Tsahal commue la peine de prison de trois soldats qui avaient refusé de retourner à Gaza
Après le tollé général, l'armée déclare que le commandant de la brigade Nahal a rencontré les soldats pour "entendre leurs revendications"
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

L’armée a annoncé mardi qu’elle allait commuer les peines de trois soldats de la brigade d’infanterie Nahal qui ont été sanctionnés pour insubordination après avoir refusé de retourner combattre à Gaza.
Les soldats avaient initialement été démis de leurs fonctions et condamnés à une peine de sept à douze jours de prison militaire pour avoir refusé de servir dans la bande en raison d’une « crise intérieure profonde » qu’ils traversaient, avaient-ils dit, après la mort de plusieurs de leurs camarades sur le front.
Un quatrième soldat avait également été renvoyé pour insubordination mais il n’a pas encore été condamné.
Le commandant de la brigade Nahal a rencontré les trois soldats, lundi dans la soirée, pour « entendre leurs revendications », a expliqué l’armée israélienne.
Elle a ajouté qu’au cours de ces échanges, « le commandant de la brigade avait exprimé son appréciation aux soldats pour leur travail dans le cadre de la guerre, tout en soulignant que ces derniers sont censés maintenir la discipline militaire en temps de guerre et remplir leur mission en combattant sur le champ de bataille ».
Au vu des circonstances uniques, le commandant de la Brigade Nahal a décidé de commuer leurs peines de prison, a déclaré l’armée, et à la place, les soldats seront tenus de rester sur leur base pour une période prolongée.
Les trois soldats seront tout de même démis de leurs fonctions de combat.
Ils seront transférés dans des fonctions non-combattantes au sein de Tsahal et ils bénéficieront d’un soutien et d’un traitement de la part de leurs commandants et des responsables de la santé psychique, a ajouté un responsable de l’armée israélienne.
Les militaires avaient initialement déclaré que les soldats avaient rencontré un responsable de la santé psychique « qui avait déterminé qu’ils étaient aptes à participer au combat ». L’armée les avait ensuite condamnés à une peine de prison pour insubordination, entraînant une vague de protestations qui avaient dénoncé cette décision.
Ima Era, une organisation de mères de soldats de Tsahal, a fait savoir dans un communiqué qui a été repris par le quotidien Haaretz que « quand des soldats crient de manière répétée qu’ils ne peuvent plus continuer, il ne s’agit pas d’un problème disciplinaire ».
« Il s’agit de la mise en accusation accablante d’un système qui a poussé ses membres à la limite de leur endurance », a fait remarquer l’organisation.
Dans une interview accordée à la chaîne d’information N12, l’un des trois soldats a déclaré qu’après plusieurs mois de combats à Gaza, « je me suis retrouvé au bataillon sans personne de mon escouade. Quatre d’entre eux ont été tués, deux ont été blessés et les autres ont été placés dans des institutions psychiatriques ».
« Mon âme est blessée, j’ai du mal à dormir la nuit, je ne peux pas continuer à fonctionner comme un combattant », a-t-il ajouté. « Je ne me considère pas comme qualifié pour faire ce que je suis censé faire ».
« Ils m’ont dit : ‘Nous vous comprenons et nous apprécions ce que vous avez fait, mais vous allez aller en prison’. Impossible d’avoir du soutien quand vous en avez besoin, et même quand on vous dit qu’on vous soutient, on finit par recevoir un coup de poignard dans le dos. Le commandant m’a dit qu’il me soutenait mais lors du procès, on m’a dit qu’il avait écrit que j’étais toujours apte au combat et que j’allais finir en prison ».
L’armée fait face à un problème croissant de réservistes qui ne se présentent pas au service mais les quatre soldats sanctionnés par l’armée dimanche étaient des conscrits, parmi lesquels les refus sont moins fréquents.
Tsahal connaît également une crise de la santé psychique, avec notamment une augmentation du nombre de suicides présumés qui a été enregistrée depuis le début de la guerre à Gaza.
Au cours des dernières semaines, quatre soldats, dont un réserviste qui n’était pas en service, se seraient ainsi suicidés, ce qui porte à 19 le nombre total de ces cas depuis le début de l’année.
Le bilan de l’offensive terrestre israélienne lancée contre le Hamas, à Gaza, et des opérations militaires qui ont été menées le long de la frontière avec la bande s’élève à 459 morts côté israélien.
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