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Trump choisit comme architecte pour la salle de bal de la Maison-Blanche un immigrant juif pro-réfugié

Né en Libye et réfugié aux États-Unis grâce à la Hebrew Immigrant Aid Society, Shalom Baranes est réputé pour son travail à Washington DC, notamment au centre juif du centre-ville

Une excavatrice dégage les décombres suite à la démolition de l'aile Est de la Maison Blanche, le 23 octobre 2025. (Eric Lee/Getty Images via la JTA) ; en médaillon, Shalom Baranes, choisi pour diriger la reconstruction. (Shalom Baranes & Associés)
Une excavatrice dégage les décombres suite à la démolition de l'aile Est de la Maison Blanche, le 23 octobre 2025. (Eric Lee/Getty Images via la JTA) ; en médaillon, Shalom Baranes, choisi pour diriger la reconstruction. (Shalom Baranes & Associés)

JTA — Après s’être séparé du premier architecte engagé pour réformer l’aile Est de la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump s’est tourné vers un cabinet dirigé par un architecte juif de renom, par ailleurs favorable à l’accueil des réfugiés et des immigrés.

Né peu de temps après que ses parents ont fui la Libye, en proie à l’antisémitisme, Shalom Baranes est arrivé enfant aux États-Unis grâce à la Hebrew Immigrant Aid Society, connue aujourd’hui sous le nom de HIAS. Il s’est fait un nom dans le milieu de l’architecture à Washington, DC, où il a conçu et rénové des bâtiments publics et privés, à commencer par le Pentagone après le 11-Septembre, tenant d’une ligne plutôt moderne.

Vendredi dernier, la Maison-Blanche a confirmé avoir choisi son cabinet, Shalom Baranes Associates, pour mener la reconstruction de l’aile Est et notamment la salle de bal que Trump souhaite installer. C’est d’ailleurs en raison d’un désaccord sur la taille de cette salle de bal que Trump et son premier architecte se sont brouillés.

« Shalom est un architecte accompli dont le travail façonne l’identité architecturale de la capitale de notre nation depuis maintenant des dizaines d’années : son expérience sera un atout majeur pour l’achèvement de ce projet », a déclaré vendredi le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle.

Le cabinet de Baranes n’a pas officiellement confirmé l’information et Baranes lui-même n’a pas donné suite à la demande de commentaire de la Jewish Telegraphic Agency.

Le choix de Baranes est à souligner de la part d’une administration qui a plutôt eu tendance à favoriser ses partisans les plus loyalistes, idéologiquement parlant.

Or, Baranes a souvent fait des dons à des candidats Démocrates et s’est même ouvertement opposé à l’une des mesures phares de Trump, à savoir la lutte contre l’entrée de réfugiés aux Etats-Unis.

En 2017, soit deux mois après le début du premier mandat de Trump, Baranes avait rédigé une tribune dans les colonnes du Washington Post au sujet de l’interdiction édictée par le tout nouveau président.

Très peu de temps après sa prise de fonctions, Trump venait en effet d’interdire l’entrée aux Etats-Unis de migrants originaires de sept pays majoritairement musulmans et des réfugiés du monde entier, ce qui lui avait valu une forte opposition, notamment de la part d’organisations juives.

« Le sentiment anti-immigrés d’aujourd’hui n’a rien de nouveau pour moi », écrivait-il. « Lorsque mes parents juifs sont arrivés aux États-Unis, quelques années après avoir fui les persécutions d’un régime arabe, il leur a été difficile de se faire accepter ici, tout autant que les musulmans d’aujourd’hui. »

Baranes avait fait état de ses griefs avec tact, disant espérer que l’interdiction soit de courte durée.

« Quand je regarde les informations et que je vois ces familles entières tenter de quitter leur pays pour échapper à la tyrannie, je me demande lesquels d’entre eux arriveront sur nos côtes et seront les prochains chercheurs, enseignants, inventeurs, promoteurs immobiliers et, aussi, architectes », avait-il écrit.

« J’espère que l’administration Trump prendra des mesures pour que cette interdiction soit temporaire, afin que des individus bons et travailleurs qui fuient la tyrannie puissent trouver un nouveau foyer, comme moi-même — et que chacun d’eux ait la même chance que moi de contribuer à construire ce grand pays. »

HIAS, l’organisation qui a par le passé aidé Baranes et ses proches à immigrer aux États-Unis, avait elle aussi fait pression contre cette décision de Trump.

HIAS n’a pas souhaité faire de commentaires sur le choix de Baranes comme architecte de la Maison-Blanche, mais a déclaré par l’intermédiaire de son porte-parole que l’organisation était engagée contre la répression voulue par Trump contre les réfugiés, une décision que le président a d’ailleurs renouvelée la semaine dernière après qu’un réfugié afghan a abattu un membre de la Garde nationale à Washington.

Les démolitions se poursuivent dans l’aile Est de la Maison-Blanche pour faire place à la future salle de bal, à Washington, le mercredi 22 octobre 2025. (Photo AP/Jacquelyn Martin)

Pour les connaisseurs du style de Baranes, sa sélection a de quoi surprendre, et ce, au-delà de ses opinions politiques.

Ses créations tendent généralement vers le moderne, et non vers le style classique doré qu’affectionne Trump. Il aime par ailleurs à dire qu’il a besoin de longuement réfléchir avant d’accepter un projet — ce qui est loin d’être le cas pour la salle de bal de la Maison-Blanche, dont les travaux ont d’ores et déjà commencé.

« On se demande pour quelle raison il risque sa brillante carrière et sa réputation sans tâche pour un projet susceptible de finir en catastrophe. Il pourrait être licencié et critiqué par le maître d’ouvrage ou ostracisé par ses collègues et clients », a écrit vendredi Douglas Freuhling, rédacteur en chef du Washington Business Journal, avant d’admettre qu’en cas de succès à la Maison-Blanche — en trouvant un point d’équilibre entre les goûts de Trump et la solennité requise pour la Maison Blanche —, ce serait très positif pour sa carrière.

« Peut-être est-il l’architecte qu’il faut pour ce projet. Pour son bien, j’espère qu’il en sera ainsi », a-t-il conclu au sujet de Baranes.

Baranes a notamment à son actif plusieurs rénovations de synagogues, ayant notamment gracieusement restauré l’intérieur de Sixth & I, le centre juif situé en plein centre-ville de Washington, DC, il y a de cela une petite vingtaine d’années.

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