones d’évacuation », a déclaré le CICR.
« L’hôpital de campagne de la Croix-Rouge est proche d’un centre de distribution et non loin d’un autre, et nous avons reçu un grand nombre de victimes de tirs qui nous ont dit venir de ces sites. »
Les Émirats arabes unis, la Jordanie et l’Égypte participent également à l’aide d’urgence à Gaza. Selon l’armée israélienne, ils ont largué 32 colis d’aide mercredi, tandis que le bureau du Premier ministre a exhorté d’autres pays à se joindre à l’effort.
« Le Hamas a volé la nourriture de son propre peuple », a écrit le bureau du Premier ministre sur le réseau social X.
« Israël a agi. Nous avons largué de l’aide aux civils de Gaza et nous avons appelé d’autres nations à se joindre à nous. Certaines l’ont déjà fait. »
« Nous avons sécurisé le ciel, sécurisé les largages et veillé à ce que la nourriture arrive à destination », a poursuivi le bureau du Premier ministre.
« Tout pays qui souhaite véritablement aider est le bienvenu pour se joindre à nous. »
Des membres du gouvernement appellent à l’annexion et à l’occupation de Gaza
Alors que le monde entier est attentif à la catastrophe humanitaire qui se déroule à Gaza, des ministres et des députés israéliens ont lancé une campagne en faveur de l’occupation, de l’annexion et de l’expansion de la présence juive dans la bande de Gaza.
Mercredi, Zeev Elkin, membre du gouvernement et du parti Tikva Hadasha du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, a déclaré qu’Israël devrait menacer d’annexer certaines parties de Gaza afin d’accroître la pression sur le groupe terroriste palestinien du Hamas pour qu’il fasse des concessions lors des négociations.
Accusant le Hamas de chercher à faire traîner les pourparlers pour obtenir des concessions d’Israël, Elkin a déclaré à la chaîne publique Kan qu’Israël pourrait donner un ultimatum au groupe terroriste pour parvenir à un accord, avant d’étendre ses actions militaires.
« La chose la plus douloureuse pour notre ennemi est de perdre des terres », a-t-il déclaré.
« Il serait très efficace de faire clairement comprendre au Hamas que s’il continue à jouer avec nous, il perdra des terres qu’il ne récupérera jamais. »
Mercredi également, vingt-deux ministres du gouvernement et députés de la coalition ont signé une lettre demandant au ministre de la Défense, Israel Katz, d’approuver une visite de groupes de défenseurs du mouvement pro-implantations dans le nord de Gaza afin d’examiner des sites possibles pour de futures implantations israéliennes.
Signée notamment par le ministre des Communications, Shlomo Karhi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, le ministre de la Culture, Miki Zohar, et la ministre de l’Égalité sociale, May Golan, cette lettre appelait Katz à « approuver une patrouille dans la zone frontalière nord de la bande de Gaza, dans le cadre d’une initiative des cadres du mouvement Nachala visant à examiner les possibilités d’implantation dans la région ».
L’organisation Nachala est impliquée dans la construction d’avant-postes illégaux. Sa dirigeante, Daniella Weiss, a été sanctionnée par le Canada et le Royaume-Uni.
Parallèlement à cette lettre, Nachala et d’autres groupes de militants ultra-nationalistes ont organisé une marche près de la frontière de Gaza, dans le but déclaré de faire avancer le mouvement visant à établir des implantations juives dans l’enclave.
Les militants qui y ont participé font partie des cadres formés par Nachala pour établir un certain nombre de nouvelles implantations, si le gouvernement autorise une telle initiative.
La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités, utilisant les violences sexuelles comme arme à grande échelle.
Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.
Plus de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.
Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 459 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.
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