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Karhi présente un texte pour supprimer les autorités de régulation des médias

Le projet du ministre des Communications prévoit de placer la régulation des médias sous le contrôle du gouvernement et de faciliter l'obtention d'une licence de presse

Le ministre des Communications Shlomo Karhi présentant sa réforme du marché des médias à des journalistes, à Jérusalem, le 17 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre des Communications Shlomo Karhi présentant sa réforme du marché des médias à des journalistes, à Jérusalem, le 17 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, a annoncé lundi un projet de loi visant à réformer le marché des médias du pays, et qui, selon les critiques, profitera essentiellement aux chaînes de droite réputées comme étant favorables au gouvernement.

Le projet de Karhi prévoit notamment la suppression de la Seconde Autorité pour la télévision et la radio (HaReshout HaShniya LeTelevizya VeRadio) et du Conseil de la radiodiffusion par câble et par satellite. À la place, un organisme de régulation unique, composé de neuf membres choisis pour la plupart par des politiques et doté de pouvoirs minimes, sera mis en place.

Trois de ses membres seront des fonctionnaires, deux seront des représentants du public choisis directement par le ministre, et trois autres seront choisis par un comité composé de représentants des ministres des Communications, de l’Éducation et de la Justice.

La deuxième autorité existante est un régulateur créé par la loi, chargé de « garantir la transmission d’informations fiables, justes et équilibrées », parmi d’autres objectifs culturels et concurrentiels, et habilité à infliger des amendes pour les contenus qui enfreignent les réglementations.

Karhi prévoit également d’assouplir l’obligation d’obtenir une licence pour diffuser des informations.

Il prévoit également de créer un organisme gouvernemental chargé de mesurer l’audience – actuellement gérée par une entreprise privée – de créer un fonds destiné à promouvoir la compétitivité et d’interdire la publicité sur la chaîne publique israélienne Kan, ce qui devrait gravement nuire au radiodiffuseur.

Le siège principal de l’Israel Public Broadcasting Corporation, connu sous le nom de Kan, à Jérusalem, le 31 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon les plans, il n’y aura aucune supervision du contenu diffusé par les chaînes de télévision et les stations de radio.

Les critiques considèrent que les réformes sont conçues pour affaiblir Kan et les réseaux jugés défavorables au gouvernement, tout en renforçant et en augmentant le financement reçu par les réseaux explicitement de droite tels que la Quatorzième chaine – une chaîne de télévision qui a ouvertement adopté une position de droite et qui a les faveurs de nombreux politiciens de l’actuel gouvernement.

Karhi a déclaré que l’objectif des réformes était de supprimer les réglementations indésirables « qui interfèrent et décident de ce qui est autorisé et de ce qui est interdit ».

Il a ajouté que les régulateurs externes existants « remplacent le public dans la détermination des priorités » et que leur suppression favorisera une scène médiatique plus diversifiée.

« La population qui a été exclue des médias pendant des années ne le sera plus », a déclaré Karhi. « Le public pourra créer de nouvelles chaînes et faire connaître son point de vue dans les médias. Nous voulons renforcer la concurrence pour faire baisser les prix sur ce marché. »

Interrogé sur le risque accru de propagation de fausses nouvelles en l’absence de réglementation, Karhi a affirmé qu’il n’y avait rien pour empêcher un tel phénomène à l’heure actuelle.

Dans une déclaration commune, les Douzième et Treizième chaînes et Kan ont dénoncé le projet comme une mesure supplémentaire « pour écraser la liberté de la presse en Israël ».

« La mise en œuvre de ce plan destructeur, qui prévoit la supervision et la censure de l’information par le gouvernement, comme c’est le cas dans les dictatures, portera gravement atteinte à la démocratie israélienne, à la liberté d’expression et au journalisme en Israël », peut-on lire dans la déclaration.

Le chef de l’opposition de l’époque, Benjamin Netanyahu, prenant la parole lors d’une conférence organisée par la Quatorzième chaine, à Jérusalem, le 23 octobre 2022. (Crédit : Yonatan SIndel/Flash90)

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a qualifié les propositions de Karhi de « pot-de-vin aux propriétaires de la Quatorzième chaine ».

« Il s’agit d’une atteinte totale à la liberté de la presse, d’une tentative d’éliminer les chaînes de télévision qui ne s’inclinent pas devant le gouvernement. Ce n’est que dans les pays totalitaires que le gouvernement contrôle les médias comme le propose Karhi », a déclaré Lapid.

« Si son projet est adopté, le gouvernement contrôlera chaque mot diffusé et le public n’entendra jamais la vérité », a-t-il ajouté en citant l’ancien président américain Thomas Jefferson, qui avait déclaré en 1786 : « Notre liberté dépend de la liberté de la presse, et celle-ci ne peut être limitée sans être perdue. »

Karhi a en réponse traité Lapid de menteur.

« Comment rendre les médias plus diversifiés ? Regardez ce que la gauche a fait et faites le contraire : la gauche a mis en place des commissaires qui interfèrent avec le contenu. Je les démantèle. Vous le savez, Yaïr, car en tant que personne qui a imposé ses vues aux citoyens d’Israël pendant trente ans, la véritable liberté de la presse est ce qui vous effraie le plus », a déclaré Karhi, faisant référence à l’ancienne carrière de Lapid en tant que présentateur de télévision.

La Quatorzième chaine a également affirmé dans un communiqué que les propositions n’étaient pas conçues en sa faveur et qu’elles permettraient en fait de transférer des millions de shekels à Keshet, la société propriétaire de la Douzième chaine.

L’ancien ministre des Communications, Yoaz Hendel, a également critiqué les réformes dans un communiqué, affirmant qu’elles n’entraîneraient « aucune concurrence, aucun marché libre, aucune infrastructure ».

Karhi avait dévoilé ses projets au mois de mars.

Avant même d’entrer en fonction à la fin du mois de décembre, Karhi s’en prenait au radiodiffuseur public Kan, conformément aux projets de longue date de son parti, le Likud, visant à paralyser le fournisseur public d’informations et de divertissements d’Israël.

À LIRE : Comment Kan s’est retrouvée dans la ligne de mire du gouvernement Netanyahu

Le Likud aurait fait pression sur Karhi pour qu’il restreigne ses plans de réduction du financement de Kan, afin d’éviter de susciter de nouvelles réactions dans le cadre de la campagne controversée de la coalition, menée par le chef du parti, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, visant à remanier de façon précipitée la répartition des pouvoirs entre les branches judiciaire et politique.

En février, Karhi avait tenté d’empêcher Kan, officiellement appelée Israeli Public Broadcasting Corporation, de recevoir des recettes publicitaires et de faire passer son financement sous le contrôle direct de l’État. Le conseiller juridique du ministère des Finances s’était rapidement opposé à ce projet, que Karhi avait tenté d’insérer dans la loi sur les arrangements accompagnant le budget de l’État.

Carrie Keller-Lynn a contribué à cet article.

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