Une synagogue de New York accueille l’archevêque et le maillot de Sandy Koufax, marquant les 60 ans d’une étape importante
Timothy Dolan s'est exprimé, à Yom Kippour, sur la doctrine catholique de 1965 déclarant les Juifs innocents du déicide ; le rabbin s'est souvenu de la légende du baseball juif qui avait manqué un match pour respecter le jour saint cette année-là
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JTA — À un moment qui a été excessivement particulier pour sa congrégation américaine, lors de Yom Kippour, le rabbin Elliot Cosgrove a choisi de réserver à ses fidèles une surprise après l’autre – des surprises susceptibles d’être considérées comme un anathème pour une synagogue new-yorkaise.
Avec tout d’abord un maillot des Dodgers de Los Angeles. Il ne s’agissait pas d’un maillot porté l’année dernière, lorsque les Dodgers avaient battu les Mets et les Yankees et qu’ils avaient remporté les World Series. Non : c’était le maillot qui avait été porté en 1965 par Sandy Koufax, lorsque le célèbre joueur de baseball juif avait manqué un match de fin de saison pour Yom Kippour.
« Il y a soixante ans, personne ne savait où se trouvait Sandy Koufax », s’est souvenu Cosgrove, faisant allusion à la controverse qui avait eu lieu sur la présence ou sur l’absence du joueur à la synagogue, ce jour-là. « En revanche, nous savons où il n’était pas ».
Cosgrove, lui-même fan des Dodgers, a dit avoir étudié cet épisode et il a conclu que « la mythologie qui s’y est associée » était finalement plus importante que la décision prise par Koufax de bouder la compétition.
Selon le rabbin, le plus important avait été que les Juifs américains avaient appris qu’ils pouvaient embrasser leur identité juive sans renoncer à la place qu’ils avaient durement conquise dans la société dominante.
« Koufax, grâce à ses capacités athlétiques uniques, était une célébrité américaine de premier plan, puis il a choisi de rester fidèle à ses convictions religieuses, sans faire de compromis — un moment décisif », a dit Cosgrove. « Les Juifs ne doivent plus hésiter à afficher publiquement leur identité juive. Le refus de Koufax de lancer a donné un coup de fouet à la vie juive ».
Peu après, Cosgrove a révélé une deuxième surprise, également pour marquer un jalon important de 60 années de l’Histoire des Juifs américains : Timothy Dolan, archevêque de New York, l’a rejoint sur la bimah.
Dolan et Cosgrove ont évoqué pendant plusieurs minutes la Nostra Aetate – cette doctrine catholique historique qui avait été approuvée au mois d’octobre 1965 et qui avait déclaré que les Juifs n’étaient pas responsables de la mort de Jésus – rejetant ainsi des idées qui avaient alimenté des siècles de violence à leur encontre. Cette doctrine est considérée comme ayant été déterminante dans l’amélioration spectaculaire des relations entre catholiques et juifs, et comme un rempart contre l’antisémitisme parmi les catholiques.
Dolan a souligné que les 300 paroisses de New York avaient organisé une collecte pour les Israéliens dévastés par l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, et qu’elles avaient récolté suffisamment d’argent pour reconstruire une maison détruite lors de l’attaque.
« Je me suis dit : ‘C’est le fruit de Nostra Aetate’« , a indiqué Dolan. « Nous avons encore un long chemin à parcourir, mes amis. Mais savez-vous à quel point je me sens chez moi ici ? Savez-vous à quel point je me sens proche de vous ? Je ne sais pas si cela aurait été possible si Nostra Aetate n’avait pas été solennellement définie par la plus haute autorité doctrinale de l’Église il y a 60 ans ».
Les deux hommes ont également participé à une lecture en alternance d’une version révisée de la bénédiction sacerdotale juive, afin d’aborder les relations entre Juifs et catholiques. Mais alors que leur conversation a été globalement solennelle, en accord avec l’esprit du jour le plus saint du judaïsme, Dolan, connu pour sa jovialité contagieuse, a réussi à faire quelques plaisanteries.
« Puis-je vous inviter à déjeuner ? », a-t-il demandé avant de quitter la bimah, bientôt suivi par l’otage américano-israélien libéré Keith Siegel. Sachant que Cosgrove jeûnait, il a ajouté : « C’était une invitation lancée sans prendre trop de risque ».
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