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Un soldat empêche des Palestiniens de récolter des olives

L'homme masqué a été filmé en train de déclarer à des militants israéliens que les ordres "venus d’en haut" stipulaient que seuls les Juifs étaient autorisés à pénétrer dans la zone

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Un soldat masqué affronte un militant de l’association "Rabbis for Human Rights" pendant la saison de la récolte des olives près de Birzeit, à proximité de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, le 9 octobre 2026. (Capture d’écran : X/Rabbis for Human Rights)
Un soldat masqué affronte un militant de l’association "Rabbis for Human Rights" pendant la saison de la récolte des olives près de Birzeit, à proximité de Ramallah, au centre de la Cisjordanie, le 9 octobre 2026. (Capture d’écran : X/Rabbis for Human Rights)

Un soldat a été filmé, dans la journée de vendredi, en train d’empêcher une récolte d’olives palestinienne aux abords de Ramallah, affirmant que « c’est un État juif » et que « les Juifs ont la priorité sur les Arabes s’agissant de tout ce qui se trouve dans ce pays ».

Le soldat qui a été filmé dans la région de Birzeit, au centre de la Cisjordanie, a également dit que les partisans du mouvement pro-implantations étaient autorisés à se trouver là où ils étaient parce que tels étaient les ordres.

L’armée israélienne n’a pas commenté l’incident.

À environ 4 kilomètres à l’est de Birzeit, à proximité du village de Yabrud, une autre vidéo qui a été tournée dans la journée de vendredi a montré des partisans du mouvement pro-implantations en train de bloquer un véhicule palestinien et d’agresser ses occupants.

La police n’a pas réagi à ces faits.

L’association « Rabbis for Human Rights », qui a publié les images qui avaient été tournées dans l’oliveraie de la région de Birzeit, a indiqué que l’incident s’était produit alors que des militants israéliens qui appartenaient au groupe aidaient à la récolte sur des terres palestiniennes privées situées dans la zone C de la Cisjordanie, où les Israéliens peuvent légalement pénétrer sans en informer l’Administration civile israélienne.

Néanmoins, selon « Rabbis for Human Rights », les soldats ont mis un terme à la récolte et ils ont fait quitter le secteur aux Palestiniens et aux militants.

Dans la séquence diffusée par l’organisation, un soldat masqué en tenue complète fait face à des militants israéliens, qui lui demandent pourquoi les extrémistes juifs sont autorisés à se trouver là alors que les Palestiniens sont interdits d’entrée sur le site.

« Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais c’est un État juif. Les Juifs ont donc la priorité sur les Arabes s’agissant de tout ce qui se trouve dans ce pays et ce, que cela vous plaise ou non », rétorque le soldat.

Lorsqu’un militant lui répond que ce n’est pas ce qui est inscrit dans la loi, le soldat fait signe aux militants de reculer tandis qu’un autre militaire, le visage également dissimulé, leur ordonne de cesser de filmer.

Alors qu’il lui est à nouveau demandé pourquoi les partisans du mouvement pro-implantations se trouvent dans le secteur, le premier soldat répond : « En ce moment, nous sommes en zone C, et les Juifs en ont le droit ».

« Ce sont les ordres que j’ai reçus de mes supérieurs », ajoute-t-il. « C’est ce que m’a dit mon commandant ».

Ces propos ont été tenus au lendemain d’une annonce faite par le Conseil de Yesha, l’organisation-cadre des implantations de Cisjordanie, qui a fait savoir que le ministre de la Défense, Israel Katz, avait pris des mesures pour émettre des ordonnances d’exclusion à l’encontre des militants qui cherchent à aider et à défendre les Palestiniens qui viennent cueillir des olives lors de la saison de récolte annuelle.

Plusieurs porte-parole de Katz et du ministère de la Défense n’ont pas répondu aux demandes de commentaires concernant l’annonce qui a été faite par le Conseil de Yesha.

Ces dernières années, la récolte des olives a été marquée par une forte recrudescence des attaques menées par des extrémistes juifs à l’encontre des Palestiniens venus travailler dans les champs. Parallèlement, les forces de sécurité israéliennes s’efforcent de plus en plus d’entraver les efforts des militants des droits civiques, israéliens et étrangers, qui tentent d’aider les Palestiniens lors de la récolte ou de leur fournir une « présence protectrice » contre les attaques des résidents d’implantations.

Des militants de l’organisation « Rabbis for Human Rights » aident des Palestiniens à récolter leurs olives en Cisjordanie, en octobre 2025. (Autorisation de Rabbis for Human Rights)

La police a annoncé, dans la journée de vendredi, que deux étrangers qui « soutiennent le mouvement de boycott contre Israël » et qui cherchaient à « créer des provocations, des tensions et des perturbations dans la région dans le but de promouvoir des campagnes médiatiques anti-israéliennes » pendant la récolte avaient été arrêtés jeudi.

Les deux hommes, qui auraient, semble-t-il, exprimé leur « soutien à une organisation terroriste », ont été interrogés puis remis à l’Autorité de la population en vue d’une audience préalable à leur expulsion, ont indiqué les forces de l’ordre, sans préciser de quelle organisation terroriste il s’agissait.

Une arrestation qui s’est s’inscrite dans le cadre d’une initiative visant à mettre un terme aux « incidents susceptibles de nuire à l’image de l’État d’Israël », a poursuivi la police.

Un père et son fils affirment avoir été agressés par des partisans du mouvement pro-implantations près de Yabrud

Par ailleurs, les médias palestiniens ont diffusé vendredi des images tournées près de Yabrud qui montrent des extrémistes juifs à bord de deux véhicules encerclant un troisième véhicule, avant d’en descendre et de frapper à coups de bâtons les occupants de ce dernier.

Dans la séquence, un homme s’enfuit, suivi quelques secondes plus tard par un enfant.

Selon ces informations, les victimes seraient un père et son fils palestiniens. L’âge du petit garçon n’a pas été précisé.

Les violences commises par les partisans du mouvement pro-implantations en Cisjordanie ont fortement augmenté depuis le pogrom qui avait été perpétré par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, qui avait déclenché la guerre à Gaza.

Les critiques accusent le gouvernement de tolérer, voire d’encourager ces violences, qui ont entraîné le déplacement de dizaines de familles palestiniennes.

Noam Lehmann et Jeremy Sharon ont contribué à cet article.

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