Un musée de la Shoah supprime un post disant que « Plus jamais ça » ne se limite pas aux Juifs
Le musée de Los Angeles, accusé d'avoir comparé le génocide nazi des Juifs à la guerre à Gaza, s'engage à "faire mieux" en vérifiant à l'avenir les messages publiés sur les réseaux sociaux
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JTA —Dans un contexte de vives critiques, le musée de la Shoah de Los Angeles a supprimé ce week-end une publication Instagram affirmant « ‘Plus jamais ça’ ne peut pas signifier ‘Plus jamais ça pour les Juifs’ uniquement ».
Le musée américain a présenté ses excuses pour ce message, et a écarté les suppositions selon lesquelles ce post suggérait qu’Israël se livrait à un génocide à Gaza.
Sur une image illustrant la publication, on pouvait voir six bras entrelacés, de différentes couleurs de peau et dont l’un arborait un tatouage composé de chiffres, formant une étoile de David.
Plusieurs images explicitaient ensuite le message : « Les Juifs ont grandi avec la conviction du ‘Plus jamais ça’. Cela signifie que plus jamais cela ne doit arriver. À personne », suivi de « Les Juifs ne doivent pas laisser les traumatismes de notre passé faire taire notre conscience » et « Être du côté de l’humanité, ce n’est pas trahir notre peuple. C’est au contraire lui rendre hommage ».
Pour certains, l’implication était très claire : même si cette publication ne mentionnait ni Gaza ni aucun autre conflit particulier, le musée prenait position contre la guerre opposant Israël au groupe terroriste du Hamas, une guerre qui fait l’objet d’accusations croissantes de « génocide », malgré les dénégations fermes et répétées de l’État juif.
Ce message a été publié au 700e jour de la guerre.
When you've got the Holocaust Museum of LA calling out the genocide…
This is an unreal shift in messaging.
I hope it spreads. pic.twitter.com/ejCmMkhbP7
— Goob (@jrgoob) September 5, 2025
Certains commentateurs ont félicité le musée d’avoir enfin – quoique tardivement, selon eux – condamné la guerre à Gaza. Mais beaucoup d’autres ont fustigé le musée qui aurait, ont-ils souligné, minimisé la catastrophe spécifique de la Shoah.
« Tout génocide visant N’IMPORTE QUEL groupe est inacceptable, et notre devoir à tous est de nous y opposer. Mais nous pouvons facilement affirmer ceci sans ajouter la formule ‘toutes les vies comptent’ à l’expression ‘plus jamais ça' », a écrit sur Instagram la militante des réseaux sociaux Debbie Lechtman, qui publie sous le pseudonyme Rootsmetals. Et de rappeler l’histoire de cette expression remontant à un poème hébreu de 1926 sur la chute de Massada, qui s’est largement répandue en anglais après la Shoah, en particulier après avoir été adoptée par le rabbin militant Meir Kahane.
Samedi, en fin de soirée, le musée a supprimé le post et publié un communiqué dans lequel il s’engageait à « faire mieux », notamment en vérifiant plus soigneusement à l’avenir les messages destinés aux réseaux sociaux.
« Récemment, dans le cadre d’une campagne pré-planifiée, nous avons posté sur les réseaux sociaux un message visant à promouvoir l’inclusion et l’esprit communautaire, mais qui pouvait facilement être interprété – à tort – par certains comme une déclaration politique reflétant la situation actuelle au Moyen-Orient », a indiqué le communiqué. « Telle n’était pas notre intention. Cette publication a été supprimée afin d’éviter toute confusion supplémentaire. »
En supprimant le message, le musée a également supprimé ses commentaires et ceux d’autres internautes visant à informer le public sur l’expression « Plus jamais ça » ainsi que sur les raisons pour lesquelles son utilisation dans des contextes sans rapport avec la Shoah peut être offensante, a déploré Lechtman.
Cette controverse reflète un vaste débat sur la question de savoir dans quelle mesure la mémoire de la Shoah devrait être étendue à d’autres groupes et génocides. De nombreux musées consacrés à la Shoah ont notamment organisé des expositions consacrées à d’autres génocides, dans le but de montrer comment les leçons du génocide des Juifs par les nazis trouvent un écho aujourd’hui – suscitant parfois la polémique. La guerre à Gaza a exercé une nouvelle pression sur les musées consacrés à la Shoah.
La formule « Plus jamais ça » a également fait l’objet d’un débat sur la question de savoir s’il fallait l’appliquer au-delà de la Shoah. Elle a été reprise par des militants juifs pour protester contre la violence armée ainsi que contre d’autres campagnes de discrimination et de violence, visant notamment la minorité ouïghoure en Chine. Pendant la guerre à Gaza, ce slogan est devenu un cri de ralliement pour les juifs progressistes opposés à l’offensive militaire d’Israël dans cette région.
Le Musée de la Shoah de Los Angeles, fondé par des survivants, est actuellement fermé en raison de travaux de rénovation. Sa réouverture est prévue en 2026.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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