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Un policier palestinien ayant participé au lynchage de 2 réservistes israéliens en 2000 à Ramallah sera libéré

À l'approche du 25ᵉ anniversaire du lynchage de Ramallah, au cours duquel le policier s'était joint à une foule survoltée, la libération de Raed Sheikh est "inconcevable" pour le frère de Vadim Norzhich

Un Palestinien célébrant sur le toit d'une voiture brûlée le lynchage de deux réservistes israéliens, à Ramallah, le 12 octobre 2000. (Crédit : Flash90)
Un Palestinien célébrant sur le toit d'une voiture brûlée le lynchage de deux réservistes israéliens, à Ramallah, le 12 octobre 2000. (Crédit : Flash90)

Alors que les Israéliens vont commémorer le 25ᵉ anniversaire du lynchage de deux réservistes de l’armée israélienne à Ramallah par une foule palestinienne, il s’avère que l’un des auteurs de ce crime est sur le point d’être libéré dans le cadre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu ayant permis la libération imminente des otages à Gaza.

Raed Sheikh, le prisonnier qui devrait être ainsi relâché, était un policier palestinien qui avait pris part au lynchage, le 12 octobre 2000, qui avait entraîné la mort de deux réservistes, Vadim Norzhich et Yossi Avrahami, qui s’étaient accidentellement aventurés dans cette ville de Cisjordanie.

Les deux soldats avaient ensuite été placés en garde à vue.

Une foule survoltée s’était rapidement formée autour du poste de police, les émeutiers réclamant la mort des deux réservistes. Les émeutiers avaient fini par prendre d’assaut le bâtiment et ils avaient assassiné les deux Israéliens, mutilant leurs corps sans vie avant de les exhiber dans le centre-ville de Ramallah devant une foule qui les acclamaient.

Selon un acte de mise en examen dont le contenu avait été cité par Yedioth Aharonoth à l’époque, Sheikh avait frappé Norzhich à la tête à l’aide d’une barre de fer jusqu’à ce qu’il saigne abondamment. Arrêté quelques mois après le lynchage, Sheikh avait été condamné en 2003 par un tribunal militaire à deux peines de prison à perpétuité.

Sheikh sera expulsé à l’étranger après sa libération, selon le ministère de la Justice.

Montage photos (de gauche à droite) :
Les réservistes Vadim Norzhich et Yossef Avrahami, assassinés lors du lynchage de Ramallah en octobre 2000. (Crédit : Autorisation)

Michael, le frère de Norzhich, a indiqué que la libération imminente du terroriste était « inconcevable » à l’approche du 25ᵉ anniversaire du meurtre de son frère.

Le frère endeuillé a déclaré que la victime avait laissé derrière lui son épouse enceinte, Irena, et un fils, David, qui n’aura jamais connu son père.

« Si nous libérons le meurtrier, il faut être clair : outre la grande souffrance que cela causera à ma famille et à moi, le terroriste recommencera à semer le terrorisme », a déclaré Norzhich à Ynet.

« Ils recommenceront à tuer des Juifs ; c’est leur véritable objectif. »

Il a toutefois ajouté qu’il se réjouissait du retour prévu des otages dans leurs familles, qualifiant leur libération de « très importante et bouleversante ».

Le Palestinien Aziz Salha à une fenêtre, montrant ses mains ensanglantées, alors qu’une foule a lynché deux soldats israéliens à Ramallah, en octobre 2000. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Sheikh fait partie des 250 prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité qui devraient être libérés en échange de la libération des 48 otages restants détenus par des groupes terroristes à Gaza, dont 20 seraient encore en vie.

Tous purgent une ou plusieurs peines à perpétuité pour des actes terroristes graves, notamment des meurtres. Ils ne seront remis en liberté qu’une fois que tous les otages, vivants et morts, auront été ramenés sur le territoire israélien.

Parmi les condamnés, 1 115 retourneront en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, tandis que 135 autres seront expulsés vers des destinations à l’étranger, qui pourraient inclure Gaza.

Outre les prisonniers de sécurité, 1 722 autres Gazaouis, dont 22 mineurs, qui avaient été arrêtés pendant la guerre mais n’étaient pas impliqués dans le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, seront libérés et renvoyés dans la bande de Gaza, ainsi que les dépouilles de 360 Gazaouis décédés.

Même si le ministère de la Justice a publié vendredi les noms des prisonniers de sécurité devant être libérés, les négociateurs du Hamas contesteraient toujours la liste définitive.

Dimanche après-midi, le Bureau médiatique des prisonniers palestiniens a déclaré que des « obstacles complexes » subsistaient pour finaliser la liste, ajoutant que les discussions étaient toujours en cours.

Le Hamas a insisté pour que la liste comprenne sept condamnés pour terrorisme considérés par les Palestiniens comme des dirigeants de haut rang, ont déclaré à l’AFP des sources proches des négociateurs.

Des prisonniers palestiniens accueillis à leur descente d’un bus de la Croix-Rouge après avoir été libérés d’une prison israélienne dans le cadre d’un accord de libération d’otages et de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 1ᵉʳ février 2025. (Crédit : Nasser Nasser/AP Photo)

« Le Hamas insiste pour que la liste finale comprenne sept hauts dirigeants, notamment Marwan Barghouti, Ahmad Saadat, Ibrahim Hamed et Abbas al-Sayyed », a déclaré une source, et une deuxième source a fourni des informations similaires.

Parallèlement, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a exercé des pressions sur le Premier ministre pour qu’il apporte des modifications de dernière minute à la liste, l’exhortant à expulser plusieurs personnes condamnées pour meurtre ou tentative de meurtre plutôt que de les libérer en Cisjordanie, a déclaré son porte-parole.

Dimanche matin, les médias palestiniens ont rapporté que Tsahal avait mené une série de perquisitions dans toute la Cisjordanie, dans les domiciles de plusieurs prisonniers devant être libérés, notamment à Naplouse et à Hébron.

Selon le Bureau des médias des prisonniers palestiniens, les troupes auraient averti les familles de ne pas organiser de réceptions pour célébrer la libération de leurs proches, de ne pas faire l’éloge du terrorisme en public et de ne pas déployer de drapeaux « palestiniens » à leur retour.

Les prisonniers palestiniens ont déjà été transférés vers deux centres de détention, en attendant leur libération, ont rapporté les médias israéliens.

À l’instar des vagues de libération de prisonniers dans le cadre de l’accord sur les otages conclu en février, les prisonniers destinés à la Cisjordanie ont été emmenés à la prison d’Ofer, au nord de Jérusalem, tandis que ceux destinés à Gaza ont été rassemblés à la prison de Ketziot, dans le Néguev.

L’AFP a contribué à cet article.

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