Trump qualifie Netanyahu de « Premier ministre guerrier » et loue ses relations avec Israël
Selon les services de renseignement US, les actions de Netanyahu au Liban risqueraient de compromettre l'accord ; des responsables américains chercheraient à établir des canaux de communication informels avec Bennett et Eisenkot
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Vendredi, le président américain Donald Trump a couvert d’éloges le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans une apparente tentative d’apaiser les tensions – après avoir ces derniers jours critiqué à plusieurs reprises le dirigeant de Jérusalem au sujet de la conduite de l’armée israélienne au Liban.
« Nous nous sommes très bien battus aux côtés d’Israël, et nous entretenons d’excellentes relations avec ce pays », a affirmé Trump dans un discours prononcé lors de l’inauguration d’un nouvel Air Force One, cadeau du Qatar aux États-Unis.
Évoquant la récente guerre contre l’Iran, Trump a salué les alliés de Washington dans le Golfe, qui ont « combattu à nos côtés », ainsi que le « Premier ministre guerrier » Netanyahu.
« Il faut lui rendre justice », a déclaré Trump à propos de Netanyahu. « Nous nous sommes vraiment battus avec acharnement aux côtés d’Israël. »
Les États-Unis ont accepté de signer cette semaine un protocole d’accord avec l’Iran, pour mettre définitivement fin au conflit qui oppose les deux pays – un accord qui a semé l’inquiétude à Jérusalem. Ce texte donne le coup d’envoi à une période de pourparlers de 60 jours.
L’accord prévoit un cessez-le-feu au Liban. L’Iran a exigé le retrait d’Israël, mais l’État juif s’est engagé à maintenir ses forces dans une zone tampon dans le sud du pays, afin de protéger les villes frontalières contre les tirs de roquettes et de drones du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah. Israël a fait valoir que le pays n’était pas lié par ce protocole d’accord et qu’il ne retirerait pas ses soldats du sud-Liban, une position que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a réaffirmée vendredi, arguant que la zone tampon était indispensable pour protéger les citoyens du nord contre les attaques du Hezbollah.
Vendredi après-midi, après une nouvelle flambée de violence dans le sud-Liban, Israël et le Hezbollah ont convenu d’un cessez-le-feu. Mais cette nouvelle trêve semble être plus fragile que jamais.
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a écrit sur X : « Si le Hezbollah respecte l’accord et qu’il met fin à ses hostilités, il sera accueilli par le calme. »
On ignore si l’Iran acceptera cet accord, ni pour combien de temps. En effet, la controverse ne porterait pas uniquement sur les attaques israéliennes contre le Hezbollah, mais également sur la présence de Tsahal dans le sud du Liban qui, affirme Téhéran, constitue une violation du protocole d’accord, lequel stipule « la cessation immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban ».
Pour sa part, Trump affirme être prêt à relancer les frappes aériennes contre l’Iran si les négociations n’avancent pas, mais il admet toutefois qu’il préférerait ne pas reprendre la guerre ; une telle situation pousserait en effet Téhéran à fermer à nouveau le détroit d’Ormuz.
« Nous avons un accord… et il est valable 60 jours. Ils doivent accepter une entente, sinon nous prendrons des mesures qui ne leur plairont pas », a lancé Trump vendredi.
« Je ne pense pas que nous en arriverons là. Je suis convaincu que tout se passera très bien. N’oubliez pas que si nous [bombardons l’Iran], le pétrole cessera brusquement de circuler dans le détroit », a poursuivi Trump. « Car les propriétaires de ces navires qui valent des milliards de dollars n’apprécient pas que des missiles les survolent, ni que des mines aient été disséminées sous l’eau. »
Par ailleurs, vendredi, le Washington Post a fait état d’une analyse des services de renseignement américains selon laquelle le Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait prendre des mesures qui sont susceptibles de compromettre les efforts livrés par l’administration Trump en faveur d’une paix durable avec l’Iran.
Citant les propos tenus par des responsables américains actuels et anciens, le journal a indiqué que les services de renseignement américains estimaient qu’Israël semblait déterminé à poursuivre ses combats contre le Hezbollah au Liban, alors que l’accord signé entre l’Iran et l’administration prévoit la cessation des opérations militaires.
L’analyse noterait que, dans la perspective des élections à la Knesset qui sont prévues à l’automne, le sort politique de Netanyahu dépendra du maintien des forces israéliennes dans le sud du Liban, faisant remarquer qu’il souhaite intensifier les attaques israéliennes contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran.
De plus, un responsable de l’administration a confié au Post sous couvert d’anonymat que l’insistance d’Israël à maintenir des troupes au Liban « risque de mener à une catastrophe ».
« Sans un retrait complet d’Israël, la reprise des hostilités entre Tsahal et le Hezbollah est pratiquement inévitable », a-t-il expliqué.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a invité son proche confident et ancien bras droit, Ron Dermer, à participer à de récentes consultations, avec pour objectif d’apaiser les ministres qui réclament une action militaire intensive contre le Hezbollah libanais, a signalé la chaîne d’information N12.
« C’est une véritable urgence », aurait déclaré Ron Dermer, ancien ambassadeur d’Israël aux États-Unis, qui s’est employé à tisser des liens étroits entre Benjamin Netanyahu et l’administration Trump. « La situation n’est pas facile ; nous ne pouvons pas nous permettre de l’aggraver. Trump ne doit pas percevoir Israël comme responsable de l’échec des efforts visant à parvenir à un accord définitif avec l’Iran. »
La chaîne a en outre cité un ministre, dont l’identité n’a pas été révélée, qui s’en est pris au président américain, le traitant de « rouquin », tout en appelant à des actions plus fermes après que quatre soldats ont été tués dans le sud du Liban, affirmant que si Israël n’agit pas maintenant, « nous n’y parviendrons pas plus tard ».
« C’est le moment de définir les règles du jeu, avant qu’elles ne soient finalement définies à notre place », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, certains responsables de l’administration Trump s’efforcent d’établir des canaux de communication informels avec l’opposition israélienne – notamment avec les principaux candidats en lice pour succéder au Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des prochaines élections, à savoir l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eisenkot, a rapporté la chaîne N12.
Selon ce reportage, ces personnalités, dont certaines entretiennent des liens étroits avec le dirigeant israélien, multiplient les tentatives pour nouer des relations. Le reportage a fait état d’une inquiétude croissante face aux membres d’extrême droite du gouvernement Netanyahu, qui sont considérés comme des extrémistes ; d’une frustration face à l’impossibilité de faire avancer divers dossiers diplomatiques avec le gouvernement actuel, dont l’image a été ternie sur la scène internationale en raison de sa conduite dans la guerre à Gaza ; et d’une prise de conscience du fait que Netanyahu pourrait très bien perdre les prochaines élections, qui doivent avoir lieu au plus tard au mois d’octobre prochain.
Plus tôt dans la journée de vendredi, avant le nouveau cessez-le-feu, l’armée israélienne a annoncé que quatre de ses soldats avaient été tués pendant la nuit après qu’un drone ou un missile antitank a frappé leur char dans le village de Kfar Tebnit, au sud du Liban.
Israël a riposté en menant 150 frappes contre ce qu’il a qualifié de cibles du Hezbollah dans le sud du Liban. Dans un communiqué, Netanyahu a annoncé que l’armée israélienne avait tué des dizaines de terroristes du Hezbollah lors de ces frappes.
Le ministère libanais de la Santé a indiqué par la suite que les frappes aériennes israéliennes avaient fait au moins 47 morts et 97 blessés.
Parmi les victimes figuraient au moins sept femmes et deux enfants, a-t-il précisé. Des chiffres qui ne font toutefois pas la distinction entre civils et hommes armés.
Emanuel Fabian a contribué à cet article.
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