Affaire 3 000 : Netanyahu et d’autres responsables convoqués par la commission d’enquête
Yossi Cohen et Moshe Yaalon, figurent parmi les personnes convoquées en qualité de suspect ; Eyal Zamir et Reuven Rivlin devront eux aussi témoigner, mais sans ce statut
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Mercredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres anciens hauts responsables ont été convoqués pour témoigner devant la commission d’enquête nationale sur l’affaire dite « des sous-marins ». Cette dernière enquête sur des soupçons de défaillances et de corruption dans le cadre de l’achat par Israël, pour plusieurs milliards de shekels, de navires de fabrication allemande.
En janvier, la commission a rendu ses conclusions, faisant notamment état de « défaillances systémiques » dans l’acquisition de navires de guerre sous un précédent gouvernement dirigé par Netanyahu. Elle a également conclu que la vente par l’Allemagne de navires de guerre à l’Égypte, avec l’accord d’Israël, avait mis en danger la sécurité nationale.
Ces auditions se dérouleront à huis clos et permettront à cinq personnes ayant reçu des avertissements dans le cadre de cette affaire en 2024, dont Netanyahu, de se défendre contre l’éventualité d’être tenues pour responsables des défaillances constatées.
Les autres anciens responsables convoqués mercredi pour témoigner devant la commission, après avoir reçu des avertissements, sont : l’ancien directeur du Mossad, Yossi Cohen ; l’ancien ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée israélienne, Moshe Yaalon ; l’ancien commandant de la marine, Ram Rothberg ; et l’ancien responsable du Conseil de sécurité nationale, Avner Simchoni.
Le chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, le chef de la marine israélienne, le vice-amiral Eyal Harel, et l’ancien président Reuven Rivlin ont également été convoqués, entre autres, pour témoigner, bien qu’ils ne soient pas suspects dans cette affaire.
En 2024, la commission d’enquête nationale chargée d’examiner cette affaire, présidée par Asher Grunis, ancien président de la Cour suprême à la retraite, a averti Netanyahu, Yaalon, Cohen, Rothberg et Simchoni que les conclusions de la commission pourraient leur porter préjudice.
La commission n’attribuera la responsabilité personnelle des manquements qu’après avoir donné aux personnes mises en cause la possibilité d’être entendues.
Cette affaire, également connue sous le nom d’Affaire 3 000, porte sur des allégations de corruption à grande échelle liées à l’achat, pour plusieurs milliards de shekels, de navires de guerre auprès du constructeur naval allemand Thyssenkrupp au début des années 2010. L’affaire a donné lieu à plusieurs mises en examen de proches collaborateurs de Netanyahu, mais pas du Premier ministre lui-même.
Israël a acheté ces navires à Thyssenkrupp dans le cadre d’une série de transactions opaques d’une valeur d’environ 2 milliards de dollars, qui font l’objet d’une enquête pour corruption et pots-de-vin présumés.
La commission d’enquête nationale a été créée en 2022, sous le mandat du Premier ministre de l’époque, Naftali Bennett, afin d’examiner les achats de sous-marins et de navires de guerre effectués sous la responsabilité de Netanyahu, ainsi que la vente par Thyssenkrupp de sous-marins et de navires de guerre à l’Égypte, apparemment approuvée par Netanyahu.
Netanyahu a nié toute malversation liée à cette affaire, y compris le fait d’avoir approuvé l’accord de 2014 entre l’Allemagne et l’Égypte, et a qualifié l’enquête de « chasse aux sorcières » menée par les médias et par le gouvernement qui l’avait brièvement évincé du pouvoir en 2021-2022.
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