Par son refus de même discuter de la reconnaissance d’Israël comme État juif, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas détruit toutes les chances d’arriver à un accord de paix, a affirmé un haut responsable israélien mercredi.

« Le refus obstiné du président Abbas de discuter de la reconnaissance mutuelle entre les deux États-nations contraste fortement avec la volonté du Premier ministre [Benjamin] Netanyahu de reconnaître un État palestinien et son accord pour dire que les pourparlers peuvent traiter de toutes les questions clefs, » a indiqué le responsable au Times of Israel.

En effet, hier, Abbas a de nouveau rejeté l’idée au sommet de la Ligue arabe au Koweït. Les délégués du sommet ont également exprimé leur « rejet total » des demandes d’Israël.

En s’accrochant à sa position, Abbas pourrait « mettre le processus de paix en danger, » affirme le haut responsable israélien. « Il a déclaré qu’il allait jusqu’à refuser de discuter de la reconnaissance de l’État juif, en faisant une fois de plus, de l’opposition une vertu. »

Abbas devait rencontrer mercredi le secrétaire d’État américain John Kerry à Amman. Le secrétaire d’État a en effet coupé court à sa visite en Italie afin de tenter de sauver les négociations qui menacent de s’effondrer. Kerry devait parler avec Netanyahu au moyen d’une conférence vidéo le même jour.

La reconnaissance d’Israël comme État-nation du peuple juif par les Palestiniens est une question clef dans les négociations de paix arbitrées par les États-Unis.

Netanyahu maintient fermement qu’il ne signera aucun accord sans la reconnaissance. Abbas insiste cependant pour manifester son refus – il n’accédera jamais à la demande, selon des hauts responsables de l’AP.

Mais la demande d’Israël bénéficie d’un important soutien, indique le haut responsable israélien.

Le président américain Barack Obama a répété plusieurs reprises que la paix inclura l’État juif vivant en sécurité aux côtés d’un État de Palestine, selon le responsable. « En réaffirmant sa position, Abbas met la vision du président Obama ainsi que les efforts du secrétaire Kerry pour faire avancer le processus, en danger. »

L’administration américaine reconnaît Israël comme étant l’État juif et soutient que la demande de Netanyahu est cruciale pour un accord final entre Israéliens et Palestiniens.

« Les Palestiniens doivent reconnaître qu’Israël sera un État juif, » avait dit Obama à Jérusalem en mars 2013.

Cependant, Kerry semble s’inquiéter du fait que la demande pourrait mettre fin aux négociations. Il a affirmé qu’elle ne devrait pas être la condition à la continuation des négociations.

« Je pense que c’est une erreur de la part de certaines personnes, vous savez, de soulever la même question encore et encore comme facteur critique qui décide ou pas de la possibilité d’un État et de la paix, et nous l’avons clairement fait, » a exprimé Kerry.

Kerry a souligné que la question de l’ « État juif » a été réglée par la résolution 181 de l’ONU en 1947 qui octroyait la reconnaissance internationale à l’État d’Israël.

Il y a « plus de 40 – 30 références à un ‘État juif’ » dans la résolution, a remarqué Kerry.

Kerry a également souligné que l’ancien dirigeant palestinien Yasser Arafat « avait confirmé qu’il acceptait qu’[Israël] serait un État juif » en 1988 et en 2004.

Réunis au sommet de la Ligue arabe à Koweït, les dirigeants arabes ont proclamé mercredi leur « refus total et catégorique de reconnaître Israël comme un État juif » et rejeté sur Israël la responsabilité du blocage du processus.

Cette position était attendue après la publication dimanche d’un communiqué soutenu par les ministres étrangers.

Le texte faisait mention d’un rejet « catégorique » de la demande de reconnaissance. Le document accusait aussi « toutes les pressions exercées sur les dirigeants palestiniens » pour qu’ils acceptent la demande.

Netanyahu considère que le refus des Palestiniens est « à la tête du conflit. »

« Ce conflit dure depuis presque 100 ans, » a-t-il déclaré, racontant l’histoire d’un bureau d’immigration juive qui avait été attaqué par des émeutes palestiniennes en 1921. « Il n’y avait pas de colons là-bas… Il n’y avait pas de territoires. Il y avait seulement l’objection à toute présence juive. »

Ce sentiment est resté inchangé auprès des Palestiniens, a indiqué Netanyahu, ce qui les a éventuellement mené à la difficulté « d’accepter l’existence de l’État juif, du sionisme ou de toute expression géographique de celui-ci, de tout État d’Israël avec n’importe quelles frontières. »