Attaque du vol flydubai : la police enquêterait sur un conflit d’intérêts présumé impliquant deux hauts responsables du ministère des Transports
Dvir Rubenstein aurait conseillé des compagnies aériennes, dont flydubai, et délivré leurs autorisations ; Amir Cohen aurait travaillé pour des transporteurs israéliens à l'étranger sans autorisation
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Selon certains médias, la police aurait ouvert une enquête sur deux hauts responsables du ministère des Transports concernant les défaillances de sécurité liées à l’attaque terroriste visant le vol flydubai à destination de Tel Aviv la semaine dernière.
D’après Haaretz et la chaîne N12, une enquête est en cours sur un conflit d’intérêts présumé concernant les activités exercées par Dvir Rubinstein et Avri Cohen en dehors de leurs fonctions au sein du ministère.
Cohen, le chef de la sécurité du ministère des Transports, exercerait parfois une activité secondaire en tant « qu’agent de sécurité de réserve » pour des compagnies aériennes israéliennes dans un aéroport étranger, a rapporté Haaretz dimanche.
Rubinstein, un responsable du ministère des Transports chargé de la supervision de la sécurité des compagnies aériennes étrangères desservant Israël, aurait, selon certaines informations, effectué des missions rémunérées de conseil et de formation pour ces transporteurs, notamment flydubai et Emirates.
Rubinstein, qui occupe le poste de directeur de la sûreté aérienne au sein du ministère depuis 19 ans, est chargé de délivrer les agréments et autorisations de sécurité aux compagnies aériennes étrangères et aux vols entrant en Israël, d’après une biographie professionnelle citée par N12. Ses responsabilités incluent la supervision de flydubai et de sa liaison Dubaï-Tel Aviv, sur laquelle a eu lieu l’attaque terroriste perpétrée par un copilote omanais la semaine dernière.
N12 a rapporté dimanche que Rubinstein s’était rendu aux Émirats arabes unis à titre privé pour dispenser des formations et des services de conseil à flydubai et à Emirates. La chaîne a souligné le conflit d’intérêts apparent que représente le fait que Rubinstein effectue des missions privées pour des compagnies aériennes qu’il est chargé de superviser.
En réponse à ces informations, le ministère des Transports a précisé que Rubinstein était employé en tant que prestataire externe – et non en tant que fonctionnaire -, et que « son activité parallèle avait été approuvée conformément à la loi » et « exercée en dehors de ses heures de travail au sein du ministère ».
Par ailleurs, les révélations du quotidien Haaretz concernant les activités secondaires de Cohen ont soulevé des interrogations quant à son engagement dans son travail, qui consiste notamment à superviser les équipages aériens étrangers.
Cohen a déclaré avoir reçu, en 2018, une autorisation de la directrice du ministère des Transports de l’époque pour exercer une activité parallèle. Toutefois, Keren Terner, qui occupait alors ce poste, ainsi que deux autres responsables concernés, ont affirmé au journal Haaretz que cet élément était faux. Le quotidien a également demandé à Cohen de lui fournir des pièces justificatives de cette autorisation, mais n’a reçu aucune réponse de sa part.
Selon Haaretz, le ministère des Transports ignorait même que Cohen exerçait une activité parallèle jusqu’à ce qu’il reçoive, il y a près de huit mois, une plainte anonyme à ce sujet, laquelle a déclenché une enquête interne. L’enquête a révélé que Cohen exerçait une activité secondaire depuis 2018 sans jamais en avoir reçu l’autorisation.
Dans un communiqué publié lundi et cité par le journal Globes, le ministère a expliqué que Cohen aurait dû obtenir l’autorisation de la Commission de la fonction publique avant de se livrer à une activité externe, et que « l’administration du ministère n’a transmis aucune demande de ce type concernant [Cohen], et qu’en tout état de cause, il n’a pas obtenu d’autorisation ».
Le ministère a ajouté que « dès l’instant où il a été informé que son employé exerçait une activité secondaire, il lui a été clairement signifié, sans équivoque aucune, qu’il devait immédiatement cesser cette activité tant qu’il ne disposait pas de l’autorisation requise ».
Les rapports d’enquête de la police ont été rendus publics mardi – un jour plus tard -, alors que de nouveaux détails avaient été révélés concernant les décisions contestables du ministère en matière de sécurité aérienne, et notamment son refus d’accepter les propositions des responsables de la sécurité visant à renforcer la surveillance des vols étrangers.
Par ailleurs, plus tôt cette année, des débats internes au ministère des Transports ont eu lieu quant à savoir quelle division serait chargée d’assurer la sécurité des vols étrangers et des vols charter. Le Shin Bet et le Conseil de sécurité nationale (CNS) ont tous deux plaidé pour que cette responsabilité soit transférée à l’Autorité de l’aviation civile du ministère, plus importante et mieux équipée pour assumer cette tâche que la division de la sécurité du ministère. Mais la ministre des Transports, Miri Regev, s’y est opposée.
Le ministère et les services de sécurité ont essuyé de vives critiques suite à l’attaque, faute d’avoir assuré la surveillance des pilotes et des membres d’équipage originaires de pays hostiles qui avaient atterri en Israël.
Le 30 septembre, le copilote omanais du vol 1073 de flydubai, Hamam al-Hammami, a attaqué le commandant de bord, Smit Machchhar. Il aurait eu pour objectif de faire s’écraser l’avion afin de tuer les quelque 180 personnes qui se trouvaient à bord, et dont la grande majorité étaient des Israéliens. Cependant, Machchhar et plusieurs passagers israéliens ont réussi à déjouer l’attaque et à maîtriser al-Hammami.
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