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Witkoff et Kushner « se sont sentis un peu trahis » par l’attaque israélienne au Qatar

L'attaque ratée contre des dirigeants du Hamas a convaincu Trump que "les Israéliens commençaient à perdre un peu le contrôle", dit Kushner dans une interview accordée à l'émission "60 Minutes"

L'envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, s'entretiennent avec CBS dans un extrait d'une interview diffusée le 17 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran CBS)
L'envoyé spécial américain Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, s'entretiennent avec CBS dans un extrait d'une interview diffusée le 17 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran CBS)

Après l’attaque ratée lancée par Israël le 9 septembre contre les dirigeants du Hamas à Doha, le président américain Donald Trump a estimé que « les Israéliens commençaient à perdre un peu le contrôle », a déclaré vendredi son gendre et conseiller principal Jared Kushner, des commentaires diffusés à la télévision.

Des propos qui s’inscrivent dans le cadre d’une interview conjointe qui a réuni Kushner et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff pour l’émission 60 Minutes, sur la chaîne CBS. L’intégralité de cette interview des deux architectes de l’accord de cessez-le-feu et d’échange d’otages à Gaza sera diffusée dimanche.

« Je dois l’avouer, Jared et moi avons tous deux ressenti une impression de trahison », a indiqué Witkoff à propos de l’attaque israélienne visant les dirigeants du Hamas réunis dans la capitale du Qatar, un pays médiateur au rôle essentiel dans les négociations sur le cessez-le-feu.

Il y a eu des conséquences. Les Qataris jouaient un rôle essentiel dans les négociations, tout comme les Égyptiens et les Turcs », a ajouté Witkoff. « Nous avions perdu la confiance des Qataris. Le Hamas est donc rentré dans la clandestinité. Il était alors très difficile de les joindre. »

Kushner, faisant référence à Israël, a expliqué que c’est cette frappe qui avait conduit Trump à réaliser « qu’il était temps de faire réellement preuve de fermeté, et de les empêcher d’accomplir des choses qui, selon lui, n’étaient pas dans leur intérêt à long terme ».

Pour sa part, le chef de l’opposition Yair Lapid a écrit sur X que cette interview avait provoqué un véritable « séisme ». Evoquant la dernière remarque de Kushner, il a souligné que « aucun gouvernement israélien n’avait jamais été décrit de cette manière par une administration américaine ».

« Après l’échec de l’attaque contre Doha, Trump a estimé que Netanyahu avait perdu le contrôle, et il lui a imposé un accord dont Netanyahu ne voulait pas », a déclaré Lapid, qui avait à l’époque salué l’attaque de Doha. L’interview de « 60 Minutes » nous prouve qu’il aurait été possible de s’arranger pour que l’Égypte se charge de la gouvernance de Gaza et nous aide à combattre le Hamas. Au lieu de cela, Netanyahu a perdu le contrôle, et cela a entraîné l’entrée en scène de la Turquie et du Qatar, qui sont deux partenaires idéologiques du Hamas. »

Trump, après la frappe contre Doha, a fait part de son « profond mécontentement » à l’égard d’Israël pour avoir frappé cet allié « solide » des États-Unis, sans de surcroît avoir reçu d’avertissement préalable de la part d’Israël.

Depuis, Trump a engagé les Etats-Unis à défendre le Qatar en cas d’attaque future. Il a en outre veillé à ce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu présente ses excuses au Qatar pour cette frappe, qui n’a tué aucune de ses cibles, mais a coûté la vie à plusieurs membres subalternes du Hamas, ainsi qu’à un garde qatari.

Cette image tirée d’une vidéo de l’AFPTV montre de la fumée s’élevant après une frappe israélienne à Doha, la capitale du Qatar, le 9 septembre 2025. (Crédit : Jacqueline PENNEY / AFPTV / AFP)

Avec l’accord de Netanyahu, le Qatar a envoyé au Hamas, à Gaza, chaque mois et pendant des années, des millions de dollars en liquidités, jusqu’à ce que le groupe terroriste attaque le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tuant plus de 1 200 personnes et enlevant 251 otages, déclenchant la guerre à Gaza.

Certains des principaux collaborateurs de Netanyahu font également l’objet d’une enquête. Ils sont soupçonnés de liens criminels présumés avec cet État du Golfe, avec lequel Israël n’entretient aucune relation officielle.

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