Au lieu de faire avancer un texte « inutile » sur les médias, lancez l’enquête sur le 7-Octobre
La mère de Yagev Buchshtav, enlevé et tué par le Hamas, a critiqué la commission spéciale créée pour faire avancer le projet de loi controversé sur la réglementation des médias
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Esther Buchshtav, dont le fils Yagev Buchshtav, 35 ans, a été enlevé par le Hamas au kibboutz Nirim le 7 octobre 2023, a critiqué lundi la commission spéciale créée pour faire avancer le projet de loi controversé du ministre des Communications, Shlomo Karhi, sur la réglementation des médias, lors de sa première réunion, lundi. Elle leur a reproché de consacrer leur temps à faire avancer un projet de loi « hors de propos » plutôt que de créer une commission d’enquête nationale sur le 7-Octobre.
« Je vous vois vous occuper d’une loi qui n’a aucun rapport avec nos vies. Ce qui est pertinent, c’est de réfléchir à la manière dont nous pouvons nous remettre du 7-Octobre, de comprendre ce qui s’est passé ce jour-là et ce qui s’est passé depuis », a-t-elle déclaré devant la commission qui est présidée par la députée Galit Distel Atbaryan (Likud).
« Pourquoi a-t-on décidé d’abandonner les otages dans les tunnels ? Et c’est un fait que cette décision a été prise : mon fils a été abandonné », a poursuivi Buchshtav.
En juillet 2024, l’armée israélienne a confirmé que Yagev avait été tué pendant sa captivité. Son corps a été retrouvé le 19 août 2024 et rapatrié en Israël pour y être enterré. Le sergent-chef Ran Gvili est le dernier otage mort encore à Gaza.
S’adressant directement à Karhi, Buchshtav a déclaré : « Je veux que vous me regardiez dans les yeux. Monsieur le député Shlomo Karhi, vous m’avez parlé et m’avez promis que vous feriez tout [pour aider], mais vous ne l’avez pas fait. »
« Nous ne savons pas ce qui s’est passé le 7-Octobre. Il n’y a toujours pas eu de commission d’enquête nationale », a-t-elle ajouté.
« C’est ce dont vous devriez vous occuper en tant que membres de la Knesset, en tant que membres du gouvernement. »
Le mois dernier, le gouvernement a décidé de mener sa propre enquête sur les défaillances entourant l’invasion et le pogrom perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7-Octobre, plutôt que de mettre en place la commission d’enquête nationale traditionnellement constituée pour enquêter sur les catastrophes majeures.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, s’oppose fermement à la création d’une telle commission sur le 7-Octobre, la journée la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah et la pire catastrophe de l’histoire moderne d’Israël, en dépit de sondages qui indiquent régulièrement qu’une nette majorité d’Israéliens y sont naturellement favorables, y compris les familles des otages et des personnes assassinées lors de l’assaut barbare et sanglant.
S’adressant à la presse avant une réunion de sa faction, Yesh Atid, Yaïr Lapid, chef de l’opposition, a déclaré que la commission spéciale de la Knesset chargée de faire avancer le projet de loi de Karhi n’était rien d’autre qu’une « commission visant à faire taire la dissidence ».
Il a ajouté que le gouvernement faisait avancer un texte législatif visant à créer un paysage médiatique « soumis, craintif et contrôlé ».
Lapid s’est adressé sans détour aux journalistes, leur disant : « Vous êtes agaçants. Aucun politicien au monde n’est satisfait de vous, mais c’est normal. C’est votre travail. »
Il a averti que c’est précisément pour cette raison que Netanyahu et Karhi « veulent s’assurer que [les médias indépendants] n’existent pas ».
Assurant qu’il lutterait contre ce projet de loi à la Knesset, il a souligné que la presse devait également se défendre.
« Si la presse israélienne ne protège pas la liberté d’expression, il n’y aura plus de liberté d’expression », a-t-il poursuivi.
« Si elle ne défend pas son indépendance, vous ne serez pas indépendants, et alors, vous ne serez plus rien. »
Ce projet de loi s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large du gouvernement visant à remodeler les médias traditionnels israéliens, que les dirigeants de la coalition accusent fréquemment de partialité gauchiste. Il accorderait au gouvernement de nouveaux pouvoirs étendus sur les diffuseurs, les sites d’information et les autres médias.
la Communauté du Times of Israël !







