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Trump : l’accord sur Gaza « en phase finale » ; Netanyahu : « Nous y travaillons, mais ce n’est pas encore fait »

Le président américain se montre optimiste, déclarant qu'il existe une "réelle chance de grandeur" au Moyen-Orient, mais le Premier ministre émet des doutes sur la viabilité de certains aspects de la vision de Trump

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à Fox News, le 28 septembre 2025. (Capture d'écran)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à Fox News, le 28 septembre 2025. (Capture d'écran)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche qu’Israël travaillait avec le président américain Donald Trump à l’avancée du plan de Washington qui vise à mettre un terme à la guerre à Gaza – même s’il s’est montré moins optimiste que le haut-responsable américain, qui avait affirmé quelques heures auparavant qu’i y avait « une réelle chance de grandeur » à l’horizon pour le Moyen-Orient.

La vision de Trump, concernant la fin du conflit entre l’État juif et le Hamas, a été présentée aux dirigeants arabes la semaine dernière sous la forme d’un plan en 21 points, dont une copie a été obtenue par le Times of Israel.

Le président a affiché un optimisme qui n’a fait que croître, ces derniers jours, en affichant les chances de succès de son plan. Dimanche matin, il s’est exprimé dans un post paru sur Truth Social, écrivant qu’il y avait une réelle chance pour la « GRANDEUR AU MOYEN-ORIENT ».

« TOUT LE MONDE EST PARTANT POUR QUELQUE CHOSE DE SPÉCIAL », a-t-il écrit.

« C’EST UNE PREMIÈRE. NOUS ALLONS Y ARRIVER !!! » a ajouté le président américain, rédigeant un message en majuscules sur le réseau social dont il est le propriétaire.

Toutefois, lorsqu’il s’est exprimé sur Fox News dans la journée de dimanche, Netanyahu a fait preuve d’une plus grande prudence.

« Nous y travaillons », a-t-il déclaré devant les caméras de la chaîne. « Ce n’est pas encore finalisé, mais nous travaillons avec l’équipe du président Trump, en fait, au moment même où nous parlons ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors du débat général de l’Assemblée générale des Nations unies au siège de l’ONU à New York, le 26 septembre 2025. (Crédit : Photo par ANGELA WEISS / AFP)

« J’espère que nous pourrons y arriver parce que nous voulons la remise en liberté de nos otages, nous voulons nous débarrasser du régime du Hamas, le désarmer, nous voulons démilitariser Gaza et construire un nouvel avenir pour les Gazaouis et pour les Israéliens, ainsi que pour toute la région », a poursuivi le Premier ministre.

Trump a également reconnu que l’accord n’était pas encore conclu. Il a rappelé, dimanche, auprès d’Axios et auprès de la chaîne d’information israélienne N12 que les négociations en étaient « à leur stade ultime » et il a exprimé son espoir qu’un accord pourra être annoncé dans les quarante-huit heures, après sa rencontre avec Netanyahu à la Maison Blanche, une réunion qui doit avoir lieu lundi.

« Tout le monde s’est rassemblé pour parvenir à un accord, mais nous devons encore y arriver », a-t-il dit au cours d’un entretien téléphonique, ajoutant que « les pays arabes ont été formidables dans leur collaboration dans le cadre de ce dossier, et le Hamas se joint à eux. [Le Hamas a] un grand respect pour le monde arabe ».

« Le monde arabe veut la paix, Israël veut la paix et Bibi veut la paix », a ajouté Trump, utilisant le surnom de Netanyahu. « Si nous y parvenons, ce sera un grand jour pour Israël et pour tout le Moyen-Orient ».

Il a aussi dit à Reuters qu’il avait reçu une « très bonne réponse » de la part des responsables israéliens et arabes au sujet du plan américain. « Tout le monde veut conclure cet accord », a confié Trump.

Le président américain Donald Trump s’adresse à la presse dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 25 septembre 2025. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Mais, mettant en doute le fait d’un « accord » unanime avec la vision de Trump – un accord revendiqué par ce dernier – une source proche du dossier a fait savoir dimanche au Times of Israel qu’Israël n’avait pas encore approuvé la proposition, qui n’avait même pas encore été présentée au Hamas.

La source a ajouté que les pays arabes avaient soumis des modifications recommandées au plan qui leur avait été soumis et que les États-Unis devaient finaliser la proposition dimanche.

La semaine dernière, Trump avait précisé qu’il devait d’abord rencontrer Netanyahu afin de finaliser son plan. La réunion aura lieu lundi à la Maison Blanche.

Il est difficile de dire si Jérusalem approuvera la proposition telle qu’elle est rédigée actuellement – dans la mesure où certains points entrent en contradiction directe avec les promesses faites par Trump concernant « le jour d’après » dans la bande et les attentes de ses alliés de la coalition d’extrême droite.

Netanyahu reste ferme face à l’Autorité palestinienne

L’un des points de discorde porte sur l’Autorité palestinienne – Israël a juré à maintes reprises qu’elle ne serait autorisée à jouer aucun rôle au sein de l’enclave, alors que le plan Trump prévoit qu’elle prendra le relais à une date non précisée, une fois qu’elle aura « achevé son programme de réforme ».

Le plan Trump met également l’accent sur la mise en place de conditions propices « à une voie crédible vers la création d’un État palestinien », autre élément que Netanyahu a promis de ne pas laisser se produire sous son mandat.

À cette fin, Netanyahu a déclaré à Fox que son opposition à l’Autorité palestinienne, qu’il a réaffirmée avec force la semaine dernière à l’Assemblée générale des Nations unies, n’avait pas changé.

Soulignant, a-t-il dit, « les tactiques d’incitation au terrorisme de l’Autorité palestinienne et son financement du terrorisme », le Premier ministre a affirmé qu’il doutait qu’elle puisse être persuadée d’abandonner ces activités.

Des agents de sécurité de l’Autorité palestinienne lançant des grenades fumigènes lors d’affrontements contre des Palestiniens, dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, le 16 décembre 2024. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

« Je n’ai pas changé de positionnement, et je pense que la crédibilité ou la probabilité que les choses changent – une Autorité palestinienne réformée qui changerait complètement de cap, qui accepterait l’État juif, qui enseignerait à ses enfants à embrasser la coexistence… Si tout cela est bouleversé… eh bien, bonne chance. Certaines personnes croiront que cela arrivera. Je ne pense personnellement pas que cela arrivera ».

Netanyahu a toutefois dit à la chaîne d’information qu’Israël permettrait aux dirigeants du Hamas de quitter Gaza en toute sécurité s’ils déposaient définitivement les armes, mais il a averti que « les détails doivent encore être réglés ».

« Si les chefs du Hamas mettent fin à la guerre et s’ils libèrent tous les otages, nous les laisserons partir », a-t-il expliqué. « Tout cela, je pense, fait partie du plan. Je ne vais pas anticiper dans la mesure où nous sommes en train d’avoir ces discussions en ce moment même ».

La chaîne publique Kan a cité une source proche du Premier ministre qui a affirmé qu’il restait des « divergences importantes » entre Netanyahu et la Maison Blanche sur les conditions de la fin de la guerre.

Selon le reportage, Netanyahu a annulé ses projets pour dimanche afin de s’entretenir avec son cercle restreint de conseillers avant sa rencontre avec Trump. Il aurait également échangé avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et avec le gendre de Trump, Jared Kushner, pour tenter de réduire les divergences sur un éventuel accord.

Hors du coup

Dans le même temps, les responsables de la sécurité israéliens ont été exclus des discussions sur le plan de Trump, dont les détails n’ont même pas été communiqués au chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, ni au cabinet de sécurité, a rapporté dimanche soir N12.

Selon la chaîne, Netanyahu a gardé le processus secret, le limitant à un petit cercle qui a compris le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, son principal conseiller, et son secrétaire militaire, Roman Gofman.

Le reportage a fait remarquer que le Premier ministre avait adopté une politique de secret similaire concernant les accords d’Abraham, qui avaient permis à l’État juif de normaliser ses liens avec plusieurs pays arabes, sous le dernier mandat de Trump, et dans le cadre d’une normalisation potentielle avec l’Arabie saoudite – un processus qui avait été interrompu par la guerre à Gaza.

Un secret adopté malgré les considérations de sécurité de haut niveau qui entourent le cadre de la proposition – qui pourrait prévoir la fin immédiate de la guerre, la libération des otages dans les 48 heures et le retrait progressif de l’armée israélienne de l’enclave, avec des garanties apportées par les États-Unis.

Le bureau du Premier ministre n’avait pas répondu à une demande de commentaires sur cette information au moment de la rédaction de cet article.

Modifications apportées par les acteurs régionaux

Alors qu’Israël et le Hamas n’ont pas encore approuvé le plan, le roi Abdallah de Jordanie a déclaré dimanche que de nombreux détails de celui-ci étaient « conformes à ce qui avait été convenu ».

Le roi Abdallah II de Jordanie s’exprime lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : TIMOTHY A. CLARY / AFP)

La Jordanie et plusieurs autres pays de la région ont apporté ou suggéré plusieurs amendements à la proposition américaine depuis qu’elle leur a été présentée, a rapporté dimanche le média qatari Al-Araby al-Jadeed.

Parmi les changements déterminants suggérés, la possibilité que le gouvernement de transition de Gaza soit composé de technocrates palestiniens, plutôt que d’une instance internationale comme cela avait été initialement proposé, a rapporté le média, citant une source anonyme proche du dossier.

Les pays auraient soulevé l’éventualité d’un rôle plus discret pour la communauté internationale – lui permettant, par exemple, d’intégrer un simple organe de supervision.

Le plan amendé prévoit également que les forces internationales de maintien de la paix seront stationnées uniquement le long de la frontière de Gaza, plutôt qu’à l’intérieur de la bande elle-même – ce qui était le plan initial des États-Unis.

Optimisme, mais risque de déraillement

Donnant plus d’informations sur les attentes des États-Unis concernant la viabilité du plan de Trump, le vice-président JD Vance a confié à Fox News qu’un processus de négociation « très compliqué » était toujours en cours, à l’abri des regards, entre les États-Unis, Israël et les hauts-responsables arabes. Il a ajouté qu’il ressentait toutefois « un plus grand optimiste » que cela n’avait été le cas auparavant.

« Je pense que l’optimisme affiché par le président est justifié ici », a-t-il déclaré, faisant référence aux publications de Trump sur les réseaux sociaux. « Je suis moi-même plus optimiste quant à la situation actuelle que je ne l’ai été à aucun moment au cours des derniers mois ».

Le président américain Donald Trump, à gauche, fait un geste tandis que le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth écoutent lors d’une réunion avec le président turc Recep Tayyip Erdogan dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le 25 septembre 2025, à Washington. (AP Photo/Evan Vucci)

« Mais soyons réalistes, ces choses peuvent dérailler à la dernière minute », a mis en garde le vice-président. « En conséquence, même si je reste très optimiste, je reste prudent ».

Il a expliqué que la proposition américaine répondait aux trois objectifs de Washington : la libération des otages, la garantie que le Hamas ne sera plus une « menace terroriste » pour Israël et l’assurance que l’aide humanitaire pourra entrer à Gaza « pour les nombreuses personnes innocentes prises au piège dans le conflit ».

Le journaliste de Fox News a ensuite affirmé à tort que Trump avait déclaré qu’il ne permettrait pas à Gaza d’être placée sous le contrôle d’Israël – faisant apparemment référence aux propos tenus par le président américain lorsqu’il avait affirmé avec fougue qu’il n’autoriserait pas l’État juif à annexer la Cisjordanie.

Trump « veut que Gaza soit contrôlée par les personnes qui y vivent », a répondu Vance. « Il veut que la Cisjordanie soit contrôlée par les personnes qui y vivent, et il veut que les réseaux terroristes qui entourent les Israéliens soient démantelés afin qu’ils ne puissent plus constituer une menace pour Israël ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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